Le secret des Enfants-Rouges

C’est marrant j’ai commencé la série alors que je bloguais déjà, et voilà donc que se présente un quatrième post pour évoquer le quatrième opus des aventures de Victor Legris par Claude Izner (le 1er, le 2e et le 3e).

Le côté positif c’est que ça va vraiment en s’améliorant. L’action est soutenue, les intrigues palpitantes et les personnages toujours aussi attachants. On vit depuis l’Exposition Universelle de 1889 avec le libraire Victor Legris, son partenaire et père adoptif japonais Kenji, leur commis Joseph, l’amante de Victor Tasha qui est aussi peintre impressionniste etc. Le quatrième bouquin se passe en 1892, et comme d’habitude les auteurs (ce sont deux frangines) instillent avec autant de finesse, de talent et d’érudition des kyrielles de petits détails historiques. Cela va du fait d’actualité aux précisions géographiques du Paris de l’époque, en passant par une étude des moeurs, des factions politiques, des genres littéraires et artistiques etc.

Le roman entier tourne autour de la quête d’un curieux objet, une sorte brûle-encens en forme de calice fait d’un crâne de petit singe avec quelques pierreries sans valeurs, et qui vient d’Indonésie. Ce calice appartient à Kenji, et ce dernier se le fait dérober tandis que plusieurs crimes sans relation apparente ont lieu en Angleterre et à Paris. Il n’en faut pas plus pour Victor Legris qui se précipite sur l’enquête alors qu’un premier rapprochement logique le lance sur une piste.

Alors on passe de quartier en quartier, et l’objet de mains en mains. C’est l’occasion pour les auteurs d’évoquer le Paris misérable du 11e arrondissement, et ce marché des Enfants-Rouges (apparemment vers la rue de Bretagne dans le 3ème), ainsi que tous les métiers qui gravitent autour de la récupération, recyclage et revente de vieux objets ou détritus. Ils choisissent aussi souvent de parler d’événements qui ont une résonance particulière avec des situations plus contemporaine. Or l’époque de 1892 est marquée par les attentats anarchistes de Ravachol dont les retentissements sociaux et politiques sont largement relatés.

L’intrigue est donc bien et rondement menée par une plume toujours aussi alerte et intelligente, mais on y retrouve aussi malheureusement les mêmes travers. En effet, dans les quatre bouquins on sent bien que les auteurs ne savent pas bien finir leurs histoires. Soit ça se termine en eau de boudin (dans le premier, on découvrait le fin mot dans un article de presse) ou alors la conclusion est complètement disproportionnée par rapport aux événements, ou bien là on a encore une conversation finale qui éclaire toute l’histoire et on se dit un peu : « so what ? ». Mais là encore, je vois une nette amélioration pour la conclusion, et un peu moins cette sensation de bouclage intempestif.

En conclusion, j’ai hâte de lire le prochain épisode et de retrouver ces personnages auxquels je me suis bien attaché, et surtout ce Paris qui est assez lointain pour être exotique et désuet à souhait mais assez proche pour que je puisse visualiser tous les endroits que les écrivains évoquent.

Claude Izner - Le secret des Enfants-Rouges

11 Commentaires

  1. Le marché des enfants rouges est un des plus vieux marché couverts de Paris, si ce n’est le plus vieux (et il ets bien au sud de République dans le 3è) Je pense qu’il y a même un marché bio maintenant.
    J’adore aussi les bouquins qui font vivre l’atmosphère de Paris que ce soit au Moyen Age ou au 19è.

  2. Pour ma part je m’étais arrêté au deuxième, satisfait, mais pas emballé. Bon, à cause des spoilers j’ai lu que le début et la fin de ton post, mais si tu dis que ça va en s’améliorant, je vais continuer (t’as vu un peu l’influence intellectuelle, que dis-je, l’ascendant que tu prends sur ma vie littéraire :langue: …)

  3. LOLE EN FAITE SAI KOM LES AZO KD ILS VOLE O 2SU LA TETE DS LAI MANGAS!!!!!!!!!!!!!!!!!! LOLE
    EN TOU KA MOA JM B1!
    :croa:

    (Je me suis permis d’éditer celui-ci… un croa ça suffit – Matoo)

  4. je sais qu’on en est loin, mais depuis la dernière fois j’arrête pas de penser à toi quand je vais faire pipi…et ça commence à être si génant que même tout seul, je me retrouve coincé…!
    Je crois que ça passera…
    A bientôt

  5. Moi aussi, j’ai particulièrement aimé ce 4e opus des soeurs « Izner », mais je ne saurai dire si l’intrigue est mieux ficelée que dans les précédents (à mon humble avis la fin de la disparue du Père Lachaise n’était pas plus mauvaise…). Ceci dit, si je me plonge à chaque fois avec plaisir dans les aventures de Victor Legris et du truculent Jojo, c’est tout d’abord pour les personnages, assez attachants, pour suivre leur évolution, savoir où ils en sont, un peu comme lorsqu’on rend visite à des parents éloignés que l’on aime bien ; ensuite c’est pour la découverte de ce Paris : à la fois si semblable à celui d’aujourd’hui (ces rues, ces places ces quartiers que l’on revoie) et si différents (la campagne si proche…) ; enfin, pour l’ambiance et le climat de la fin du XIXe, et je trouve que dans ce 4e ouvrage cet élément est particulièrement bien soigné et intégré à l’intrigue elle-même (que ce soit les attentats anarchistes qui terrorisent Paris, ou la peur, l’inquiétude suscitée par les nouvelles découvertes scientifiques qui bouleversent nombre d’idées reçues). Pour résumer, je suis d’accord avec Matoo :-). Si les fins sont un peu décevantes, elles nous rappellent aussi que Victor et Joseph sont des amateurs, certes éclairés, mais pas des héros infaillibles…:blah:

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