Huang Yi & Kuka à Stereolux (Nantes)

Déjà avec Johnny 5 (oui je suis vieux ^^ ), on avait compris qu’un robot à l’aspect fruste pouvait exprimer des émotions, mais c’était encore plus manifeste avec Wall-E. Et clairement Mylène avait fait une éloquente démonstration de collaboration artistique avec un robot lors de son Timeless 2013. Plus récemment, on voit aussi un robot du même genre (genre bras articulé avec une pince au bout peu anthropomorphe) qui est un faire-valoir pour Iron Man dans les Avengers. Donc j’ai d’abord eu un petit réflexe de déjà-vu avec ce ballet novateur entre un danseur et un de ces robots qu’on imagine plutôt à souder ou peindre des carrosseries de bagnole dans une usine (cf également pour la pub Picasso avec le robot peintre).

Mais en réalité ce spectacle a eu le Grand Prize of the Taipei Digital Art Festival en 2012. Donc à l’époque il était vraiment très très nouveau et singulier. Eh bien encore aujourd’hui, malgré ma première réticence, cela fonctionne terriblement bien.

On entre très rapidement dans ce curieux monde, très sombre et lent, où l’on découvre un homme et un bras articulé qui se déplacent, se meuvent, se jaugent et finissent par s’accorder. Le tout est accompagné d’une musique minimaliste à la Max Richter très bien sentie et particulièrement délicate. C’est un spectacle ultra poétique et émouvant, et on se surprend à percevoir une émotion assez incroyable dans les mouvements synchronisés d’un homme et d’un robot d’usine.

Evidemment c’est assez bluffant techniquement côté robot d’avoir ces mouvements aussi parfaits et traduisant aussi une certaine virtuosité et grâce chorégraphique, mais ça l’est particulièrement pour le danseur (en réalité ils sont trois sur scène) qui se synchronise à la perfection. La narration reste, comme toujours en danse contemporaine, très abstraite et sujette à interprétation, mais on comprend bien le rapprochement des deux entités, toutes deux vivantes à leur manière, et ayant le mouvement comme langage commun. Le lien se fait aussi tangible par des mouvements interprétés en duo, on voit la main du danseur s’emparer ou s’appuyer sur le bras robotique, et c’est un couple qui alors se délie pour accomplir une chorégraphie aux accents parfois de danse nuptiale.

La salle étant plongée dans le noir, avec juste une lumière crue pour faire ressortir les protagonistes et quelques notes au piano, on est dans une ambiance très cosy et délicate, très zen et pensive. On assiste à une série de tableaux animés avec ce dialogue inattendu, et d’une troublante beauté.

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