L’Algérie en héritage

Je n’ai trouvé personne pour venir avec moi découvrir cette exposition à L’Institut du Monde Arabe, alors j’y suis allé samedi comme une pauvresse. Et j’ai très très bien fait car j’ai trouvé que c’était une expo extraordinaire et très bien faite. C’est un peu organisé sur le modèle de la génialissime l’expo sur l’Andalousie (déjà à l’IMA) qui faisait faire au visiteur un parcours chronologique hallucinant sur cette région dont généralement on ne connaît pas grand chose, et encore moins les détails de l’occupation arabe pendant des siècles.

Concernant l’Algérie, j’avoue que malgré mes origines (mon grand-père paternel est un algérien de la région de Biskra) je ne connais absolument rien à l’histoire de ce pays. Et c’est vrai que les images que l’on a du Maghreb sont tellement lié à l’Islam que cela laisse sous couvert des milliers d’années où ces pays revêtaient un visage complètement différent, tant du point de vue culturel, que social, politique, artistique etc. Cette expo remet bien les choses en perspective, en mettant en exergue l’histoire algérienne telle qu’on la verrait décrite dans un bouquin d’histoire de primaire.

« L’Algérie en héritage » expose une gigantesque chronologie de l’Algérie du néolithique à 1830, à travers plus de 300 pièces d’archéologie très bien documentées (les explications sur chaque pièce sont prolixes et intéressantes). Ainsi, on passe de salles en salles, et de périodes en périodes, au travers de trois grandes ères : la préhistoire (de l’Age de pierre au néolithique), l’Antiquité (des Numides aux Byzantins) et la période post-hégirienne (jusqu’à 1830). Evidemment, ce sont les deux premières qui ont été de vraies révélations pour moi, je suis plus familier de la dernière qui m’émerveille par les talents scientifiques et artistiques (calligraphie et architecture intérieure surtout) de la civilisation arabo-musulmane.

Je l’ignorais mais la zone saharienne du fait de son climat possède un nombre impressionnants de peintures rupestres très bien conservées qui attestent du peuplement précoce de la région par nombre d’hommes préhistoriques. Certaines pièces exposées sont confondantes de beauté, et en particulier, quelques pierres du néolithique à peine retouchées par le sculpteur et qui suggèrent un boeuf ou une salamandre avec un style finalement très contemporain. J’étais aussi content de voir quelques inscriptions en tifinagh, la fameuse écriture touareg, dont l’alphabet apparaît comme tellement simple et universel, et tout ça entre 1500 et 1000 avant JC.

La partie sur l’antiquité est, je crois, la plus incroyable, incroyable d’imaginer des algériens conquis par les grecs et les romains. D’abord par Carthage, puis Rome, l’Algérie subit les influences des grandes civilisations du monde et devient même à certains égards un des pôles d’attraction commerciale de l’antiquité. Les statues des dieux grecs et romains sont omniprésentes, ainsi que la reproduction de la déesse Africa, quelques belles mosaïques sont aussi exposées, ainsi que des lampes ornées des représentations les plus diverses. C’est drôle de lire un contrat de cession d’huile d’olive au nom d’un Sextus Quintus je ne sais quoi, qui est un patricien d’Algérie.

Finalement la dernière partie m’a moins impressionné, mais c’est aussi peut-être parce qu’elle m’était plus familière, même si je suis toujours très admiratif des livres calligraphiés ou des astrolabes de l’époque. En tout cas, on sort de cette expo avec un certain vertige temporel, et aussi l’envie de voir plus de gens s’intéresser à ce genre de manifestations, qui font voler en éclats bien des idées reçues, et remettent justement en perspective l’héritage d’un pays à ne pas minimiser.

L'Algérie en heritage

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