C’est un fameux trois-mâts…

Temps de lecture : 2 minutes

Ouai bon, c’est plutôt une joli petite embarcation tout en bois. La coque est noire et les voilages sont rouges. On dirait le bateau de la pub pour Petit Navire de quand j’étais môme !

Hier nous y avons passé quelques heures avec M. et son père. Ce dernier nous a fait faire un tour sympa du coin et notamment le tour des Ebihens. Au début, nous n’avons pas eu un brin de vent et donc on a un peu fait de surplace mais heureusement, Eole a entendu nos supplications et nous a envoyé de sa divine énergie motrice. Ayant peut-être interprété trop librement nos suppliques, une heure après la pluie venait se mêler aux embruns océaniques…

C’était très agréable, j’adore cette sensation de voguer et de se sentir flotter sur l’eau. En outre, c’est un véritable voilier bien traditionnel, tout en bois et sans moteur. J’aime bien cette idée d’obéir quelque peu aux aléas du vent et d’aller loin et vite, puis revenir à deux à l’heure lorsqu’il n’y a plus rien.

Mardi soir, nous sommes allés dîner chez T., une cousine de M., qui tient un restaurant dans la ville voisine. Elle nous a invité à barbeuquer chez elle hier soir avec des cousins et consorts. Nous sommes arrivés un peu tard (obligations au restaurant) dans un coin totalement perdu au coeur de la campagne bretonne. Nous avons passé une soirée cool et pas mal arrosée. On est rentré total exténué vers 4h30 à Saint-Briac.

Charlies' angels – Les anges se déchaînent

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Et bien, pour une fois je ne vais pas me montrer dithyrambique ! Et pourtant, je fais toujours de mon mieux pour poser des jugements qui prennent en compte ce qui est bien et moins bien dans un film, mais là vraiment…

Le fond est nul mais ce n’est pas très grave, dans le premier l’histoire n’était pas non plus le plus intéressant et original. Mais j’avais aimé le ton décalé et léger du premier, en outre les filles jouaient bien et ne se prenaient pas au sérieux. Pour le second volet, c’est simple, il s’agit d’une surenchère absolue, et dans tous les sens. Du coup, cela perd carrément de son charme. L’histoire n’est plus qu’un prétexte éthéré à faire bim, bam, boum aux quatre coins de l’écran sans beaucoup de charme ou de discernement.

Quant à l’humour, il faut dire que je l’ai vu en français (bin ouai à Dinard…) et donc les blagues où on essaye de faire passer l’accent irlandais à un black américain… dur dur. Et les jeux de mots sur le champs lexical de la pénétration, pas mieux !

Bien sur les cascades sont sympas, et quelques passages sont drôles. Mais les effets spéciaux à la Matrix, Spiderman, X-Men, pour un film où les actrices sont sensées être humaines et sousmises aux lois de la pesanteur (les angels en spiderman à la poursuite de Demi Moore en Batman c’est tout de même assez marrant), c’est trop trop trop. Le premier était un opus plus fin et poilant à certains moments, là j’ai trouvé ça poussif et suffisant. C’est dommage car les actrices sont aussi bonnes (dans tous les sens du terme) et on sent le potentiel !

Charlies'angels - Les anges se déchaînent

Matoo au pays des chapeaux ronds

Temps de lecture : < 1 minute

Et bien, me revoilà à Saint-Briac avec M. pour quasiment deux semaines. Nous sommes arrivés hier dans l’après-midi avec le papa de M. qui nous a gentiment conduit en voiture. Il faisait un temps magnifique. Evidemment, à l’heure où je tape ces lignes, il pleut violemment des trombes de flotte. Arf.

Mais tout va bien, nous sommes seuls dans la maison avec M. pendant 5 jours, et puis les potes vont commencer à débarquer. C’est vachement plaisant de passer du temps comme ça avec mon p’tit loup, et c’est salutaire pour tous les deux, vu notre degré de stress avant de quitter la capitale.

Nous sommes sur nos gardes ici, car cernés de toute part par la familia. En effet, les parents habitent en face, la grand-mère rode derrière et les cousins veillent sur le côté… la grande-tante, les oncles et tantes et autres parents ne sont pas bien loin. C’est une situation un peu schizophrénique puisque M. est out auprès de tout le monde sauf la grand-mère. Cette dernière est adorable d’ailleurs, néanmoins le bécotage dans la cuisine est conséquemment formellement proscrit. Etant donné que M. est le dernier mâle à fièrement porter le nom de la famille, elle place beaucoup d’espoir en son petit-fils pour faire fructifier la lignée. Aïe.

Hummmm. J’ai un petit creux et je sens l’odeur de la galette croustillante au beurre frais que M. est en train de me préparer…

Amore mio.

Ciel de Bretagne

Après la tempète, le beau temps

Temps de lecture : 2 minutes

Ca va mieux…
J’ai passé une bonne soirée avec Do. Nous sommes allés hier soir juste après le boulot dans le marais. D’abord un verre à l’Amnésia, puis petit dîner sur le pouce à Epices et Délices rue Vieille du temple. Ensuite, j’ai rejoint mon p’tit homme chez nous à Nation pour une fin de soirée bien calme et destressante… dans ses bras 8)

Aujourd’hui j’avais rendez-vous à 13h avec Nico, un ex qui compte beaucoup pour moi. On est allé déjeuné à Pause-Café. C’est un endroit où nous allions souvent quand on était ensemble, et qui est pas loin du tout de chez lui. D’ailleurs Nico habite juste en face de chez Maniou, ce dernier voit les fenêtres de mon ex de son appartement. Arf.

Ce repas était important, car nous avions echangé quelques mails bizarres avec Nico. En effet, il y a quelques semaines, nous nous étions téléscopés par hasard à la Gay Pride. Il était avec son nouveau boyfriend que je n’avais encore jamais vu. Ca m’a fait très plaisir de voir Nico et son mec, et lui aussi apparemment (sans ironie aucune). On s’est alors dit qu’il fallait qu’on se voit car ça faisait très longtemps.

En fait, ni l’un ni l’autre n’a bougé jusque là. Nico m’a envoyé un mail la semaine dernière pour souligner placidement ce fait, tout en ajoutant que c’était peut-être la simple expression du fait qu’on était tous les deux bien occupés et qu’à l’évidence on ne se manquait pas. Aussi bien, serait-il mieux de réaliser cet état de fait et de ne peut-être plus essayer du tout de se voir.

Je suis resté interloqué et aussi amusé par sa lucidité et son sens de la synthèse. Manifestement, on peut vivre sans se voir, ni devenir vraiment amis, mais quelque chose m’empêche de faire une croix sur lui. J’ai simplement beaucoup d’affection et de considération pour ce garçon. J’ai donc sincèrement répondu que je ne voulais surtout pas le chasser de ma vie, mais qu’au contraire il faudrait qu’on se rapproche maintenant ou jamais. En effet, depuis que nous avons (j’ai) rompu, nous ne sommes pas vraiment devenus potes (c’était fin 2001).

Nous avons donc convenu de nous voir en ce samedi midi pour mettre cartes sur tables.

Résultat, nous avons discuté sans discontinuer de 13 à 16h et en oubliant allègrement la raison de notre rencontre. C’est en le quittant que je me suis exclamé qu’on avait oublié de tchatcher du plus important !! Du coup, on se revoit bientôt pour évoquer ça.

Cool, je crois qu’on est sur la bonne voie. Hé hé.

Pédale au bord de la crise de nerf

Temps de lecture : < 1 minute

Ouai c’est à propos de oime ! :mrgreen:

Je finis ma semaine de boulot avant de partir pour 3 semaines en congés. Je voulais quitter tôt pour aller faire quelques soldes sympatoches à la Défense. Manifestement, ça ne va pas être possible.

Et puis j’ai rendez-vous ce soir avec Do pour le voir avant son départ au Japon. Et puis, je suis énervé parce que j’ai bossé comme un ienche toute la semaine. Et puis hier, A. (le kolok) m’a tapé sur le système, et M. était défoncé sur le canapé comme tous les soirs de cette semaine (A. n’est pas étranger à cette attitude, même si dans ce domaine, je ne remets pas une seule seconde en question la responsabilité de M.).
A. est rentré murgé et je ne m’en suis pas tout de suite rendu compte, sinon je n’aurais pas entamé une quelconque forme de conversation avec. Il a été plus arrogant et présomptueux que jamais, il a tenu des propos incohérents et déplacés sur des gens. Ca m’a tellement vénère, que je suis allé faire la vaisselle et je les ai laissé argumenter. Enfin M. était tellement apathique que ça n’a pas été très loin, et A. s’est lassé.

Bon allez, le taf est bouclé. Je me calme. Je me zénifie une minute, ensuite je range mes affaires et je me TIRE !

Tout va bien… je suis en vacances !!

De l'hérédité des comportements sociaux

Temps de lecture : 2 minutes

Ouai, j’adore ce titre. 😆

En fait, c’est simplement parce que – encore une fois – ce midi avec mes collègues je me suis posé quelques fatales et existentielles questions. Cela concernait « nos » parents et leurs comportements sociaux, à savoir leurs rapports à eux, à leurs enfants, leurs amis, la famille et à autrui au global.

Est-ce que nous sommes une génération différente, ou en avons-nous seulement l’illusion ? Allons-nous instinctivement et naturellement converger vers le modèle de nos aïeux ? Nos parents sont-ils eux-mêmes très différents des leurs ou pas ? Avaient-ils cette même sensation d’être différent lorsqu’ils étaient plus jeunes ? Se sont-ils rendus compte de ce revirement le cas échéant ?

En fait, toutes ces questions viennent d’une interrogation originelle. Je me suis demandé si le fait de me sentir si structurellement différent de mes parents était une réalité tangible ou une simple illusion. Apparemment, on croit toujours que sa génération est sensiblement différente de celle qui a précédé, et qu’on est celle de la rupture et du vrai progrès. Or nos parents (les miens) sont des protagonistes de mai 68, et pourtant comme beaucoup, ils sont arrivés à plus de 50 ans à ressembler à leurs parents au même âge. Alors en sera-t-il de même pour moi ?

Nous en sommes arrivés à la conclusion qu’à certains égards, nos parents sont tout de même différents de nos grands-parents, et que malgré tout, une évolution des moeurs a eu lieu. De même nous concernant, ce n’est peut-être finalement qu’un infime pourcentage de notre remise en question générationnelle qui restera ancrée malgré le temps.

Et en évoquant les différences majeures de générations ce midi, nous avons relevé un élément majeur qui nous parait de loin le plus différentiateur : la verbalisation [PSYCHO Fait d’exprimer ou de s’exprimer par le langage. Verbalisation d’une sensation, d’un sentiment]. Nos parents et les générations antérieures sont aisément qualifiables de non-communicantes. Et même si je sais que beaucoup en sont encore victimes parmi mes contemporains, je remarque qu’exprimer ses sentiments et communiquer avec autrui est un progrès majeur dans nos comportements sociaux.

Je me demandais donc si cette faculté allait perdurer ou pas, et si son application à notre vie privée allait porter ses fruits, ou au contraire nous gâcher la vie. En effet, je remarque que cette verbalisation des relations (notamment amoureuses) est à double tranchant. D’une part, elle permet une meilleure qualité de relation et par là une pérennité assurée non par un contrat administratif, religieux ou moral mais par des sentiments étayés, d’autre part, elle n’est certainement pas étrangère à la triste statistique de divorce actuelle à Paris (50% des mariages sont caducs). Mais va-t-on découvrir qu’il est moins bien de finir ses jours seuls, qu’avec un compagnon qu’on déteste depuis des années, dans une relation inique et nécrosante.

Tout ça fait beaucoup de questions. Questions qui trouveront réponses dans l’expérimentation puisqu’on vit tout ça actuellement et que l’on s’invente tous les jours.

Long way home

Temps de lecture : 2 minutes

Ce film est un vrai petit bijou de drôlerie et d’étude de moeurs. L’action a lieu a New York mais pas vraiment le NYC de Sex and the City, c’est plutôt celui de Kids. D’ailleurs le fond et la forme m’ont vraiment fait penser à ce sulfureux film, que j’avais beaucoup aimé malgré le malaise que ça m’avait procuré.

Mais dans ce cas, l’axe choisi est plutôt celui d’une histoire sentimentale et familiale d’un petit dur plutôt gentillet au demeurant, mais sur un fond social assez dur. On suit la quête de Victor qui tombe amoureux d’une jeune fille et tente de la charmer. Cette dernière rejette tous les mecs par peur d’eux et de leurs attitudes sexuelles agressives à son égard. On suit aussi Victor et ses déboires familiaux avec son frère, sa soeur et sa grand-mère.

Le film expose certaines scènes de la vie familiale vraiment très drôles et enlevées. En outre, le mélange entre ce milieu social très dur et plein de haine avec la quête amoureuse de Victor plutôt romanesque produit un effet bien charmant et adoucit carrément le film. Finalement, cette histoire c’est la pâquerette qui pousse dans le goudron.

Les visages filmés de très près, caméra à l’épaule, donnent au spectateur un regard très intime sur les personnages. Les acteurs ne sont pas de jeunes premiers mais des adolescents plutôt communs et avec pas mal de défauts, cela ne fait que renforcer l’authenticité de l’histoire et surtout procure une plus grande proximité avec les protagonistes.

C’est un film simple mais fort. Je suis très content de l’avoir vu.

Long Way Home

Sinbad

Temps de lecture : < 1 minute

Ca faisait longtemps que je n’avais vu un dessin animé tout ce qu’il y a de classique dans le genre Disney (sauf que c’est DreamWorks) et aussi bon.
J’ai trouvé que c’était mieux que la « Planète aux trésors », et surtout d’un point de vue technique, l’intégration 2D/3D beaucoup plus réussie.

Les personnages sont sympas et plutôt attachants. L’histoire est très très très classique, elle s’inspire de Sinbad mais alors de TRES loin. On y retrouve les ingrédients habituels : amitié, intrigue amoureuse contrariée, une méchante sorcière (là une déesse du chaos, Eris)… Mais il y a un très bon sens du rythme et de magnifiques images. Le voyage en bateau est palpitant et bien ficelé avec de bons personnages secondaires.

C’était marrant, il y avait une petite fille à côté de moi sur les genoux de son père. Ce dernier lui racontait l’histoire pour qu’elle comprenne ce qui se passait. Et elle, elle s’interrogeait tout fort sur ce que la dame avait fait et pourquoi est-ce qu’il n’embrassait pas sa copine sur la bouche etc. (c’était trop mignon)

Sinbad

Hulk

Temps de lecture : < 1 minute

Bon ok ce n’est pas un chef-d’oeuvre, mais bon ce n’est pas aussi naze que ce que l’on m’avait dit.

Contrairement à Paca, je n’ai pas trouvé qu’il était si mal fait que ça pour un géant vert. La représentation du monstre étant assez proche dans le physique, les proportions et le comportement du personnage de bédé.

Mais c’est vrai que j’aurais un peu revu le montage, allez… une demi-heure du début et une autre de la fin au coupe-coupe. 😈 Et ç’aurait été beaucoup plus digeste. Malgré tout je ne me suis pas ennuyé même si c’est vrai que Nick Nolte était très convaincant (et exécrable) en superclodo.

Sinon les effets spéciaux sont superbes, ils le font sauter comme dans le comic et l’acteur qui joue Banner est vraiment pas mal. Le scénario est potable et m’a fait passé un moment plutôt sympa (et au frais).

Hulk

Confessions d'un homme dangereux

Temps de lecture : < 1 minute

J’ai beaucoup aimé ce film ! Clooney a grave assuré pour un premier film en tant que réalisateur. Vraiment la mise en scène et la direction d’acteur sont géniales. En outre, le scénario, basé sur une autobiographie, est incroyable. L’histoire en elle-même porte le déroulé du film, mais Clooney en a fait une oeuvre encore plus sensible et hallucinante.

C’est basiquement le récit, de la fin des années 60 au début des années 80, d’un mec plutôt banal qui veut bosser dans la télévision. Avant de vraiment percer, il se fait recruter par la CIA pour devenir tueur. Ce dernier créé des émissions du genre précurseur du Bigdil et plus réellement de Tournez-Manège.

Il finit par devenir un célèbre producteur et présentateur. Notamment pour son émission du style Tournez-Manège, la CIA a l’idée de lui faire chaperonner le couple gagnant à l’endroit où il aura des contrats à honorer, une couverture parfaite.

Evidemment cette vie schizophrène est insupportable et il finit par craquer. Une incroyable histoire vraie…

Confessions d'un homme dangereux

La France blessée

Temps de lecture : 4 minutes

Une radioscopie politique
sous la direction d’André Gattolin et François Miquet-Marty

J’ai passé mon 21 avril 2002 avec quelques amis en banlieue, nous nous étions réunis à quelques uns pour les résultats du premier tour de l’élection présidentielle. Ce fut un choc extrême pour nous comme pour beaucoup de français, et encore maintenant j’ai du mal à m’expliquer ce séisme. Bien sur a suivi le réveil démocratique qu’on connaît, des manifs et un vrai sursaut de conscience politique, puis finalement les fameux 82% pour le candidat du moins pire.

La lecture de ce bouquin a été un vrai plaisir pour moi. Il donne les clefs de la compréhension des tenants et aboutissants de cette élection. L’ouvrage est dirigé par deux personnes, l’une d’un institut de sondage et l’autre de Libé ce qui explique la description et le décryptage très à gauche des évènements sociaux, politiques et économiques. Aussi parfois, on a l’impression que les positions sont un peu trop orientées. Ce qui est génial c’est que ce n’est pas trop difficile à lire, car il s’agit plus d’une concaténation d’articles (qui pourraient être écrits pour la presse) avec pour assise divers sondages, qu’un essai de politique abscons (pour moi).

La première partie du bouquin décrit concrètement le choc de cette élection et tente de donner un éclairage concret des faits. Finalement cela donne un regard différent sur ce qui s’est passé. J’ai vraiment eu l’impression de relire des informations sous un nouveau jour et avec une acuité inédite. Et les sondages ont été assez bien utilisés non pour prévoir mais pour étayer des thèses ou bien pour expliquer des phénomènes avec une bien meilleure crédibilité.

Le livre développe aussi des opinions d’auteurs que j’ai trouvé particulièrement aiguisées et clairvoyantes. Notamment sur le fait que les électeurs n’ont pas été si floués que ça par ces élections et qu’au contraire ils étaient bien informés et ont agi avec pas mal de discernement. Je lisai sur les votes en dehors des partis traditionnels :

« Voter Besancenot, c’était exercer une pression sur Lionel Jospin pour qu’il s’engage à lutter plus vigoureusement contre le chômage et à défendre les retraites des salariés du public. On pensait alors que le candidat serait automatiquement présent au second tour. Voter Madelin, c’était tenter de convraincre Jacques Chirac d’aller plus loin encore dans la baisse des impôts. Ce vote d’influence s’appliquant aux enjeux économiques et sociaux, qui touche directement leurs conditions de vie, est une démarche de citoyen-consommateur.

Ce dernier ne choisit pas un candidat parce qu’il espère le voir élu. Il vote pour un candidat dont il pense que le message peut influencer l’action de celui qui a les chances d’être élu. Il pratique une forme assez inédite de consumérisme électoral. Il soupèse les programmes des candidats sur les sujets qui lui tiennent à coeur : la réforme des retraites pour les salariés du public, le chômage pour ceux du privé, les baisses d’impôts pour les cadres et professions libérales. Puis il tente, en accordant sa voix au petit candidat qui lui semble le mieux exprimer ses préoccupations, d’infléchir l’action future d’un autre candidat, celui qu’il souhaite réellement voir gagner.

A ce petit jeu, l’électorat de gauche s’est pris les pieds dans le tapis. Celui de droite l’a emporté. »

Ce que j’ai avant tout aimé dans le bouquin c’est la partie d’explication sociologique qui exploite plus la manière dont notre société (sa structure, et les interactions entre ses acteurs) a évolué et qui est peut-être moins adaptée à notre système démocratique. Je cite l’explication de la crise de la représentation sociologique de la société :

« Une des conséquences majeures de la défaite de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle aura été de mettre crûment en lumière le décalage considérable qui existe entre le discours idéologique des partis et la réalité sociologique de leur électorat. Le 21 avril 2002, le Premier ministre sortant recueille 24% des suffrages exprimés parmi la population des cadres et professions libérales contre 12% seulement du vote des ouvriers. »

Et finalement, un auteur explique que notre sens de la démocratie a évolué d’une quête idéologique vers une « démocratie de régulation » qui autorise les défections civiques.

« La démocratie de régulation compose un modèle politique où les mobilisations politiques personnelles sont de moins en moins prioritaires. En pratique aujourd’hui, 28% des Français estiment que le fait de voter ou de s’abstenir révèle plus du libre-arbitre de chaque citoyen et cette opinion est de plus en répandue parmi les populations les plus jeunes : 46% des 18-24 ans, 36% des 25-34 ans. Moins engagés dans une concurrence idéologique pour la construction d’un modèle futur de société que partie prenante d’un système politique chargé de résoudre les tensions éventuelles au sein d’un environnement idéologique pour l’essentiel accepté, les citoyens d’aujourd’hui sont encouragés à penser pour la participation politique comme un devoir en soi ou comme une nécessité d’intérêt, mais pas nécessairement comme un acte porteur d’avenir. Autrement dit la démocratie de régulation accueille avec bienveillance la participation politique mais ne l’érige pas en fondement de son devenir. »

La fin expose un bilan assez mitigé de cette expérience politique du 21 avril, mais surtout formule une conclusion assez pessimiste, même si réaliste. Est-ce parce que c’est un gouvernement de droite ? Serait-ce différent si c’était à la gauche qu’avaient profité ces bouleversements ? Je fais assez confiance (peut-être à tort) à Libé pour cela, mais bon je suis un peu trop à gauche pour juger.

« Les maux économiques et sociaux de la France s’aggrave, l’ankylose institutionnelle n’est pas soulagée par le fade sirop décentralisateur, la pommade sécuritaire calme mais ne guérit pas, le cancer du chômage flambe de ses nouvelles métastases. »

« Responsable du chef qu’il se donne, le peuple français doit aussi méditer « son 21 » avril et l’année qui a suivi. Le plus grave serait d’empiler les mythes et d’aller d’illusion en illusion. A la première – croire que la France descendue dans la rue le 1er mai 2002 arrêta le fascisme – s’ajouterait la seconde : penser que la France, chantre de la paix a retrouvé puissance internationale et grandeur historique.
Une génération politique est sans doute née avec le 21 avril, une génération géopolitique est peut-être issue du combat contre la guerre en Irak. Mais ces deux réactions ne font ni un idéal politique ni un programme de gouvernement. »

La France blessée - Miquet Marty Gattolin

Besoin de rien, envie de froid

Temps de lecture : < 1 minute

Notre kolok A. nous avait demandé s’il pouvait se servir de l’appart pour faire un test photo d’un mannequin aujourd’hui (un test c’est une série de photo pour un jeune mannequin que fait faire une agence pour étoffer un book). Donc, vers 10h, ont débarqué une magnifique jeune fille (mannequin anglo-espagnole, Miss Espagne et dauphine Miss Univers d’ailleurs, Helen L.), sa maman, une styliste et une maquilleuse. Je suis resté un peu pour voir l’installation des flashs, des trépieds, la préparation de la fille etc.

M. est parti bossé et moi j’ai décidé d’aller chercher le frais au cinéma. Je me suis préparé et je suis allé à l’UGC Bercy. Dès que je sortais, je me disais que ce n’était pas possible, c’était trop bon dedans alors j’y suis retourné. Du coup, j’ai vu trois films de 12h20 à 20h, avec quelques coupures au parc de Bercy et muni de mon bouquin du moment.

Je suis rentré pour rejoindre M. et A. qui se restauraient au Xtra Old Café. En rentrant, A. m’a montré ses mini-polaroids de repérage pour ses photos. Pas mal…

Vexin III

Temps de lecture : 2 minutes

Samedi, M. et moi avions rendez-vous vers 14h avec un type que nous ne connaissions pas pour nous rendre à Beauvoir (où nous étions déjà le mois dernier) chez C. et C. pour deux petites journées sous le signe d’Hélios.

Le mec qui nous attendait était un peu borderline, homo ou pas homo ? En tout cas, il nous a fait la bise bille en tête. Il est markéteur dans un cabinet d’avocat, habite dans le 7ème, joli teint halé et corps bien galbé sous un ticheurte tight et un jean légèrement évasé aux pieds. Nous nous sommes regardés en coin avec M. pendant tout le trajet, regards complices qui en disaient long. Il faut dire que le bougre avait quelques atouts physiques pour lui.

Nous sommes arrivés vers 15h à la maison de campagne, sous un soleil de plomb. Nous avons aidé nos hôtes à tout installer pour la soirée où ils attendaient une trentaine de personnes. Pendant l’après-midi j’ai subrepticement questionné C. concernant la pédémétrie de notre bel hidalgo-convoyeur Séb. Elle m’a répondu qu’elle l’ignorait, en fait elle sait qu’il est grave branché nana, mais si elle apprenait qu’il était à voile et à vapeur, elle n’en serait pas plus étonnée que ça. J’ai répondu que nous non plus… Ce dernier a en effet passé le week-end à se faire bombarder le corps de radiations infrarouges et ultraviolettes pour parfaire son bronzage. Ainsi il a exhibé son corps élancé, son torse finement sculpté et légèrement velu (précieusement tondu en fait).

Le soir, nous avons fait un barbecue géant et puis passé une soirée très cool avec un tas de gens que je ne connaissais pas. Une annexe de la maison servait de piste de danse et les baffles étaient distribuées dans tous les coins du jardin, de quoi distiller une atmosphère bien festive. J’ai parlé à beaucoup de gens, qui se sont révélés bien sympas, même si évidemment je pourrais critiquer à l’envi (notamment quelques consultant gémini bon cru). C’est marrant, à chaque fois que je croise de nouvelles personnes je découvre qu’on est lié par le boulot. Là, j’ai parlé avec un mec qui connaissait un chef de produit avec qui je bosse, et une nana qui elle était en contact commercial avec une collègue.

M. était bien à l’ouest et a sombré tôt, direction le pieu, moi je l’ai rejoint pas trop tard non plus vers 3h30.

Dimanche, nous avons lézardé au soleil avec ceux qui restaient. Séb a continué son bronzage intensif pendant que nous nous réfugiions à l’ombre. C’était très agréable, j’ai pu faire connaissance de vraiment tous les amis d’enfance de M. et réciproquement. Nous sommes rentrés en train en fin de journée, car M. devait bosser le 14 juillet.

She's gone with the wind

Temps de lecture : 2 minutes

Et hop, une porte refermée, un courant d’air et elle est partie.
V. ou Virginie a franchi le pas de notre appartement et s’en est allée vers de nouveaux horizons. Elle quitte Paris à l’instant et part s’installer (essayer dans un premier temps) à Montpellier. Elle va dans un premier temps squatter chez un pote là-bas, mais je lui fais confiance pour vite trouver un boulot et un chez-elle. Elle a déjà un entretien dans la poche, je croise les doigts.

Je me sens tout petit, tout seul, tout pas bien. C’est un de mes piliers amicaux ici et je crains de ne jamais la retrouver comme ces deux dernières années (on se connait depuis 10 ans en fait) qui furent particulièrement proches et intenses en événements. Néanmoins on s’est assez parlé pour savoir ce qu’on ressent l’un pour l’autre et surtout l’importance que revêt notre amitié dans notre équilibre quotidien, alors on va tout faire pour naturellement continuer à communiquer et nous voir.

Mais là, ça fait glups.

J’ai organisé un p’tit dîner hier avec elle, Do et M., et elle est restée dormir ici cette nuit. Le dîner était bien cool et détendu, on a beaucoup discuté et échangé. Je sentais le malaise tangible, mais on a tous fait un effort pour que cette dernière entrevue avant son départ soit exactement identique à toutes les autres. J’ai même innové dans un plat pas mal du tout… avocat, melon, pastèque et basilic ! Nickel !! 8)

Là on se prépare, on part deux jours en week-end à la campagne. Je vais un peu faire le vide, et tenter de me reposer un peu car je suis très très fatigué. Je crois qu’il y a le boulot et aussi les vacances approchantes qui rendent la situation un peu fébrile. Fébrilité qui se reproduit entre M. et moi d’ailleurs. Aussi on a tous les deux hâte de partir en vacances et de nous retrouver avec sérénité et euphorie.

De l'hétérophobie des homos

Temps de lecture : 3 minutes

J’ai encore lu un truc dingue sur un site gay quelconque d’une tapiole qui se plaignait que le marais était investi par les hétéros qui faisaient du tourisme, ou qui se la jouait. Je rencontre de plus en plus d’homos qui font de l’hétérophobie de ce genre. Evidemment, c’est toujours plus ou moins justifié. Mais je ris jaune quand je vois que certains proclament le marais comme étant chasse gardée. Et je me marre à penser à la tassepé vraiment persuadée que certains peuvent flagorner sur leur terrain de jeu uniquement parce qu’ils sont d’une autre orientation sexuelle.

Je suis déjà surpris d’une telle vindicte, car je n’ai pas vraiment remarqué une recrudescence d’hétéros ou bien peut-être ne sais-je pas bien les reconnaître ?! Merde !!! Peut-être que je prends même des hétéros pour de bonnes pédales bien de chez nous. Oooh l’angoisse ! En outre, le peu que j’ai vu ne me paraissait pas bien différent d’avant, ni plus ni moins « proud » que d’habitude.

Je suis plus agacé par l’attitude « touriste » ou « curieuse » (mais qu’on peut comprendre et donc pardonner) de certaines personnes, dont des potes à moi, qui sont là pour VOIR. Ils veulent voir de la folle, du butch et de la goudou, et alors le marais c’est comme Thoiry. Il faut bien faire attention à ne pas ouvrir les fenêtres, faire gaffe aux attroupements au milieu de la rue (des Archives bien sûr) et prendre garde à ne pas laisser l’homme sortir photographier de près les féroces prédateurs sinon c’est l’accident à coup sur et on retrouve le mec sur un sling rue aux Ours en deux temps trois mouvements.
En fait, je me souviens en particulier d’un très bon ami que j’avais invité, il y a de cela quelques années, à dîner chez moi avec un pote à lui. Je lui avais dit que j’avais invité quelques amis pour une petite soirée impromptue. Après m’avoir demandé s’il y aurait des homos (j’avais bredouillé un « oui » un peu décontenancé). Il m’avait alors rappelé pour demander s’il pouvait ramener une copine à lui.

– Ouai tu comprends Mat, elle aime bien tout ce qui est homo, la house et tout et tout.

– Ouai. Et ?

– Bin, je voudrais te la présenter et tout. Elle a jamais fait de soirée homo, tu pourrais nous faire entrer et tout et tout. Nan ?

J’ai gardé mon calmé et j’ai simplement répondu que mon appartement n’était pas un laboratoire de sociologie du CNRS et que s’il voulait introniser ses pinecos (ouai j’étais vénère/énervé alors je parlais en verlant :)) à la gaytitude, il n’avait qu’à faire une soirée vidéo et louer l’intégrale de la cage aux folles. Ce à quoi j’ai rajouté : « et tout et tout ».

Alors là évidemment, il s’est excusé et tout et tout. Et il m’a dit qu’il m’aimait comme j’étais, et que jamais il ne recommencerait à me dire des inepties pareilles (là, il a peut-être rajouté « et tout et tout » mais je ne m’en souviens plus).

Le fait est que je comprends les homos qui font de l’hétérophobie. Elle se différencie des autres formes de xénophobie par le fait que c’est quasi-toujours un phénomène de réaction. En effet, la plupart des gays ont subi une homophobie plus ou moins violente pendant leur enfance et adolescence. Et cela, tout le monde l’oublie ou le minimise, les hétéros comme les homos. Je crois que lorsqu’on s’est cru une manifestation de l’antéchrist (par les autres ou soi-même) toute sa courte vie, on éprouve un sentiment de bien-être incroyable quand on apprend l’existence d’un hâvre de paix tel que le marais. Et alors on peut le prendre comme un endroit à part où on peut être soi, on peut aussi tomber dans l’extrême et en devenir un véritable appendice. Alors l’identification au « milieu » (la pègre homosexuelle lol) devient telle qu’on voit se balader des caricatures vivantes. En tout cas, cette rencontre avec le marais a toujours été un sentiment de soulagement et de félicité qui en retour occasionne un sentiment de rejet envers les hétéros. En général, ce réflexe disparaît bien vite puisqu’il apparaît vite abscons, mais dans certains cas la rémanence de ce mécanisme peut créer une réelle phobie.

Ensuite, on doit considérer le fait tout bête que lorsqu’un mec veut draguer un autre mec, il préfère être dans un endroit gay only , et c’est vrai que le discours des mecs hétéros du genre « les homos me dérangent pas tant qu’on me drague pas » est très mal perçu (à juste raison) par les gays. Cela explique parfois l’agacement de certains par la présence de beaucoup d’hétéros dans des soirées homos.

Aussi, je pense que si tout le monde prenait conscience de ces hypothèses, ça aiderait peut-être les homos à comprendre que leurs réactions sont compréhensibles mais iniques, tandis que les hétéros apprendraient peut-être à plus respecter des personnes dont la vie ne se résume pas à des soirées en boite ou à parader dans les rue du « Gay Paris ».