Il faut sauver l’Amour

Je suis inquiet. J’ai l’impression que les jeunots que je croise aujourd’hui ne tombent plus amoureux. Déjà à mon époque, j’en avais ressenti les prémices. Je connaissais déjà certains qui me disaient que ça faisait trop mal, et qu’ils ne pouvaient plus assumer cela. Et d’autres qui disaient que d’une déception amoureuse cuisante avait découlée une glaciation du myocarde irréversible. Evidemment, les glory-holes du Dépôt n’ont pas aidé à faire fondre ces petits coeurs en banquise.

Aujourd’hui c’est pire, je discute avec des mecs qui me soutiennent ne jamais être tombés amoureux. Waaaah ! Bon évidemment, je ne vais pas donner de recette ou expliquer comment je fonctionne, puisque ce mécanisme là m’est bien opaque. Ne jamais être tombé amoureux à vingt ou vingt-cinq balais, est-ce de l’orgueil ou un narcissisme poussé à son paroxysme ? Ou alors une vraie frayeur névrotique ? Ou bien l’attente rationnelle et scientifique d’un alter ego qui contiendrait telle et telle caractéristique et autres vues de l’esprit ?

Et tout cela m’est d’autant plus étranger que je tombe amoureux depuis aussi longtemps que je m’en rappelle. Hummm la première fois c’était Sylvain M. en deuxième année de maternelle. Il était super fort et toutes les filles l’adoraient. Moi aussi, même si je ne savais pas trop ce que je ressentais, mais ça me troublait grave. En CE2, il y a eut Morgane P. évidemment. Elle était si belle et gentille et intelligente et sensible et blonde et aux yeux verts de la mort qui tue et tout et tout. Rholalala, et puis je peux faire une sacrée liste comme ça, et plus ça va, plus ce sont de sérieux « crushs ».

J’ai tout fait, de la cristallisation la plus vaine et illusoire à l’histoire d’amour mutuelle et épanouissante, en passant par le mytho qui se fout de ma gueule, l’enculé qui ne voulait que mon cul et le salaud qui me faisait du mal par sadisme et puérile imbécillité. Mais bizarrement, je n’ai jamais pensé arrêter de tomber amoureux, ou cela n’a jamais refroidi mes ardeurs. Evidemment ce n’est pas un processus facilement mesurable ou contrôlable. Je n’ai pas non plus spécialement un coeur d’artichaut, mais la midinette qui est en moi ne s’est certes jamais tue. Donc j’ai souffert le martyr lors de nombreuses ruptures, sachant qu’au début je me suis fait n fois largué avec pertes et fracas. Mais je me remettais en selle, et mon dévolu, après quelques temps de latence et de cicatrisation, retombait irrémédiablement sur un nouveau cavalier.

Encore aujourd’hui, j’adore ça. Ok c’est douloureux quand ce n’est pas un sentiment partagé, ou lorsque ça se termine, mais de là à y renoncer ! Mais je comprends que la chose soit moins facile pour quelqu’un qui simplement ne rencontre pas de personnes qui déclenchent de telles émotions. Mais ça me parait tellement inouï. Je ne suis peut-être pas difficile alors… Il faut dire que je n’ai pas de genre, ni physique, ni intellectuel, ni rien… J’ai flashé sur les gens les plus différents qu’il soit, tant dans leur aspect que dans leur style, préoccupations, origines ou aspirations. Juste des rencontres qui font tilt, qui me font déplacer des montagnes et qui me font durcir le zizi. :mrgreen:

Et oui, ça se finit mal… Et oui c’est relou, sa mère, sa race ! Mais quel bonheur de pouvoir jouer un peu sa Sarah Bernhard lorsqu’on vient de rompre ou de se faire jeter comme une merde, alors qu’on aimait du fond du coeur. Ma philosophie me dit que lorsqu’une rupture arrive, c’est que ce n’était pas le bon, et qu’il ne sert donc pas à grand-chose d’insister. Il faut juste attendre un peu, assumer sa tristesse, et laisser un prochain soupirant souffler sur les braises. Et puis si on essaie pas, si on ne prend pas le risque de se cramer le bout des plumes, comment rencontrer l’homme de sa vie ? Le seul, le vrai, l’unique !! Mais si il existe !! M’enfin ! ;-)

Donc je suis inquiet pour l’amûûûûûûûr… Tombez amoureux !! Ne vous laissez pas abattre !


Moulin Rouge – We can be lovers

Avez-vous apprécié cet article ? 0 j'aime

67 commentaires sur “Il faut sauver l’Amour

  1. « I got it from Anthony, but I told him that you and Markus were very much in love…

    Charlotte was still a cheerleader for love, but like the Nicks, her team was having a very bad season »

    J’ai pas pu résister à la sex and the city quote du jour :)

    Naaaaan, l’amour c’est génial, on se casse la gueule à mort, on dit qu’on s’y fera plus jamais prendre et puis on se retrouve quand même six mois plus tard avec des palpitations incontrôlables et des émois de midinettes.

  2. Comme c’est beau et émouvant … Et si bien écrit !

    Ceci étant, moi, je n’ai rien contre les glory holes du Dépôt, au contraire …

  3. Nan… mais t’es bien trop pessimiste, là.

    1) Est-ce que les mecs à qui t’as parlé sont vraiment représentatifs des jeunes homos?
    2) Est-ce que ce qu’ils prétendent est vrai?

    J’en suis pas certain…

  4. jerem* c’est bien plus large que les homos. Pour fréquenter des ados à haute dose, je peux t’assurer que ce que Matoo en dit est vrai quelle que soit la sexualité. J’aurais tendance à dire plus les filles que les garçons même, ce qui pour le coup est très très nouveau.

    Quant à ta question Est-ce que ce qu’ils prétendent est vrai ? je répondrais : sûrement pas puisque c’est du domaine de la méthode Coué et de la protection, mais c’est en revanche parfaitement sincère (je veux dire : ils n’ont pas l’impression de mentir).

  5. Même terrible inquiétude. Régulièrement j’écoute, j’observe autour de moi cette sclérose du moineau dans la poitrine. Cet ennui, cette paresse à aimer que semblent caresser dans le sens du poil les temps modernes, avec leur lot de succédanés (damnés succès).
    L’antidote doit bien exister quelque part, non ?

  6. Franchement, je crois plutôt qu’on est désormais dans un environnement qui permet désormais l’expression du non-amour romantique. Mais il y a eu dans toutes les générations des cohortes qui ne rencontraient pas l’amour, pour des raisons que je n’essaierai pas de psychologiser/psychanalyser (car c’est inutile). Quand le romantisme, au XIXe siècle, portait aux nues le désespoir extrême voire le suicide lors de la fin d’un amour, n’est-ce pas dire que « ça fait trop mal » et qu’on ne veut pas s’y remettre?
    Bénis simplement ta bonne constitution psychologique, Matoo. Elle n’est simplement pas si courante que tu ne le crois, et pas seulement à notre époque. Evite juste de suggérer que ceux qui ne l’ont pas sont trop difficiles ou peureux, narcissique ou névrotique…

  7. Je suis d’accord avec Matoo.

    Et ce qui me tue, ce sont les conséquences: quand je tombe amoureuse, que j’aime, et que le couill*n en face est amoureux, mais ne veut pas aimer… Aimer, c’est décider d’agir pour l’autre, c’est un choix, et c’est choisir de se battre pour faire de cette relation la plus belle des histoires. C’est défendre ce qu’on partage dans les moments difficiles..
    Et bah tout ça, les « counter love agents » refusent de le faire. Et c’est dommage qu’ils refusent de s’impliquer… ils passent à côté de plein de choses fantastiques (et accessoirement moi je suis frustrée à mort d’entendre un « euh non moi l’attachement c’est pas mon truc donc euh on peut arreter là c’est pas grave, je vais pas me bouger pour nous, c’est contre mes principes »)
    On devrait les mettre à l’écart de la société, ces gens qui n’aiment pas, parce que moi ils m’apportent que des problèmes :mrgreen:

    Génération de cou*lles molles :pleure:

  8. Je ne suis pas sûr d’être aussi manichéen que toi sur le sujet, peut-être simplement parce que je suis passé par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel sur le sujet (coeur d’artichaut – amour raisonné – ne pas y croire – y croire comme si c’était naturel…) et j’ai encore évolué très récemment. Cela dit, je ne ressens pas, contrairement à toi, une déferlante de gens blasés – au moins en apparence – sur le sujet amoureux. Il y a ceux qui y croient et le disent, ceux qui y croient et ne le disent pas, ou disent le contraire, ceux qui n’y croient pas ou font semblant de ne pas y croire… et tout ça forme un joyeux mélange !

    Peut-être est-il moins difficile qu’à une certaine époque de dire qu’on y croit pas ? Cela pourrait expliquer ton impression en tout cas. En tout cas je pense sincèrement que la situation est très loin d’être aussi désespérante que celle que tu décris ! Garde espoir !

  9. Comme Kozlika, je crois que cela n’est pas réservé aux jeunes homos. J’ai dans mes tiroirs, une copine de 32 ans hétérote qui tient le même genre de discours sur sa peur d’aimer et de risquer de souffrir à nouveau.
    « La mort d’un amour donne la vie à un autre, il y a déjà moins de souci à se faire » dixit Jackie Quartz. Franchement c’est pas n’importe qui, si elle le dit, ça doit être vrai :-)
    Plus sérieusement, je partage tout à fait ton point de vue à la Sarah Bernhard. Même si ça fait souffrir, c’est aussi dans ces tristes moments qu’on se sent pleinement en vie! Soooo Drama Queen, but queen anyway !

  10. Il est toujours très difficile de définir ou comprendre ce moment où l’on tombe amoureux.

    Le facteur n°1 relève surtout de l’inattendu. On rencontre quelqu’un, on se sent ultra bien avec cette personne alors que l’on pourrait croire que tout allait si bien dans sa petite vie (comme déjà casé depuis longtemps par exemple). Du coup, on se retrouve complètement désemparé, on se pose un bon tonneau de questions existentielles, on en parle à ses meilleures amies lors du sacro-saint brunch dominical.. Bref, on est amoureux, ça y est..! Ca nous est tombé sur le coin de la tronche, d’un côté, on est satisfait de pouvoir se dire « Wouah..! Je ne contrôle plus rien, c’est tellement grisant..!! » ; de l’autre, on « flippe grave sa race » (pour parler jeune) justement parce que l’on ne peut pas contrôler.

    D’où le facteur n°2 : on sait pertinemment que la dernière fois, le coeur s’était emballé parce que plus rien n’était contrôlé et la fin de cette relation amoureuse a fait 300x plus mal que prévu. Résultat – ou réaction certainement stupide : on ne veut plus exprimer clairement le fait que l’on soit amoureux, ou du moins, on y va parcimonieusement, en essayant de freiner un tant soit peu le schmilblick.
    Ce qui provoque parfois des petits problèmes de communication, et peut faire redoubler la méfiance (pas nécessairement justifiée) vis-à-vis de celui qui provoque tout ça. On essaye de rationaliser un maximum toute une alchimie qui nous échappe totalement.

    Dès lors, admettre que l’on ne tombe pas amoureux relève de la facilité. Une façon comme une autre de se dire que l’on est maître des choses. Je suis d’acord avec toi Matoo : Tombons amoureux b*rdel!!
    Ca rend humble tout en mettant ce qui nous fait office de cerveau à l’envers.

  11. Je pense que l’amour, c’est rare. Cela arrive, je sais pas, une dizaine de fois maxi dans une vie (et encore). Pour être amoureux, il faut aussi être prêt à se soumettre à son sentiment, ce qui n’est pas du tout valorisé aujorud’hui (il faut tout contrôler tout le temps).

    Il faut être passif face à la passion :)

  12. Hmmm, autour de moi, ce n’est pas vraiment le discours que j’entends… Mais bon, on est au Canada et mes amis sont majoritairement hétéros. Quant à moi, ça m’a pris 33 ans (l’âge du Christ) pour tomber amoureux, et je n’y croyais pas. Mais quand je vois ma vie aujourd’hui, je ne regrette vraiment pas ! Car si le bonheur existe, il est chez moi… Je souhaite à tout le monde ma vie de couple…

  13. Je me demande, cher Matoo, et sans vouloir t’insulter, si tu n’es pas atteint par le syndrome TF1-M6-Delarue qui se traduit en langage clair par « Ah ! Les jeunes de maintenant » et « L’amour, c’est plus ce que c’était ». Plus sûrement et plus sérieusement, en dehors du fait que l’expression du désespoir n’est plus reservée aux stars romantiques, un facteur certain dans ta perception et ton écoute des autres sont liées à un phénomène naturel : tu vieillis. Ce qui pouvaient retenir ton attention il y a une dizaine d’années a pu devenir secondaire et ce qui te paraissait insignifiant retient désormais ton attention. Comme tu le dis dans ton billet, ton expérience amoureuse forge ton caractère et ta perception des choses.
    Cependant, je ne pense pas que tu sois le seul en cause. Si je ne crois pas à l’évolution des sentiments au cours de quelques dizaines d’années, je crois par contre que la disparition progressive d’un discours de standard social (celui du mariage hétéro, principalement) met chaque individu face à ses propres sentiments et chacun doit s’y construire son propre univers, ce qui peut-être déroutant quand on quitte l’adolescence et en même temps le giron familiale. D’où un sentiment de solitude et d’incompréhension face à de multiples repères au lieu d’un seul. Ce n’est, à mon avis, par pire qu’avant, bien au contraire. Ca laisse plus de choix en terme de vie amoureuse.
    J’espère avoir été un minimum clair.

  14. slt a tous

    Oh que oui on tuer l’amour car c’est devenue amour par interet les gens se savent plus se que c’est d’avoir de vrai sentiment de donner quelque chose une partit de soi meme on est trop individualiste de nos jours pour comprendre ce qu’est vraiment l’amour pourtant c’est la plus belle chose de donner ce sentiment profond à quelqu’un
    l’amour s’entretien en fil du temps on le cultive on le cherie avec la personne qu’on aime c’est une compliciter une symbiose une reve une douceure de se lever tout les jours à coter de celui qu’on aime meme dans les difficulter on est la sans flechire

    c’est vrai que dans un couple il y en un qui aime plus que l autre mais c’est au fil du temps que les liens se ressere

    je suis tomber 3 fois amoureux dans ma vie la 3eme personne que je suis tomber amoureux et trop loin pourtant il a tout pour plaire ça personnaliter qui m’attire le plus il est intelligent cultiver sensible charmant il est dans le 11eme mais je fais aucune illusion c’est un cadre et moi un ouvrier ça fais mal d’aimer quand c’est utopique
    Ps:dsl pour les fautes d’orthographe et vocabulaire

  15. Je dirais juste que les jeunes actuels sont issus de la génération Zapping… Avec des stars jetables, des disques jetables, des films jetables, des acteurs jetables. On zappe, on ne s’accroche sur rien, les gouts changent… Pourquoi faire l’effort de se caser quand la rue regorge de beaux mâles prêts à écarter les jambes ? Génération du zapping, voila la cause !

  16. Bon, il est temps de remettre les choses en ordre ici ! :-(

    Ceci est le commentaire d’un trentenaire qui n’a connu que des déboires sentimentaux !

    D’abord, il faut savoir de quoi l’on parle. Matoo, es-tu certain de ne pas confondre, dans certains cas, le fait de tomber amoureux avec le fait de ressentir un coup de coeur ? Diantre ! ce n’est pas du tout la même chose !

    Etre emballé par un beau visage que l’on croise, c’est un coup de coeur superficiel, pas un énamourement en profondeur. Faites votre introspection, messieurs-dames, et vous découvrirez qu’en réalité vous n’êtes réellement tombés amoureux/amoureuses que peu de fois, tandis que vous avez probablement eu des dizaines voire des centaines de coups de coeur !

    Les petits jeunes qui vous disent n’être jamais tombés amoureux sont probablement plus lucides que vous. Ils ont certainement ressentis des coups de coeur, mais savent très bien où ils mènent et en ce sens, ils les discernent d’un amour vrai et réciproque.

    J’ai fait le constat sur ma propre et insignifiante personne : j’ai moi-même tendance à vouloir sublimer un coup de coeur en choc amoureux, ça lui donne une espèce de valeur ajoutée, une importance relative. Pour autant, les sentiments existent-ils ? Une fois de plus, toujours une fois de trop, je viens d’en faire l’amère expérience. Sans réciprocité on ne peut tomber réellement amoureux, car l’élan vital que l’on ressent ou que l’on croit ressentir se heurte sur les rochers de l’indifférence qui le brisent net.

    (j’ouvre une parenthèse pour dire que je vais encore une fois passer une saint Valentin de merde, et dire que le lendemain c’est mon anniversaire ! :mur::pleure:)

    Alors oui, c’est peut-être à désespérer de l’amour. Mais ce qui est surtout désespérant, c’est de croiser des êtres coincés du coeur qui ont une peur panique de donner libre cours à leurs sentiments.

    A la longue, accumuler des échecs cause plus qu’une simple lassitude, un coeur brisé dont on a recollé les morceaux est comme un vase : dès lors qu’il fût cassé une fois, il est fragile, et plus il se brise souvent, plus les morceaux sont sombreux et plus il devient difficile de les recoller. Il faut avoir la foi du charbonnier ou être un tantinet masochiste pour y croire encore et vouloir donner une dernière chance à l’amour.

    Pour tous ceux qui veulent creuser le sujet, je ne peux que recommander deux excellents livres de Francesco Alberoni :
    « JE T’AIME » et « LE CHOC AMOUREUX ».
    Deux lectures très éclairantes ! :book:
    Available dans la collection de poche…

    Lisez les, et après nous en reparlerons !

  17. Huhuhu. Hey les mecs/filles ! Evidemment je n’ai pas fait des études statistiques sur le sujet, et cette impression n’est qu’une impression avec toute ma subjectivité. Elle est liée à des conversations, à des rencontres inopinées… Je n’en tire aucune conclusion qui ait une quelconque valeur sociologique. :-) Je trouve juste que l’amour c’est cool. :love:

  18. Ouais, c’est ça, c’est cool… :roll:

    C’est même tendance, tant qu’on y est. Yeah, love is trendy, babe ! :afro:

    C’est vraiment trop cool de se prendre des rateaux et de pleurer toutes les larmes de son corps, c’est hip de se faire ramasser à la petite cuiller parce qu’un sale con a joué avec tes sentiments, c’est top de se demander comment tu vas survivre à deux putains de journée de merde au milieu du mois car t’es tellement down que t’as envie de te jeter du haut d’un pont ! :hum::mur:

    Faut arrêter de lire des contes de fées !

  19. A quoi ça sert que la Brigitte aille jouer la folle à la télé si vous n’écoutez pas ce qu’elle dit. C’est pourtant simple : « l’amour, l’amour, l’amour / toujours ce vieux discours / soit humain soit divin / idem, le baratin etc… »

  20. bon ben tout ça, ça ne me dit pas ce que je dois faire avec ce beau F. que j’ai rencontré vendredi et avec qui j’ai passé un week end entier… que j’ai eu du mal à laisser partir de chez moi ce lundi matin… dont j’interprète la moindre phrase pour savoir si pour lui, c’est  » rencontre sympa, bonne entente au pieu et en dehors et puis basta » ou s’il se pose les mêmes questions que moi… si je dois lui dire qu’à peine la porte fermée, il me manquait déjà… combien de temps je dois attendre pour lui dire que je crois bien que je l’aime… et pourtant je suis tout sauf une midinette mais c’est plus fort que moi : ce mec est top, il me plait, me fait rire, au lit c’est génial, même son putain de chat, il me plait… BEN VOILA, L’AMOUR C’EST GÉNIAL MAIS C’EST QUAND MÊME SUPER CHIANT, MERDE !!!!!!

  21. Bertrand, un seul conseil, rue-toi à la FNAC ou dans la librairie de ton choix et achète les bouquins d’ALBERONI, ça t’aidera à y voir plus clair. :cool:

  22. Vous souvenez-vous de cette pub qui passait à la TV dans les années 8O pour le Loto ?
    « Oui le bonheur ça n’arrive pas qu’aux autres, gagner au loto ça n’arrive pas qu’aux autres… » etc

    Eh bien, l’Amour et le Loto, c’est pareil. Rares sont ceux qui trouvent les 6 bons numéros au Loto, et rares sont ceux qui tirent le bon numéro au jeu de l’Amour.

  23. Léouiche, je ne suis pas aigri, juste réaliste. Mais si le fait de n’avoir plus aucune illusion rend aigri, peut-être le suis-je ?
    J’ai encore envie de croire en l’amour mais force m’est de constater qu’il n’y a pas grand monde pour m’en donner la possibilité.

  24. Ce qui est drôle, c’est que presque tout le monde ici écrit sur l’amour comme si c’était simplement une décision à prendre. Je me lève et je me dis: tiens! Je vais tomber amoureux! C’est décidé! C’est comme les résolutions du Nouvel An…
    Alors, les petits, tomber amoureux, ou non, ça ne se commande pas. Sinon, ce serait simple: tu prends un mec, tu signes un contrat avec lui, vous décidez tous les deux de tomber amoureux l’un de l’autre, et hop! voilà! C’est mieux que le téléshopping… :mrgreen:
    Après, bien sûr, quand on est amoureux, la question suivante c’est de savoir ce qu’on fait. Et un certain nombre prennent leurs jambes à leur cou…

  25. Il parait que c’est une histoire d’hormones et que l’amour passion ne peut pas durer plus de 3 ans ….. Mais malgre tout à 60 balais je n’y ai pas renoncé meme si me suis pris quelques gamelles mémorables : l’amour c’est la vie:Tout à fait d’acc avec toi matoo:que c’est bon d’etre amoureux …..:blah:

  26. En tout cas j’adore ton slogan: Tombez amoureux !! Ne vous laissez pas abattre ! :-)

    Chez quel blogueur que tu avais linké (à propos d’un autre message) avais-je trouvé la description de ce phénomène que je reconnais parfaitement: « je n’ai pas besoin d’être amoureux pour coucher, mais coucher me rend amoureux »? (qu’il se dénonce, je voudrais retrouver ce post!)

  27. A condition sans doute de coucher avec le corps parfait, la bite parfaite, le cul parfait… :book:
    C’est Alice au pays des Merveilles ! :pompom:

  28. Tenez, j’ai un autre slogan : « tombez du haut de la Tour Eiffel ! »
    :petard:
    ça fait mal, sans doute, mais au moins vous ne tomberez qu’une fois ! :ok:

  29. Je ne généralise pas, je prêche. ;-) Et puis évidemment qu’il existe plein de situations, et plein de gens qui aimeraient tomber amoureux, mais en effet cela ne se décide pas sur une simple volonté. Ouiouiouioui. Mais laissez-moi :love: Siouplé. :kiss:

  30. « Qu’est-ce que tomber amoureux ? C’est l’état naissant d’un mouvement collectif à deux. » (Francesco Alberoni, LE CHOC AMOUREUX, 1979) :book:

  31. « Le deuxième vers de Dante  »Amour à nul aimé ne fait grâce d’aimer » contient au contraire une vérité et une équivoque. La tentative de tomber amoureux échoue presque toujours. D’autant plus que lorsque quelqu’un tombe amoureux, très souvent ses sentiments ne sont pas partagés, ou bien ils ne le sont pas avec la même intensité et de la même façon.
    (…)
    Mais l’état naissant est, en lui-même, une exploration du possible à partir de l’impossible ; il n’est pas une vérification méticuleuse de que l’on doit et l’on peut faire. Ainsi celui qui est moins amoureux reproche-t-il à celui qui l’est davantage de vivre dans un monde irréel, où tout est jeu, fantaisie. Là où foisonne une production de symboles, de métaphores, de dons, celui qui aime moins les ressent, à cause de sa propre aridité, comme des artifices. Dans l’amour naissant mal partagé, c’est toujours celui qui aime moins qui reproche à l’autre d’être peu sensible, d’être égoïste, de vivre de rêveries ou d’être ambigu. C’est au contraire toujours celui qui aime le plus qui pose, sans cesse, à travers mille nuances, la question essentielle :  »est-ce que tu m’aimes ? » Et c’est lui qui offre des présents.
    (Francesco Alberoni, op. cit.)

  32. « Nous devenons amoureux quand nous sommes prêts à nous transformer, quand nous sommes prêts à abandonner une expériences déjà faite et usée, et que nous avons l’élan vital nécessaire pour accomplir une nouvelle exploration, pour changer de vie. Quand nous sommes prêts à exploiter une capacité que nous n’avions pas exploitée, à explorer des mondes que nous n’avions pas encore explorés, à réaliser des rêves et des désirs auxquels nous avions renoncé. Nous devenons amoureux quand nous sommes profondément insatisfaits du présent et que nous avons assez d’énergie intérieure pour entamer une nouvelle étape de notre expérience.
    Certaines personnes racontent qu’elles deviennent continuellement amoureuses, chaque mois, chaque année. C’est impossible. Elles donnent le nom d’énamourement à l’apparition soudaine d’une attirance, d’un désir érotique. Elles appellent énamourement une toquade, une de ces attirances soudaines qui sont seulement des explorations et ne se développent pas ensuite pour devenir un amour véritable. »
    (Francesco Alberoni, JE T’AIME, 1996)

  33. Je vois bien qu’on a deux prêches concurrents: ceux qui sont pour l’amour, et ceux qui sont contre l’amour. Deux prêches liés à des expériences personnelles. Il me semble que c’est le coup du verre à moitié plein/vide. Certains se souviennent des bons moments, d’autres ont trop souffert des mauvais.
    Et pourtant, je répète: difficile de prêcher, puisque de toute façon « on n’y peut rien » (désolé de citer du Goldman, c’est moins classe que Dante :petard:)
    Alors, voici mon prêche à moi: à ceux qui sont amoureux: profitez-en, et bonne chance! A ceux qui ne le sont pas: profitez de la vie quand même, elle est pleine de surprises. Si un jour vous trouvez l’amour, profitez-en vous aussi. Si cela ne vous arrive pas, vous n’en valez pas moins. Car s’il y a un espoir dans ce monde très inégalitaire de l’amour romantique, c’est que ce n’est pas la seule forme d’amour dans ce bas-monde.
    Car moi, j’aime bien quand tout le monde s’aime… :love:

  34. Quitte Paris et vient vivre en Province ! Ici tout le monde est beaucoup plus romantique et les garçons beaucoup plus enclins à tomber amoureux ! Pour notre plus grand bonheur…

  35. Heu Matt…:croa:
    Tu te poses là en « prêcheur », mais je te trouve un chouillat mal placé en matière d’amour. Moi qui connais ton passé en termes de « coups de pute » bas, voire totalement viles :berk:, ce petit plédoyer pour « sauver l’amour » te va aussi bien qu’un levi’s W29-L34 si tu vois où je veux en venir.:hum:
    Personnellement, j’ai vécu pas mal d’histoires très longues (et tu les as vécues avec moi d’ailleurs… presqu’en direct pour ainsi dire malgré des distances géographiques incroyables parfois), et d’autres très courtes, avec des mecs de tous les âges ou presque, et bien entendu ce sont les rencontres faites et vécues en plein coeur du milieu gay qui se sont les plus mal passées et qui ont eues les fins les plus atroces:pleure:… Aujourd’hui, je suis avec un garçon depuis plus de deux ans, et nous avons dans notre entourage des couples de mecs jeunes et moins jeunes qui tiennent, qui s’aiment et qui vivent les choses tranquilement. Evidemment ces gens-là ne baignent pas en permanence dans le jus du « milieu » (physique et/ou cyber), peut-on y voir une relation de cause à effet ? J’en suis quasiment certain…
    En conclusion, je pense qu’avant de te lancer publiquement dans ce « sauvetage actif de l’amour chez les jeunes gays », il faudrait peut-être élargir a little bit ton référenciel et voir en dehors du Marais/milieu comment ça se passe… Ca rendra la bafouille un peu plus crédible :langue:

    Seb

  36. :rigole: Voilà que je me fais attaqué par mes ex maintenant !!! Mais on peut avoir beaucoup d’amour et faire des coups de pute, et s’en prendre aussi par la même occasion. Oh lààà, il faudrait peut-être pas me prendre pour le Bourdieux des pédés hein ?? Oui les jeunes aiment et s’aiment, les vieux aussi… hors et en plein milieu pédé. Mais au moins vu que j’ai reçu un petit nombre de mails de gens qui me disent qu’ils se reconnaissent dans ce que je dis, je sais que je ne suis pas complètement en dehors des réalités. Pas une réalité, mais DES réalités.

  37. Ca fait plaisir de voir Alberoni cité… ;-)
    Pour le reste, ben… l’amour, c’est rare, unique, précieux… et, je crois aussi, galvaudé ici et là, même si chacun a sa propre définition.

  38. Ce qui fait peur, ce n’est pas tant l’amour mais c’est plutôt le fait que c’est un grand de jeu de hasard. On revient à cette fondamentale peur de l’inconnu avec comme conséquence la plus probable celle de souffrir à plus ou moins long terme.
    Les contes de prince charmant et de princesse bergère nous ont tellement bassiné qu’ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants, que tout le monde y a cru. Nous oublions souvent les épreuves affrontées avant de vivre le parfait (?) amour: les dragons, les sorcières, les pantoufles perdues dans l’escalier, les pommes, les marâtres et autres écheveaux empoisonnés.
    Les histoires d’amour finissent mal…en général mais il reste toutes les autres !!!
    Soyez chevaleresque, soyez peau d’anesque, combattez pour atteindre l’amour…et puis une fois que vous l’avez, combattez pour le garder !
    Ah bin vi, j’ai jamais dit que ce serait facile :mrgreen:

  39. (i) Je croyais que tu restais à la maison pour bosser tes examens, qu’est-ce que tu fous sur le blog de matoo, hein?
    (ii)Tu vas souvent combattre les dragons? Tu ferais mieux d’aller faire les courses plus souvent! :boulet:

    Ton prince charmant qui t’aime

  40. nous sommes dans l’ère du blog, du miroir, du virtuel et de l’ego… rien d’étonnant à cela. Même nos sentiments se virtualisent…

  41. Dis, Matoo, tu parles d’amour, là ? Moi, je ne lis que de la solitude… Des gens s’y reconnaissent ? bein oui, mais dans le sentiment amoureux ? dans la définition de l’Amour ? ou dans l’attente ? Tu devrais mieux lire certains bouquins (pas tant en diagonale et plus t’attarder entre les lignes), tenir compte de certains commentaires (Zanzi, tes ex., Sylikat et son copain etc…) et plus écouter sans trop t’écouter…

    F.

  42. Il y en a chez qui le ventre a un peu lâché l’entre-jambe. Il y en a chez qui l’entre-jambe a un peu lâché le ventre. Il y en a chez qui tout ne se passe plus que dans la tête. Il y en a chez qui tout fonctionne encore en communion, détruit un jour, extatique le lendemain.

  43. En réponse à la Quiche qui me trouve « aigri », et aussi histoire de prendre le contre-pied du raisonnement du gros chat :

    « Personne ne tombe amoureux s’il est, même partiellement, satisfait de ce qu’il a et de ce qu’il est. L’amour naît d’une surcharge dépressive qui se caractérise par l’impossibilité de trouver dans l’existence quotidienne quelque chose qui vaille la peine. Le  »symptôme » de la prédisposition à l’amour n’est pas le désir conscient de tomber amoureux, ni le désir intense d’enrichir l’existence ; mais le sentiment profond de ne pas exister, de n’avoir aucune valeur et la honte de ne pas en avoir. Le sentiment du néant et la honte de sa propre nullité : tels sont les signes avant-coureurs de l’état amoureux. Aussi l’état amoureux est-il plus fréquent chez les jeunes : profondément hésitant, ils ne sont pas sûrs de leur valeur et ils ont souvent hontes d’eux-mêmes. Il en est ainsi des autres âges de la vie au moment où l’on perd quelque chose de nous-mêmes, quand s’enfuit la jeunesse, quand on approche de l’âge mûr. On subit une perte irréparable, on est dévalorisé, dégradé si l’on se compare à ce que l’on a été. Ce n’est pas la nostalgie de l’amour qui nous pousse à tomber amoureux, mais le certitude de n’avoir rien à perdre en devenant ce que nous devenons ; c’est la perspective du néant devant nous. C’est alors que se développe en nous cette disposition à affronter une situation différente et à prendre des risques, cette propension à se jeter dans n’importe quelle aventure et que ceux qui sont satisfaits d’eux-mêmes ne peuvent connaître. »

    (F. ALBERONI, « Le choc amoureux », op. cit.)

  44. Moi, je trouve ça drôle, tant d’agressivité quand on parle d’amour… :petard:
    Finalement, on comprend mieux les dérives du christianisme…

  45. Une tentative de réponse : la peur de l’abandon … Or sans réel abandon, il n’est point d’amour possible, enfin je crois. Non ?
    En revanche je n’ai pas assez de recul pour savoir si « c’était mieux avant » (analyse qui se montre d’ailleurs souvent fausse, mais bon …)!

  46. Attaqué par tes EX ?????? Je suis un EX ???? :gne: Dis donc Matt, ta mémoire te joue des tours, on dirait… :mur: Ou alors tu te trompe de Seb : en l’occurence je suis celui d’Ukraine… :roll:

  47. Francesco Alberoni, disponible en Poche à prix modique sur Amazon.fr.

    Non, parce que sinon, on est partis pour se taper l’intégrale en commentaire d’ici le 14 février…

  48. Aaaaaaaaah Seb d’Ukraine !! Mouaaarf. Je croyais que c’était celui de Toulouse. Désolé. Je suis sorti avec trop de Séb. ;-) Ah mais je comprends mieux le coup de pute alors !!! :gene: On s’est juste grave emballé dans ta voiture avant ton départ en Ukraine y’a 6 ou 7 ans, c’est ça non ? :ok:

  49. Et après le 14 février, le déluge ? :cool:
    Bon ben suivez le conseil de la lorraine et faites vos courses sur Amazon. :langue:
    Petite précision utile : lisez d’abord « Le choc amoureux » pour respecter la chronologie de la pensée alberonienne. :book:
    Et rendez-vous le 15 pour :
    1) une fiche de lecture by Matoo
    2) la saint-Nawak du Matoo
    3) la saint-Nawak des Matoo boys’n'girls
    Encore du rire et des larmes (et quelques scènes déshabillées) au programme de ce film ; ça tombe bien, mercredi 15 c’est jour de sortie ciné ! :ok:

Les commentaires sont fermés.