Eartha Kitt, une icône qui n'est plus.

1983… J’ai 7 ans, et je fais tourner en boucle ce 45 tours sur la chaîne de mes parents : « Where is my man » d’Eartha Kitt.

C’est marrant ça d’ailleurs, à chaque fois que je pense que je n’ai jamais été une de ces pédales qui était fan d’une icône gay (genre Madonna ou Mylène, qui ne m’ont jamais passionné), je me rappelle avoir écouté en boucle Bette Midler dès 14 ans. Aheummm. Je dois aimer les icônes très underground. Mouhahahahah.

Avec Eartha Kitt, en 1983, il y a donc eu cet énooorme tube, et il a scandé bien des fêtes de famille et des compil’ persos sur cassette. Elle apparaissait déjà un peu ridicule à son âge avec cette trempe de mangeuse d’homme et de femme über-sexy, littéralement si « chatte » dans toutes ses postures. Mais elle faisait beaucoup rire les gens, et sa manière de chanter, nasillarde et puissante, collait bien à cette période de fin de disco à début de popnawak des années 80.

Et puis plus rien (pour moi), pendant dix ans, et en 1992, je la retrouve dans un rôle tout aussi caricatural et qui m’avait bien marqué, en Lady Eloise dans « Boomerang », un navet d’Eddie Murphy. Elle y incarne une richissime chef d’entreprise et croqueuse d’homme totalement folle-à-lier et nymphomane. Elle passe d’ailleurs son temps à vouloir sauter Eddie Murphy, et à lui souffler des insanités à l’oreille. Bref, dans la lignée de la chanteuse…

Et c’est encore dix ans plus tard, en 2001, que je la retrouve endossant sa propre caricature, en assumant la voix d’Izma, la célèbre méchante du film de Disney Kuzco. Je considère ce dessin-animé comme un des chefs-d’oeuvre méconnus de Disney, un OVNI assez déjanté qui est un bel hommage (ou pillage) à Tex Avery. Et Eartha Kitt en Izma, c’est juste succulent et terrible, car ils ont véritablement tiré le fond et la forme du personnage sur la chanteuse. Que cette dernière nous donne une si parfaite et drolissime Izma montre à quel point, elle jouait de son image et continuait à faire ce qu’elle avait toujours fait.

Par la suite, je m’étais un peu renseigné sur la dame, et j’avais appris qu’il s’agissait d’une artiste bien plus accomplie qu’il n’y paraissait, et qui n’avait pas attendu les années 80 pour émerger. Car pour être qualifié par Orson Welles de femme la plus excitante du monde dans les années 50, pour jouer Catwoman dans la série kitchouille Batman dans les années 60, pour mener une carrière dans le cabaret, le théâtre et la chanson, ou aussi pour être professionnellement bannie des US parce qu’elle s’était prononcée contre la guerre au Vietnam, eh bien il faut être une sacrée bonne femme !!

Elle est décédée à 81 ans le soir de noël, et c’était aussi une femme qui a lutté pour les droits des gays, et contre le Sida. Elle disait que c’était un juste retour des choses, puisque les homos l’avaient soutenu avant.


Eartha Kitt – C’est si bon !

L’avis des copines : Yagg, [elle], Olivier, GayClic.

7 Commentaires

  1. E.K était une danseuse de la troupe de Katherine Dunham qui fit un tabac à Paris en 5O. Elle a plaqué la troupe, a chanté qulqq mois dans une boite du quartier latin avant de repartir pour New-York ou elle se révéle 2 ans plus tard dans « New faces » une revue sur Broadway qui la rend célébre.

    Ce show, constitué de différents numéros originaux (d’où le titre) obtint un énorme succés et devint un film. Elle y chante « C’est si bon – Bal petit bal – Santa baby – Monotonous », les deux premiers en un français-à-sa-façon. Enorme talent.

    Je donnerai cher pour retrouver ce film, vu autrefois à N-York, qui , fait exceptionnel , reprenait tous les créateurs, tous inconnus. Conclusion …un flop. Sauf pour Eartha qui crevait l’écran !

  2. Un bien bel hommage à une bien grande dame…
    Perso : dès ma découverte d’Eartha dans les années 80, j’ai fait des pieds et des mains pour acquérir sa discographie complète. Son come-back disco est formidable, certes… mais quelle carrière, avant ça !… L’une des plus grandes « crooneuse » de son époque.
    Merci pour ce post,
    Amitiés de BB.

  3. J’ignorais tout cela.
    De Welles à Disney (mais pour faire la méchante :cool: ) quel parcours !
    Et qu’elle était artiste engagée …
    Merci pour cette petite nécrologie qui comble mon inculture.

    PS : Je viens de me découvrir enfin une ambition, I wannabe le modèle pour un remake de Blanche Neige en 2050 (dans le rôle de la méchante sorcière, j’aurai parfaitement le profil du poste) :pompom:

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