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Pectus est quod disertos facit. ∼ Pédéblogueur depuis 2003 (178 av LLM).

Miséricorde (Alain Guiraudie)

J’ai vu ce film dans le cadre de la soirée de clôture du festival CinéPride nantais1, et évidemment on avait tous en tête le film d’Alain Guiraudie qui l’avait rendu célèbre en 2013 : L’inconnu du lac. Présenté au festival de Cannes, le film avait aussi fait émerger le comédien Pierre Deladonchamps. Ce film là m’a beaucoup plu car il est vraiment dans la lignée de l’inconnu du lac tout en allant plus loin dans sa fibre surréaliste, voire comique, avec des ruptures de narration d’abord troublantes, puis carrément poilantes.

C’est marrant d’y voir Catherine Frot, qui est toujours impeccable, avec d’autres comédiens qui ne sont vraiment pas exactement au même niveau, mais avec cette manière de filmer assez naturaliste, et parfois barrée, il n’y a rien de choquant dans un jeu parfois un peu hésitant. Alain Guiraudie sait en tout cas vraiment bien filmer, c’est indéniable, on y voit des cadrages, un montage et des plans qui ont une vraie qualité cinématographique.

Félix Kysyl joue Jérémie qui débarque dans un petit village reculé de l’Aveyron, à proximité de Millau, chez Catherine Frot. Cette dernière accueille avec enthousiasme Jérémie qui vient pour le décès de son mari, qu’il a connu il y a pas mal d’années puisqu’il était son apprenti boulanger. On devine rapidement que Jérémie était amoureux de son patron, et cela semble être su et accepté de son épouse. De même, le fils, Vincent, débarque et c’est un mélange détonnant d’agressivité et d’une sorte de passion amicale ou amoureuse. De véritables pulsions entraînent les amis à se confronter à plusieurs reprises. Et avec chaque protagoniste, Jérémie nourrit des relations tout aussi haute en couleur, avec soit de sa part, ou de celle d’autrui, une tension sexuelle hors norme.

Le film commence comme un Chabrol, puis passe au thriller et nous emmène encore ailleurs avec des scènes qui sont carrément nawak et deviennent plutôt drôles (ce qui apparaissait déjà en filigrane dans l’Inconnu du lac mais qui là paraît plus assumé) malgré le fond scabreux de l’intrigue, et son insolence formelle (j’adore sa manière de filmer des bites en assumant complètement le truc). Cela donne un OVNI assez charmant, un peu déroutant, et sulfureux, mais qui ne se prend pas trop au sérieux. ^^

  1. J’avais déjà assisté à quelques films et courts en 2022. ↩︎

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