Doctor Strange in the Multiverse of Madness

C’est un des super-héros préférés de mon enfance (même si j’aimais aussi beaucoup Mandrake et Lothar dans un autre registre), et le premier opus centré sur Dr Strange est sans doute mon Marvel préféré jusque-là. J’ai eu très peur pour celui-ci parce que le rouleau compresseur Disney n’a vraiment pas fait que du bon avec sa franchise Marvel, mais heureusement ce second numéro est plutôt réussi. La patte de Sam Raimi n’y est sans doute d’ailleurs pas complètement étrangère.

Ce qui fonctionne c’est que c’est enfin un film plutôt digeste, donc d’une bonne longueur, bien monté, avec de bons comédiens, et une histoire qui se tient. Alléluia. Je suis grave, je ne demande rien de plus que cela maintenant, tellement les derniers films Marvel ont été ratés à certains de ces égards. Et là, on a la rencontre Dr Strange et Wanda qui fonctionne merveilleusement bien, avec une Elizabeth Olsen extrêmement efficace, capable d’exceller dans tous les répertoires, et convaincante à la fois en mère éplorée ou en Érinye bad-ass. Sam Raimi la filme avec beaucoup de talent, arrivant à sublimer sa beauté, autant que l’expression de son regard. Benedict Cumberbatch est plus classique, il délivre son truc avec professionnalisme et sans trop cabotiner, il fait le job.

J’ai plus de doute sur l’héroïne du film qu’on découvre, America Chavez, qui a le pouvoir de passer d’un univers à l’autre du multivers. C’est cette fille que Wanda pourchasse pour lui piquer son pouvoir afin de trouver le monde dans lequel ses enfants existent réellement (toute cette partie est expliquée dans la série Disney « WandaVision »). Dr Strange protège donc America, mais va devoir rencontrer ses alter-égo du multivers, et lutter contre l’irrépressible envie de Wanda qui fout bien le bordel sur son passage.

America (future Miss America chez Marvel) est une des premières héroïnes queer de l’univers Marvel, mais c’est assez particulièrement montré. On lui voit deux mamans dans un monde qui a l’air très éloigné du nôtre (les habits, l’environnement), mais surtout le film zoome depuis le début et de manière super appuyée sur un pin’s avec le drapeau LGBT arc-en-ciel nouvelle mouture (celui avec le triangle pour inclure explicitement trans et racisés). Bref, je ne trouve pas que le sujet soit traité de la manière la plus subtile ou explicite (logiquement elle est lesbienne), mais ce n’est pas anodin ou passé sous silence non plus. En revanche, là où c’est plus ennuyant c’est qu’elle est absolument dispensable au film, et que c’est une potiche sympathique qu’on suit et qui permet de passer d’un univers à un autre quand elle a un coup de flip.

J’ai eu un peu peur pour les premières images de synthèse avec un gros monstre cyclope assez ridicule, mais heureusement par la suite ça devient vraiment très bien. Et on n’a pas de truc affreux, même pour les images de survol de Kamar-Taj qui sont bien travaillées et nettes. Pour le reste, c’est très propre et cela contribue aussi grandement à rentrer dans le film et son histoire. Après j’aurais aimé un peu plus de dimensions miroir et des effets strange-esques avec l’anneau, mais tant pis, ça reste pas mal.

Le multivers était aussi l’occasion dans les comics de proposer des sympathiques retournements de situation, avec des héros qui deviennent des héroïnes, apportant ainsi un sacré coup de féminisme à cet univers très macho à l’origine, des méchants gentils et réciproquement. Et là on a une vision d’une organisation célèbre de super-héros « Les Illuminati » (pas forcément le meilleur choix de nom si on se réfère aux rires des gens dans la salle, qui ont dû plutôt penser à Robert Langdon ou au célèbre reptilien de touiteur) qui est l’occasion d’enfiler les caméos et les clins d’œil. Moi j’étais très content de voir Flèche Noire qui était un de mes héros préférés (c’est vous dire si je suis âgé pour l’appeler uniquement par son patronyme français de chez nous ^^ ) quand j’étais adolescent, mais il y a des tas de surprises qui font un effet similaire aux hommes-araignées de l’autre film aux multivers.

Donc un bon petit opus qui se regarde bien, qui exécute son fan service avec un certain plaisir, et qui distrait fort agréablement pendant deux heures.

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8 Commentaires

  • J’ai adoré ! Et j’ai surtout été super sensible à la patte Raimi qui magnifie une certaine esthétique poisseuse très 80s de l’horreur et du fantastique entre Dark Cristal et Taram et le chaudron Magique. Visuellement mon Marvel préféré sans hésiter :amitie:

    • Je crois que c’est aussi ce truc de Sam Raimi qui m’a beaucoup plu également, mais sans bien réussir à mettre le doigt sur un truc précis. En tout cas le côté poisseux a le mérite de bien cacher les effets spéciaux les moins montrables en plein jour, et rien que ça c’est une réussite !!! :rire:

  • « mais surtout le film zoome depuis le début et de manière super appuyée sur un pin’s avec le drapeau LGBT arc-en-ciel nouvelle mouture »

    C’est marrant parce que tu trouves que c’est flagrant, et j’ai également noté le pins pendant le film, mais il semble que ce soit juste le fait qu’on sache et donc qu’on repére. J’en ai parlé avec le pote qui était avec moi au ciné, il n’a rien vu. Comme quoi…

    • Ah tu as sans doute raison, j’ai généralisé à partir ma propre sensation, et donc c’est tout bénef pour Disney qui peut parler aux LGBT sans que cela ne « trouble » les autres ! :huhu: :merde:

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