Mais que font-ils dans la vie ?

Vendredi soir, je suis allé au cinéma avec PH. On est allé voir Elephant, qui a plus autant à l’un qu’à l’autre. Ensuite on est allé dîner au « Bistrot Coquillière » dans la rue du même nom. C’est pas cher et pas très bon, donc ça va, c’est tout à fait honnête ! Je me demande ce que Pierre Tchernia faisait là d’ailleurs !

On a de nouveau bien tchatché avec PH. Je l’aime beaucoup ce garçon, c’est vraiment un mec bien. Il ne lui manque plus que de trouver un type, comme à pas mal de gens à Paris d’ailleurs ! Arf ! Nous avons beaucoup parlé de lui et j’ai aimé sa sensibilité et sa retenue. Je suis parfois tellement sans tact ni modération moi !

On a quitté le resto vers minuit, et je me suis dirigé vers le RER pour rentrer au domicile conjugal. Sur le bord de la voie, alors que le quai de RER était blindé, comme à l’accoutumé, de racailles et autres olibrius du vendredi soir, j’ai remarqué sur ma droite un drôle de personnage. C’était un black plutôt malingre et enveloppé dans une sorte de pashmina à motifs Kenzo, les cheveux blonds, des clips dorés aux oreilles, un énorme sac à main en cuir Vuitton et des chaussures italiennes à talons. Ce n’était pas non plus vraiment un travelo, il était plutôt complètement efféminé avec une allure plutôt masculine (pas maquillé, pas de cheveux longs, pas d’ongles manucurés etc.). J’ai été vraiment surpris de voir ce mec là. Il était certainement attifée comme une bourgeoise, mais tout en ayant une dégaine de mec, et dans le RER à minuit et demi aux Halles !!!!

Enfin, on en voit couramment des gens de ce type, des marginaux ou autres OVNI des rues parisiennes, et les concernant je me demandais quel peut bien être leur job. Quand on sort dans le milieu homo, on voit toutes sortes d’épouvantails vivants et autres créatures dont on imagine parfaitement qu’il s’agit dans leur cas d’un déguisement. Et il est aussi simple d’endosser son costume et sa personnalité pour la nuit, que de les laisser au placard le matin et d’enfiler son costard cravate. Mais dans certains cas, c’est tellement prééminent qu’ils ne peuvent certainement pas le cacher la journée (mais je me trompe peut-être). En conséquence, je me demande bien ce qu’ils font pour gagner leur vie. Parfois en virée nocturne, on est amené à rencontrer des folles tordues de 50 ans ou bien des mecs cuirs et piercing en laisse, des gens dont on ignore si leur vie est l’exemple même d’une existence en dichotomie. Et dans le cas contraire, que sont-ils ? Des artistes ? Oui peut-être pour une partie… Des gens de la nuit, voire des prostitués ou bien des métiers où leur apparence ne compte pas. Mais bon, ils ne peuvent pas tous être coiffeurs dans le marais (d’autant plus que j’en connais des plus masculins et straight-acting) ou vendeur de piercing, ou bien commerciaux au bois de Boulogne ?

L’hypothèse la plus crédible est donc celle d’une vie scindée, une vie compartimentée entre le jour, sous le joug de la norme, et la nuit, dans la folie de la liberté. Je ne fustige pas cette attitude, car elle est aussi, dans une certaine mesure, notre lot à tous. Je considère complètement normal d’avoir une vie privée qui soit distincte d’une vie professionnelle, et d’ailleurs dans ce cas là, le port d’un costume ou d’un uniforme (hummm oh oui, mets ton uniforme chéri…) aide encore plus à changer d’univers, et à revêtir son autre soi. C’est malheureux, lorsque l’on en vient à rencontrer de bons pères de famille au Dépôt le samedi soir, ou à lire sur certaines annonces : « mec marié cherche soumission avec un homme mûr et viril pour pénétration sauvage et humiliation ». Enfin je dis ça, mais après tout ce n’est peut-être pas si triste que ça, il s’agit peut-être d’une forme d’équilibre de sa vie intime. Who knows ?

7 Commentaires

  1. Marrant, ça m’a fait penser à « Sex & the City », quand Carrie Bradshaw se met à pianoter sa rubrik sur son portable, en démarrant par une interrogation suscitée par ce qu’elle a vu, entendu, etc… Exactement comme Matoo qui extrapole sur sa vision sur un quai de RER… ;-)

  2. c’est bizarre cette volonté de scinder sa vie en deux. Sincérement, la schyzophrénie c’est pas naturel et je trouve çà bien si il y a des gens qui arrivent à avoir une harmonie dans leur vie plutôt qu’une dichotomie…
    Pour une fois, ton article me laisse un goût bizarre dans la bouche… c’est étonnant…..

  3. Je crois que nous sommes tous, à ce niveau schizophrènes. C’est sans doute plus fort chez les homos, puisque beaucoup d’entre nous doivent cacher ou masquer leur vie privée lorsqu’ils sont au travail.

    Mais après tout, peu de gens mêlent vie professionnelle et vie privée, peu montrent le même visage chez eux et à l’extérieur… Y compris chez les hétéros.

    Un peu comme à l’époque Victorienne (je te conseille ne passant The Diamond Age de Neal Stephenson – mais je ne sais pas s’il est traduit), nous respectons certaines conventions pour que le monde soit supportable pour tous. Et parmi ces conventions, il y a « l’uniforme mental » que nous revêtons tous en gagnant notre travail, et que nous laissons tomber en rentrant chez nous…

  4. oui mais sincérement, une remise en cause de ces codes sociaux serait vraiment intéressants.
    Je parle pas de rebellion total mais une reflexion sur le bien fondé de certains codes et traditions.
    Moi je viens au taff avec Tetu sous le bras meme quand il y a marque le guide des backrooms en france. Je rectifie quand on dit petite amie, je dis autant de connerie chez moi qu’au taff.
    Je ne vois pas ce que ces codes de conduite ont à faire si je ne heurte physiquement personne

  5. Je dirais que tu as la chance de travailler dans une entreprise remplie où être homosexuel n’est pas un hadicap.

    De mon côté, les blagues sur les PD sont courantes, l’ambiance est vaguement homophobe (une revue interne a subi l’interdiction de parler de la gay pride locale), et les préjugés nombreux.

    ça ne m’empêche pas de mener ma vie à l’extérieur, de participer aux manifestations gay si j’en ai envie, de me mettre en colère lorsque l’actualité va contre les homosexuels, et de prendre la main de mon mec (quand j’en ai un) dans la rue.

    Mais ça ne m’encourage pas à venir au boulot avec Têtu sous le bras.

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