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Pectus est quod disertos facit. ∼ Pédéblogueur depuis 2003 (178 av LLM).

Starmania au Zénith de Nantes

Quel bonheur d’avoir eu la chance de revoir Starmania pour une troisième fois, et avec quelques différences qui se remarquent sur le plan du casting comme celui de la mise en scène. C’est subtil, mais des choses ont été améliorées ou altérées sur les éclairages, certains éléments même de mise en scène ou des illustrations vidéos. Tout ça est très bien, mais c’était déjà tellement impeccable qu’à ce niveau c’est plutôt de l’ordre du perfectionnisme.

En tout cas, c’est de nouveau une immense réussite pour l’ensemble du spectacle, avec une maîtrise de la lumière qui est parfaite, et qui, encore une fois, habille la scène, sublime les décors, et est un participant majeur à la dynamique des actions qui se déroulent. Techniquement parlant, et c’est assez rare pour le souligner, c’est un show qui est au niveau de ce qu’on trouve de mieux à Londres ou à New York.

Outre cela, et c’est une surprise géniale pour moi, c’était la meilleure troupe de chanteuses et chanteurs de mes trois spectacles. J’ai retrouvé pour la troisième fois la géniale Maag (Stella) qui tient ses notes à la perfection, mais qui a en plus un charisme et une présence en adéquation magique avec son personnage, et qui a en plus un timbre particulier et un petit truc rauque qui rend sa voix absolument singulière. Et de même, pour la troisième fois aussi, l’excellent Alex Montembault (Marie-Jeanne) qui est toujours aussi convaincant dans son rôle de serveuse automate, et d’une justesse troublante dans ses notes ou son interprétation. On n’est vraiment pas dans la performance vocale en mode “criard” mais au contraire dans la nuance et le jeu, et le chanteur est bluffant de bout en bout. C’était sa toute dernière fois dans ce rôle et cette tournée, et je suis bien content d’avoir pu l’applaudir à tout rompre à la fin !!

Pour tous les autres, c’était de nouvelles têtes et voix. J’ai eu une petite déception avec Côme (Johnny Rockfort) qui a une très bonne attitude et une solide interprétation, mais dont on ne retrouve pas la puissance vocale contraltiste qu’on est en droit d’attendre. Et notamment pour son dernier morceau de bravoure, avec SOS d’un terrien en détresse qui n’est malheureusement pas au niveau (du tout ce soir là). Pour tout le reste, c’est proche de la perfection avec de très bonnes performances dans les titres phares des personnages (toujours des points d’orgue important de la comédie musicale). Lilya Adad (Cristal) m’a un peu fait peur car elle a ouvert le bal avec une sorte de retenue troublante, mais très rapidement elle s’est reprise et n’a montré qu’excellence par la suite.

David Latulippe (Zéro Janvier) est fabuleux et montre autant de talent à interpréter qu’à pousser la chansonnette, et il rend un hommage vibrant à tous ceux qui ont osé le “J’aurais voulu être un artiste” car on l’attend tous, et lorsqu’il est délivré avec autant de maestria, ça force évidemment le respect et l’admiration. Ziggy était pour moi un personnage assez secondaire, mais les deux dernières fois, il était vraiment remonté dans mon estime. Et là encore, avec Adrien Fruit, c’est une réussite sans conteste. J’adore également la mise en scène de la chanson de Ziggy qui consiste à avoir tous les danseurs en sosie de Ziggy et qui illustre ses élucubrations rock de “fils à maman”.

Manet-Miriam Baghdassarian est impeccable en Sadia, et Simon Geoffroy aussi en Gourou-Marabout, et même s’ils sont un peu plus secondaires, il se trouve qu’ils délivrent parfaitement leurs chansons titres dans leurs registres. Après elles sont tellement toutes connues ces chansons, que c’est assez dingue de découvrir de nouvelles choses, mais cette version bien d’aujourd’hui réussit vraiment à transformer l’essai de manière implacable et glorieuse.

Et il y a toujours cette résonnance avec notre propre monde, 45 ans après le premier Starmania, qui est plus que frappante. Comment ne pas faire le parallèle avec la société de consommation, les médias qui suivent cette même règle, la téléréalité bille en tête, la politique qui s’en mêle pareillement, l’écologie reléguée à l’utopie New Age, l’urbanisme déshumanisant des banlieues ou conurbations contemporaines, etc. Tout était déjà écrit là. Et la comédie musicale est géniale, tout le monde chante intérieurement toutes ces magnifiques chansons, et on célèbre malgré tout l’effondrement d’une société à laquelle nous appartenons corps et âmes, corvéables.

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  • Merci, Matoo, pour cette critique.
    Je suis fan de cet opéra rock.
    Je craignais d’aller revoir ce spectacle vu et très fortement apprécié il y a quelques années déjà…
    Grâce à toi, je viens de prendre des places pour la fin novembre quand il sera donné à Bruxelles. Et je sais que je ne serai pas déçu…
    :bisou:

  • Oh non Alex arrête? Damn j’adorais son interprétation, triste de ne pas le revoir dans la suite (parce que bien sûr que je vais y retourner une cinquième fois!). Tu as donc enfin vu le caste que j’avais eu le soir de la première et qui reste à ce jour mon favori :amitie:

    • Ce n’est peut-être qu’une pause, mais il doit être crevé avec toute cette tournée de ouf !! Je me demande si Maag aussi ne commence pas à fatiguer, mais en tout cas ça ne se voit pas absolument pas. :amitie:

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