MatooBlog

Pectus est quod disertos facit. ∼ Pédéblogueur depuis 2003 (178 av LLM).

Iwak #31 – Feu

Iwak c’est Inktober with a keyboard, donc tout le mois d’octobre : un article par jour avec un thème précis.

Il s’agit bien du mot anglais “Fire” donc on parle plutôt du feu au sens (XIIe siècle) Du moyen français feu, de l’ancien français fou (IXe siècle), fu, foc, du bas latin feu, du latin fŏcus (« foyer, feu, âtre »), qui a supplanté le latin classique ignis à l’époque impériale. Mais là, ça m’a plutôt fait penser à l’autre définition qui est d’une tout autre étymologie : du latin populaire fatutus, qui a accompli son destin, du latin classique fatum, destin. C’est donc plutôt l’adjectif feu qui signifie “qui est décédé récemment”.

Matthew Perry est en effet mort il y a trois jours, et ça a secoué pas mal de monde, à la hauteur en tout cas de l’importance qu’a été la série Friends dans la vie de beaucoup de gens (toute proportion gardée bien sûr, ce n’est qu’une série TV). Et contre toute attente, alors que je suis à 100% dans la cible qui aurait dû voir et être accroc à Friends (1994-2004), jeune adulte que j’étais au démarrage, bah je n’avais pas vu un seul épisode avant l’été dernier.

Mais l’été breton 2023 ayant été passablement médiocre, j’ai beaucoup regardé la télévision (mais de toute façon, je passe beaucoup de temps à mater des séries, c’est une réalité terrible et je ne veux même pas savoir combien d’heures cela représente dans ma vie). Et je me suis dit, tiens presque trente ans plus tard, est-ce que c’est regardable ?

J’ai eu la sensation d’une série qui a dû être considérée à un moment comme un chouïa ringarde, puis vieillotte, puis rétro, puis carrément vintage. Mais force est de constater que j’ai vraiment beaucoup aimé, et que j’ai pris beaucoup de plaisir à la découvrir, même autant de temps après. Et c’est surtout que pour l’époque, je me suis bien rendu compte à quel point il s’agissait d’un format très novateur (même si ça reste une sitcom) et surtout d’une écriture géniale, et encore parfaitement actuelle. J’ai été à la fois choqué par une certaine misogynie et terrible grossophobie ou transphobie, mais aussi agréablement surpris par l’équilibre dans les rôles et les histoires des uns et des autres, et carrément épaté par certains discours hyper nouveaux comme l’évocation de l’homosexualité, et une vraie attaque très avant-gardiste des standards de la masculinité toxique.

Mais surtout j’ai ri et vraiment de bon cœur (la plupart des blagues font encore mouche, et l’écriture est vraiment travaillée à la manière de répliques de bon stand-up), et j’ai été ému à maintes reprises et, même trente ans après, j’ai accroché à ces 6 personnages. L’harmonie et l’équilibre dans leurs histoires, et puis la proximité avec des personnalités proches de ma génération sont sans doute pour beaucoup à cette identification et cette cristallisation.

Après ces dix saisons bingées en 8 semaines je crois, j’ai enchaîné directement sur l’émission qui les réunissait 17 ans plus tard (après le clap de fin de la série). C’était évidemment assez choquant, surtout de voir l’effet de la chirurgie chez deux des héroïnes, et ce visage fatigué et abîmé de Chandler. Car son personnage était attachant, autant que les autres dans le fond, et il avait ce truc de toujours s’en sortir avec de l’humour et avec une pirouette, ce qui lui donnait souvent les répliques les plus sarcastiques et ironiques (très new-yorkaises et “françaises”, mais finalement peu américaines, en plus de les voir fumer avec un grand plaisir dans les premières saisons), et carrément fendardes.

Mais donc c’était le mec drôle, le pote qui te fait rire avant tout, mais qui cache aussi ses traumas derrière son humour à toute épreuve. Et le jeu était subtil derrière Chandler Bing, où tout de même on joue sur sa potentielle homo/bi/pan/sexualité pendant dix ans. Et de savoir qu’il était en réalité, l’homme derrière l’acteur derrière le personnage, en détresse de puis très longtemps sur bien des sujets est d’autant plus triste, et une certaine ironie du sort.

Donc ça m’a fait bizarre cette mort prématurée, surtout que pour moi la série vient tout juste de se terminer. Elle est encore tout fraîche dans ma mémoire pour une première découverte. Clairement la série ne revêt pas pour moi de la même dévotion que certains de ma génération peuvent nourrir à son égard, mais ça m’a fait un petit truc.

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  • Je suis comme toi triste que cet acteur soit parti jeune et même si je n’étais pas une fan de “Friends”, j’en ai déjà regardé pas mal à l’époque ou j’étais très jeune et je n’ai pas capté aussi finement que toi que des propos furent parfois transophobes ou misogynes et j’en suis navrée, il n’ empêche que j’ ai trouvé certains épisodes vraiment fendars et je suis peinée que cet acteur si sympathique soit parti si tôt à 54 ans seulement mais chose étrange je ne suis même pas vraiment surprise vu que s’en en faire une génèralité la vie ( de mal d’ acteurs actrices,chanteurs, chanteuses) n’est souvent pas très heureuse ( passé souvent douloureux, addictions diverses…) et j’en sais quelquechose vu que mon premier métier est actrice et que j’ai parfois l’étrange sentiment que je partirai jeune sans faire de misérabilisme aucun.
    En tous les cas vraiment merci petit Matto d’ offrir à ce rès chouette Matthew Perry ce special tribute,
    Oui merci de ce bel hommage que tu lui a dédié xo

    • Il faut revoir ça aujourd’hui pour se rendre compte du décalage, mais je vois le verre surtout à moitié plein des choses très positives qui ont été surtout apportées par la série. :amitie:

  • J’ai essayé aussi cet été. Je ne suis même pas sûre d’avoir dépassé le premier épisode.

    Pour moi, Perry, c’est le dentiste amoureux de «Mon voisin le tueur», que nous connaissons par coeur à la maison.
    — J’essaie toujours de ne pas faire souffrir.
    — Moi aussi.

  • Ben non. Finalement (après pas mal de tentatives) je n’accroche pas trop avec ces séries en microscome sans réel enjeu.
    TBBT est une exception, mais c’est que ça me rappelle le foyer de l’école d’ingé d’Hervé.

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