Matrix Revolutions

Le premier opus restera dans l’histoire du cinéma fantastique et SF comme un grand souffle épique et une belle innovation dans le domaine de la narration et pour ses inspirations orientales. Le second se raccrochait au wagon comme il pouvait, mais finalement j’avais été assez conquis par le monde que l’on nous faisait découvrir, le monde « réel ». Puis j’avais beaucoup aimé l’analogie avec Tron concernant l’anthropomorphisme à outrance des entrailles de la matrice, et surtout j’avais été surpris et réjoui par le piratage de l’Agent Smith d’une personne de Zion… C’était une fin du deuxième épisode qui donnait les clefs de la problématique. Néo est bien l’élu mais un peu comme Paul Atréides, il n’est pas sûr d’être le Kwisatz Haderach, il est en proie au doute, et passe tout le film a se mettre à l’épreuve et à tenter de trouver son destin. Le film nous ouvrait aussi sur l’oracle, et on apprenait qu’elle était une partie intégrante de la matrice, un de ses composants mais dissident. Enfin, l’agent Smith a un pouvoir grandissant, comme le MCP de Tron, il hacke tous les programmes de la matrice et est un danger potentiel pour les hommes comme pour les machines.

Le troisième et dernier épisode est plus conventionnel, moins verbeux (mais encore trop) et plus conforme à Hollywood. Tout est expliqué de manière didactique et sans vraiment laisser le flou artistique. J’ai bien aimé cette conclusion car elle a le mérite de donner une explication complète, et met en place un système philosophique et une mythologie achevés. Aussi on apprend ce qu’est Néo, l’agent Smith, l’Oracle et le pourquoi du comment de la matrice. Et c’est avec beaucoup moins d’ambages que dans Matrix Reloaded, que l’on dénoue les intrigues des précédents films. La mise en scène est relativement identique et efficace, toujours de beaux combats, de beaux effets spéciaux, et un retour au premier concernant le côté « film d’action ». Mais bon, rien de particulier en fait… J’ai donc passé un bon moment, c’est sans conteste un divertissement de bonne qualité, mais rien de transcendant non plus. Et malgré tout, les dialogues tiennent de moins en moins la route… Oh là là, Morphéus… trop grave.

Sinon le voyage est plaisant, les images sont parfois d’une incroyable beauté et d’un sens artistique éprouvé (le monde des machines notamment). Néo finit par trouver son destin, il accomplit la prophétie, et arrive à déjouer les plans de Smith l’antéchrist. C’est encore les rôles des programmes que j’ai préféré, j’adore l’Oracle, le Mérovingien et les autres virus qui habitent la matrice sous forme de protagonistes. Leur jeu dans le film est très habile et au bout d’un moment, on arrive vraiment à imaginer le monde virtuel comme une simulation de la réalité et plus du tout comme notre monde réel. En conséquence, la matrice est rendue plus crédible, mais du coup l’effet assez bluffant du premier (où on finissait par se dire… merde mais c’est donc nous qui sommes dans la matrice !!?) est complètement effacé.

En conclusion, c’est un film assez sympa et qui termine sereinement la trilogie, mais sans vraiment nous faire rêver. J’ai passé un moment agréable, avec de bons effets et un scénario qui tient la route. Néanmoins, il y avait un potentiel bien supérieur à ce qui a été produit en définitive. Je crois que la seule manière de sortir encore des films qui sortent de l’ordinaire, c’est encore de réussir à réaliser des premières oeuvres originales et avec un budget limité. Matrix restera tout de même un jalon important dans son style visuel, mais aussi dans son scénario digne de la meilleure SF.

Matrix Revolutions

12 Commentaires

  1. J’étais resté baba devant le premier, consterné devant le second. En fait, je crois que je n’ai rien compris au second opus. Trop bavard et trop de scènes vues et revues. Dommage, du coup, pas envie de voir le troisième et c’est comme finir par abandonner un bouquin, ça laisse le sentiment d’un échec.

  2. Comme tu as pu le voir, je suis dans les grandes lignes d’accord avec toi – mais moins excité par le second opus, que je considère malgré tout comme un échec. Je suis en tous cas toujours impressionné par tes critiques.

  3. bien le matoo, tu m’as donné envie d’aller voir le 3ième. Séduit par le premier, le second opus m’avait laissé l’arrière goût d’un Besson dans tout ce qu’il sait faire d’insipide en matière d’immaturité bétifiante. Un seul bémol, ton commentaire sur les dialogues de Morphéus : on n’est plus très loin du délire mystique d’un malade schyzoprène…

  4. Phil> Bin ouai c’est bien ce que je dis pour Morphéus !! Il est trop grave ! lol

    « What is the prophecy is true ? » PTDR !

    « What if tomorrow this war could be over? Isn’t that worth fighting for? Isn’t that worth dying for? »

    AAAAAAAAAAAH AHAHAHAHA !!!

    Morphéus = :petard:

  5. Ce qui m’a surtout déçu c’est que les concepts apportés étaient novateurs dans un film de ce type mais qu’ils ont été sous utilisés (sauf peut-être dans le1er avec un joli côté Alice au Pays des Merveilles inversé). Le pire étant qu’on a donné la prime à l’image plus jolie tu meurs alors qu’avec les mêmes moyens on se serait attendu à un développement peut-être plus « philosophique » sur ce qu’est l’humain, ce qui rend humain, etc.
    Bref,un film à fort potentiel Dickien non réalisé ;-p
    (désolé si je ne suis pas clair dans mes mots, car je ne suis pas clair non plus dans ma tête)

  6. Non, non et non, Matrix Reloaded n’est pas une merde! Je vais surement me faire lyncher mais c’est pas parce qu’ils nous ont pas pondu une copie conforme du premier volet (et heureusement, ce dernier se suffit a lui-meme) que c’en est rate. Au contraire et je pousserai la folie jusqu’a dire qu’il se bonifie meme au fil des visions!

  7. salut
    je voulais juste dire que Matrix reloaded m’a beaucoup plus, je pense que ce qui sont deçut ne sont pas les vrai « fan » car reloaded et tout aussi novateur que le premier, certain ont du etre surpris par l’apparition de nombreux personnage de zion, mais tout ce qui a été sous-entendu dans le 1 a été montré dans reloaded. pour ce qui pense que le premier été plus philosophique c faux les 2 le sont autant c’est juste que le premier a tellement impressioné par son originalité « on avait jamais vu ça » que finalement on c un peu habitué a ce nouveau monde.

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