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Pectus est quod disertos facit. ∼ Pédéblogueur depuis 2003 (178 av LLM).

Les mémoires d’un chat (Hiro Arikawa)

On m’a offert ce bouquin, on ne se demandera pas pourquoi évidemment. Hu hu hu. C’est l’essence même de la littérature japonaise pour moi, avec un phrasé qui est absolument typique et reconnaissable, malgré la traduction (je ne parle ni ne lis ou comprends le japonais) en français. Il y a un rythme et une certaine concision qui vraiment sont le point commun de beaucoup de romans nippons. Et puis là, en l’occurrence, il y a cette originalité bien singulière aussi : c’est vraiment le journal d’un chat !!

Très concrètement Nana nous explique ce qu’il vit avec son maître Satoru. Ce dernier a un gros changement dans sa vie, et il veut absolument trouver un bon foyer pour son chat adoré Nana (comme le chiffre 7 en japonais, et apparemment la forme de la queue du chat en idéogramme ou kanji, c’est à dire ça). On va donc suivre une sorte de parcours initiatique à la fois pour Nana et Satoru, alors que ce dernier rend visite à ses amis les plus chers, de la petite enfance à sa vie d’adulte, et qu’il tente de les convaincre de s’occuper de son chat.

C’est l’occasion bien sûr pour Nana d’en apprendre plus sur Satoru, et de dresser un curieux portrait d’humain par un félin. Et le stratagème littéraire fonctionne carrément à merveille, car cette distance “animale” permet de traiter l’histoire avec une certaine candeur ou naïveté qui rend d’autant plus touchant tous les petits ou grands drames qui sont dépeints. De l’enfance de Satoru à sa vie d’adulte, mais en passant aussi par les propres atermoiements du chat, on a vraiment l’impression d’être le témoin à yeux et perception de félin. Et cette narration toute nippone, en retenue mais parfois d’une franchise déconcertante, avec des sous-entendus et des non-dits, distille une alchimie très délicate qui arrive à nous communiquer de très belles choses et relations entre les protagonistes.

C’est un très beau roman, fin, ciselé, assez rigolo aussi par moment, et qui est, bien que tout à fait anthropomorphe, exactement conforme à l’idée qu’on pourrait se faire des mémoires de Nana, et Satoru. C’est drôle comme on peut parfois, et à raison, considérer les différences extrêmes entre européens et japonais, mais souvent aussi se rejoindre dans des perceptions aussi surréalistes et touchantes. Le bouquin est très connu dans le monde entier, je suis content de l’avoir lu à mon tour. ˆˆ

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  • Merci, je l’ai trouvé en audio (en français et en anglais mais le narrateur français est pénible donc j’ai pris l’anglais) et je me réjouis de l’écouter :) (mais d’abord j’ai promis à une collègue de lire “I, Robot,” de Isaac Asimov).

  • Je viens de finir ce livre et j’ai également beaucoup aimé. Je viens d’ailleurs de le racheter pour l’offrir en cadeau à un ami :-)

    A ce sujet, j’ai lu le mois dernier “L’art de perdre” d’Alice Zeniter. Il a gagné le prix Goncourt des lycéens en 2017. Il peut éventuellement t’intéresser car l’histoire se passe sur un fond d’Algérie. C’est une fiction mais j’imagine que les faits historiques sont vrais du coup j’ai bcp appris sur ce pays.

    Voici le résumé:

    L’Algérie dont est originaire son père n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?
    Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?
    Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.

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