De bons présages

Je n’avais jamais lu de Neil Gaiman, et pourtant j’en avais pas mal entendu de bien par Fabien, Vincent ou PH. Fabien et PH m’ont conseillé ce bouquin là au jour de l’an, et donc je l’ai lu ces derniers jours avec beaucoup de curiosité et de plaisir. Le livre est cosigné par le célébrissime Terry Pratchett, on peut lire ici un article web très intéressant sur leur collaboration.

Le fond de l’histoire du roman est sur un thème archirevisité puisqu’il s’agit de la fin du monde, de l’apocalypse. Et dans la forme, j’ai tout de suite pensé au film déjanté et blasphémateurs : Dogma, ainsi qu’à ce bouquin irrévérencieux qui m’a tant plu : « En direct du Golgotha » de Gore Vidal. Le film Dogma surtout pour la représentation moderne et plutôt comique des anges et autres créatures célestes (telle la voix de Dieu : le Métatron, les Azraël, Belzébuth et autres bondieuseries), et le livre de Gore Vidal pour l’interprétation biblique et le point de vue « politique » des combats ésotériques, métaphysiques et théologiques. Le bien, le mal… tout ça, tout ça.

L’intrigue repose sur un drôle de malentendu, en effet, un démon très étrangement acclimaté, voire attaché, à la Terre et à ses us, Rampa, récupère un nourrisson qui n’est autre que l’antéchrist. Il le confie à des bonnes soeurs satanistes pas très malignes qui ont pour mission de l’échanger avec un nouveau-né. Ces oxymorons vivants se plantent, et onze ans plus tard, voilà que l’antéchrist n’est pas du tout dans la bonne famille, mais plutôt laissé à lui-même dans une ville anglaise moyenne, avec des parents aussi moyens et il se prénomme ironiquement : Adam.

Mais l’apocalypse est en marche onze ans plus tard, et tout un tas de personnages sont impliqués dans ce fatras. Il y a évidemment Rampa, le démon, mais aussi son comparse de toujours : l’ange Aziraphale. Les deux sont finalement devenus presque des potes, et surtout ils ne sont pas du tout d’accord avec cette histoire de fin du monde, car ils aiment bien les hommes et surtout ils sont très attaché à leur petit confort terrestre. Et puis un vieil inquisiteur taré, une cartomancienne diva, une descendante d’une sorcière moyenâgeuse qui avait prophétisé avec beaucoup de métaphore, les quatre Cavaliers de l’Apocalypse avec Pollution à la place de Peste (il a rendu son tablier le pauvre… évolution oblige !) etc. Et puis, il y a le petit Adam qui réalise peu à peu l’étendue de ses pouvoirs, et dont le comportement va infléchir le cours des événements.

Cela donne un roman qui foisonne, qui explose, qui trépigne et qui bourdonne avec des personnages et des situations extrêmement drôles et sagaces. En outre, c’est plutôt bien écrit et dans un style qui a du piment. Evidemment, moi un bouquin avec un ange qui s’est un peu diabolisé, et un démon qui a de bons côtés, ça ne peut que me plaire. Mon côté anticlérical s’en est trouvé bien conforté, même si la diatribe est bien moins forte et percutante que celle de Gore Vidal.

Le fantastique est un genre que je trouve particulièrement périlleux, et j’ai trouvé que les deux auteurs s’en étaient vraiment bien sortis à mon goût. En effet, alors que je suis féru de SF, souvent le fantastique me parait un peu trop « enfantin » ou « onirique » et je n’accroche pas particulièrement aux récits de sorcières et d’elfes (je n’aime pas Tolkien par exemple). Mais dans le genre, j’aime beaucoup Poppy Z. Brite (son blog) qui écrit incroyablement bien tout en faisant du gore fantastique complètement dérangé.

Neil Gaiman et Terry Pratchett - De bons présages

12 Commentaires

  1. ah ben content qu’il t’ait plu ! J’aime aussi beaucoup ce livre : l’humour déjanté de Pratchett plus le côté démoniaque de Gaiman, ça donne un résultat excellent !

  2. Bah, j’aime pas la façon dont ça se termine, mais j’ai bien aimé le livre quand même. (J’aimerais bien lire du Pratchett pour comparer, mais c’est tout des collections dont le premier volume n’est plus disponible.)

  3. J’aime Présages! Gaiman et Pratchett sont deux de mes auteurs préférés.

    Matoo, je suis très désolé que j’aie ne pu pas vous rencontrer à Paris. Mais voici une photographie que j’ai prise pendant mon anniversaire, et j’ai pensé à vous.

  4. Je n’ai pas lu l’ouvrage mais si le nom original est Crowley et qu’il a été traduit en Rampa, j’y vois, perso, un double jeu de mots truculents.

    Crowley, c’est un jeu de mot sur « to crawl » (ramper) et Aleister Crowley, magicien du début du 20ème siècle qui était plus que contreversé – sorte de « magicien noir » adepte de magie sexuelle. Bref, bref, je passe les détails.

    Or, en français, Rampa, c’est bien sûr « ramper » mais Lobsang Rampa est aussi un personnage « ésotérique » connu qui, lui aussi, est très contreversé (vous savez : c’est un mec qui se disait être un Maître hindoui réincarné alors que c’était un plombier londonien et il a écrit des trucs qui se sont vendus comme des petits pains, comme « Le Troisième Oeil » et des machins comme ça).

    Alors je ne sais pas si c’est ce qu’a voulu faire le traducteur mais, franchement, je ne comprends pas – s’ils ont bien traduit Crowley en Rampa, l’original est bien mieux ! :doute:

    En tout cas, je note la référence. Merci, mon Matoo ! :book:

  5. Beaucoup de noms ésotériques mais hélas rien de biblique (mais bon, si ça amuse seulement…) . Faudrait pas tout assaisonner dans la même salade, quand même ! Pour une apocalyptique de base, je te conseille les oeuvres de m. Prigent de l’université de Strasbourg, histoire de diluer les envies de vinaigrettes pour que la laitue passe mieux. Rien de méchant, Sweet Cat. Ce sont les Temps qui ne rigolent pas trop.

  6. Je ne savais pas que Crowley était un jeu de mots sur un personnage connu, et si Rampa est aussi un jeu de mots sur un personnage connu je suppose que je retire ma critique :)

    Je continue à penser que Rampa n’est pas un bon choix, parce que ça ne sonne vrai ni comme nom français ni comme nom anglais (et comment il s’appelle, dans le premier chapitre ? Rampant ?), mais si c’est un choix archidocumenté ça se respecte :)

  7. Heu … t’as pas déjà posté un message sur ce bouquin ? JE me souviesn me l’avoir noté dans un petit fichier à part, dans ma liste de bouquins à emprunter / acheter. J’avais mis :

    « Good Omens – Neil Gaiman & Terry Pratchet (truc de ouf avec un antéchrist, une fin du monde le samedi juste après le thé etc) »

    Mais impossible de le retrouver dans le blog.

    Je vais devenir dingue ! AAAAAAAAAH AAAAHA AAHAHAHAHAHAHAHAH fhjklfhjkshdfkhdfjkhdskl

  8. ce bouquin est une perle, l’humour y est gras mais retenu *impossible dites-vous, ah mais avec ces deux auteurs tout est possible !!
    enfin, avec un « Adam » pareil, ça promet..;et les cavaliers de l’apocalypse reconvertis, warfff:-)
    enfin, vive les perles de ce genre, ça change les idées !

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