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Pectus est quod disertos facit. ∼ Pédéblogueur depuis 2003 (178 av LLM).

Le musée Antoine Bourdelle

C’est un endroit que j’avais beaucoup aimé quand je l’avais découvert en 2006 à l’occasion d’une exposition Felice Varini. Et comme j’avais du temps à tuer dimanche après-midi à Montparnasse, je me suis dit que j’allais y recoller mes guêtres pour voir ce qui avait changé. Et beaucoup a changé !! Clairement l’endroit a été rénové et sérieusement dépoussiéré. Le parcours pédagogique est passionnant et le lieu bourré de charmes.

C’est déjà un endroit très authentique puisque c’est réellement son atelier et son appartement qui sont là, et qui se visitent avec les sols et meubles d’époque. Le sculpteur était très réputé, et le musée a vu le jour seulement vingt ans après son décès. Les bâtiments attenant ont été construits au fur et à mesure, et l’ensemble est vraiment chouette. La collection en tant que telle est incroyable, mais le jardin est superbe aussi, et toutes les explications pédagogiques autour de la sculpture ou de la conception des bronzes sont passionnantes.

On entre par une cour avec un cheval énorme, et encore la vue sur la tour Montparnasse qui est littéralement à une minute à pied. Tout le musée dans sa partie extérieur est constellé d’œuvres de l’artiste, et c’est génial d’avoir un si bel écrin de verdure pour que de telles sculptures métalliques puissent se déployer dans toute leur majesté.

On aperçoit aussi rapidement Héraklès, celui-là même des douze travaux et en particulier celui qui tire à l’arc sur les oiseaux du lac Stymphale. Il est également très connu par les enfants, devenus cacochymes, de ma génération car une marque de cahiers d’école très connue l’avait en symbole sur ses couvertures cartonnées. Il est incroyablement impressionnant en vrai, il émane de cette sculpture une force, une puissance musculaire toute en tension, et une véhémence à travers ce visage coupée à la serpe presque inhumain. Je comprends que ce soit son œuvre la plus célébrée et reproduite dans le monde.

Le patio présente aussi ses sculptures les plus connues et sublimes, dont le centaure mourant qui est très célébre avec sa tête penchée d’un côté. Il y a aussi sa taille qui impressionne et sa présence en même temps discrète dans un ilôt arboré qui dissimule une partie des détails. Il faut s’approcher et se contorsionner pour bien le regarder. Je suis très très fan de cette sculpture !!

On en revoit aussi le plâtre dans l’atelier du maître, autour d’autres œuvres disparates.

On trouve aussi en extérieur deux versions de La France qui est donc une représentation allégorique surprenante de notre pays. Normalement c’était prévu pour être une installation face à la mer et illustrant la France qui surveille les flots en attendant d’être aidée par les USA, c’est une France “Athéna” en armes, mais avec des rameaux d’olivier sur sa lance (symboles de paix) et des serpents de sagesse à ses côtés. Vraiment dommage que le projet en question n’ait jamais vu le jour.

Dans le jardin, j’ai aussi été très impressionné par cette sculpture très détaillée d’un enfant qui a l’air de capturer un aigle. C’est en réalité d’ailleurs Hannibal enfant qui étouffe l’oiseau, et la vision est vraiment très impressionnante.

La collection permanente des œuvres de Bourdelle permet aussi de se familiariser avec son style et ses choix artistiques. Les explications sont vraiment super intéressantes, et pas du tout ampoulées ou absconses. On comprend vraiment bien sa démarche, et la vigueur de sa créativité, tout en étant un sculpteur très artisanal et technique dans l’approche (pas le genre à attaquer bille en tête sa sculpture sans mesure par exemple). J’adore ses visages tourmentés ou souffrant, et la beauté des traits de son Appolon ou une de ses élèves.

Cette dernière sculpture m’avait déjà tapé dans l’œil en 2006, il s’agit du Jour et de la Nuit qui est tapie et recroquevillée derrière l’épaule du premier. Trop trop beau. ^^

Le hall des plâtres vient terminer une visite avec les modèles intermédiaires, de simples maquettes des sculptures finalisées en réalité, mais qui en eux-mêmes ont une valeur artistique certaine, et surtout prennent une place pharaonique dans cette gigantesque salle. Impressionnant !!

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