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Pectus est quod disertos facit. ∼ Pédéblogueur depuis 2003 (178 av LLM).

Suzanne Valadon, un monde à soi (Musée d’Arts de Nantes)

Suzanne Valadon c’était bien un de ces noms que je connaissais vaguement, plutôt comme une peintre de cette époque (postimpressionniste) mais sans trop de détails, sinon quand j’ai vu ce tableau qui m’a rappelé son talent, et que cette peinture m’était familière !! (Je le trouve juste incroyable, il s’agit de Joie de vivre – 1911.) Mais elle a été longtemps surtout connue et citée comme la mère du peintre Maurice Utrillo et la compagne de André Utter (aussi peintre).

Cette exposition est absolument remarquable (mais pour le moment je n’ai pas été déçu par les expos du Musée d’Arts de Nantes), et elle permet de se concentrer sur l’œuvre et la vie de Suzanne Valadon. On n’échappe évidemment pas à ses accointances avec les “hommes de sa vie”, mais c’est vraiment l’occasion d’avoir son prisme à elle qui est mis en exergue, et le travail muséographique est vraiment très efficace et intéressant à ce niveau.

Il est déjà assez original d’avoir une femme artiste à cette époque, mais encore plus quand on a l’opportunité de la voir dans beaucoup des toiles de ses contemporains puisqu’elle a été modèle alors qu’elle était encore adolescente. Et sa vie étant aussi passionnante que son parcours artistique, c’est génial de suivre les deux en parallèle en entremêlés. On la voit donc dans plein de peintures, alors qu’elle posait nue et qu’elle était indéniablement une très belle femme de son époque (et reconnue comme telle). C’est aussi l’époque de l’explosion de la photographie, et j’ai été étonné du nombre important de clichés qui la représentent.

Mais donc il est très cool d’être ainsi sensibilisé à sa pratique artistique, et clairement ce qui (me) marque le plus c’est son appétence à peindre des nus féminins, mais sans ce regard masculin1 que l’on ne connaît que trop bien. Il y a une différence assez incroyable avec les “odalisques” de Suzanne Valadon, et les peintures de femmes nues de la même époque. Cela fait du bien de voir ça, et d’avoir toutes les explications afférentes à cela aussi.

Et clairement son existence permet un name-dropping d’un sacré niveau quand on voit qu’elle était en couple avec Erik Satie, bonne copine de Lautrec, amie intime de Degas, proche collègue de Derain, Picasso ou Braque… Donc toute l’exposition permet aussi de plonger dans toutes ces influences qui décrivent une bonne partie de l’évolution artistique postimpressionniste et en (bonne) voie vers l’abstraction.

Je ne peux que conseiller cette visite. ^^

  1. C’est ce male gaze bien connu, mais tellement répandu qu’on ne le voit plus. ↩︎

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