Proud to be me

Je prends un peu de temps pour revenir sur ce week-end avant de complètement tout oublier ! Donc week-end de GAY PRIDE !! Bah désolé, mais je n’arrive vraiment pas à dire la marche des fiertés, ou à la LGBT Pride. Il parait même que pour tout englober, cela devrait devenir la LGBTQ (Q pour Queer !). Bref, j’ai dit que j’y allais, donc j’y suis allé. ;-)

On était un bon petit groupe, et j’ai encore croisé pas mal de personnes… des ex, des potes, des connaissances, des accointances, des connus de vue (merci dialh, rezog, GA…). Mais avant tout, avec Marie, Lisa, Séb, Xavier, PH, Jeff, Olivier, Nicolas, nous avons suivi le défilé et avons bien remué nos popotins en rythme, et beaucoup ri. Il faut dire que la Gay Pride est l’endroit unique, et une fois dans l’année, où l’on voit des homos de tous les genres, tous les styles, toutes les obédiences, et qu’on n’a jamais vu ailleurs (alors qu’on pense le milieu gay si petit). Donc avec Séb en particulier, nous avons taillé des costards comme de bonnes vieilles maquerelles à tous les passants. Arf arf. Et il y avait de jolis énergumènes à plumes ou à poils, mais aussi plein de jeunes hommes bien comme il faut, et pas mal pas bien comme il faut, mais bien quand même. :-)

***DIGRESSION***

Et j’entends encore les mêmes controverses et les mêmes histoires sur la nécessité ou pas de faire la marche, sur la visibilité, sur c’te putain de bonne image, sur d’autres sujets même qui remettent sur le devant de la scène des propos que je pensais pourtant dans les limbes. Eh bien non, je lis des gens qui pensent que les pédés sont des gens à fort pouvoir d’achat, qui font la teuf tous les jours, qui ont un quartier super chouette rien qu’à eux (ouéééé génial le ghetto !!!) etc.

Alors je voudrais simplement dire qu’aujourd’hui, on me traite encore de pédé dans la rue (et sans mon ticheurte d’hier). Simplement parce que je n’arrive pas à le cacher, mais oui c’est écrit sur ma tronche et dans mes gestes, et dans mes intonations, je suis pédé. Et vous voyez ce que j’ose dire moi-même ? « je n’arrive pas à le cacher ». Oh putain, je l’avoue en plus. J’ai essayé de cacher, gommer, effacer, enfouir pendant des années les stigmates de cette orientation sexuelle différente de la majorité. J’avoue que maintenant, à presque trente balais, je m’en branle totalement la nouille. Mais j’essaie de bouger de moins possible lorsque je prends le métro ou le RER dans des coins craignos (comme simplement d’où je viens et où je suis né, Cergy), car si des cailleras me repèrent, je sais que je peux me faire agresser. Et puis, quand je suis au travail aussi, je me tiens, je fais attention à comment je m’exprime pour que ça ne se voit pas, sinon ça pourrait chauffer pour mon matricule. De toute façon, si cela se voyait, je n’aurais certainement pas été embauché, pas le genre de la maison. Avec mon copain, on ne se donne pas la main dans la rue, même si on en a envie, non, non. C’est trop dangereux selon les quartiers. Il n’y a que dans le ghetto qu’on peut le faire, où l’on est relativement à l’abri des quolibets selon les jours. On ne s’embrasse pas non plus, on ne s’enlace pas non plus. Bah non, trop dangereux. On se ferait frapper par des racailles, insulter, voire vilipender par d’autres si on faisait cela devant des enfants. Bah oui, les pauvres, ça pourrait les choquer les enfants de voir deux hommes se manifester de l’affection. Un enfant, ça le perturberait carrément de voir deux hommes se faire un bisou, ouh là là, ça fouttrait en l’air tous ses fragiles repères de normalité. Faudrait pas qu’il devienne pédé le poupin !! D’ailleurs, les pédés ont du trop voir d’hommes s’emballer quand ils étaient petits.

Et puis pour la majorité des homos en France, c’est le placard. La famille ne supporterait pas. La honte, le déshonneur, la violence même ! Certains ont légitimement peur des réactions homophobes de leurs parents, de leurs proches, de leurs amis. Mes parents sont des gens très ouverts et adorables. Oh oui. Ma mère ne dit pas que je suis pédé, elle a encore honte de moi je pense. Honte de ce que les gens penseraient d’elle, et de l’éducation qu’elle m’a donnée certainement. Mais donc elle l’omet, elle ne parle de que des choses qui font bien à dire. Et de la copine de mon frère, mais pas de mon copain.

Il ne m’arrive pas une semaine sans avoir peur, sans ressentir la peur d’être découvert et de savoir que si tel est le cas, je risquerais alors ma peau. Littéralement, concrètement, tangiblement.

Je devrais peut-être rester dans le ghetto.

Mais non, ce n’est pas moi. Et je lutte encore contre mes propres inhibitions et mes peurs. Je n’y suis pas encore arrivé, mais je continue. Alors non, ce n’est pas la panacée d’être gay, c’est juste moi, et je suis presque fier de ce que je suis. Tous les ans, ça va mieux. Et j’ai encore envie que ça s’améliore.

*** fin de DIGRESSION***

Mon post de 2003 sur la Gay Pride reste bien valable pour moi. Et ne serait-ce que pour cela, ou pour le traitement global dans les médias, je trouve ça très bien. Sinon la marche est de plus en plus occupée par de (très) jeunes hétéros qui sont là pour faire la fête. Cela donne une impression un peu ambiguë. D’un côté, je suis content que cette génération soit si innocente et désinhibée qu’elle puisse comme cela aller à la Gay Pride et faire sciemment la teuf avec les pédés et les goudous. D’un autre côté, je pense que les homos sont un peu lassés de cette manifestation, et tout naturellement j’ai trouvé l’ambiance un peu molle et moins festive que les autres années. Mais bon, je deviens peut-être aussi un vieux con. :-) Les gens étaient manifestement au rendez-vous, et je garde en mémoire cette femme à son balcon le long du boulevard Saint-Michel avec son parapluie « rainbow » à qui nous avons fait une ovation. Elle mettait toute sa fougue et son énergie à nous saluer, à nous soutenir et elle levait le poing en signe de ralliement. Et puis tous ces couples hétéros, certains avec des mômes, ces badauds qui viennent par curiosité mais pas forcément mal placée, c’est un bon signe.

Nous sommes restés entre les chars du Pulp et du Banana qui diffusaient encore la meilleure musique pour moi ! Allez donc voir les photos thématiques de Garf pour vous confirmer la bienséance de la manifestation ! :mrgreen: Je ne vais pas rajouter mes photos, vous en avez déjà bien été abreuvés à droite et à gauche (celles du Capitaine sont vraiment très belles).

Le soir, je suis allé à la soirée des 10 ans de Têtu à l’Olympia, et j’ai été passablement déçu. Déçu par la musique surtout que je n’ai pas du tout trouvé inventive et originale, les DJs n’étaient carrément pas des pointures et ont servi une techno bien froide et chirurgicale. Dire que le prix était de 25 euros (sans conso) avec des boissons plutôt onéreuses, pas vraiment de déco, pas de show qui décoiffe, une bagnole sur la scène (so glamourous !), pfff. Par contre, un point très positif : les gens à la soirée. Vraiment une chouette population malgré un côté un peu clone (assez jolis gars, bien foutus, en polos et plutôt casual) de gens pas hautains, pas méprisants, pas trop « stars ». Donc une bonne atmosphère où l’on sentait qu’on pouvait se sourire et échanger quelques mots avec simplicité et bonne humeur.

L’année prochaine, j’irai certainement défiler avec les tordu(e)s aussi. J’aime beaucoup ce mouvement, entre naWak et vrai pavé dans la mare. En attendant, Michel parle aussi d’une autre sorte de particularité gay dont on n’est pas forcément fier, en effet…

15 Commentaires

  1. Rien que pour dire : « LGBTQIA » lesbian, gay, bisexual, transexual, QUESTIONNING, indeterminate, asexual… et je ne suis pas sûr d’être à jour :)
    Questionning : en gros unE jeune qui ne sait pas encore s’il/si elle est hétéro, bi ou homo, par exemple ; mais aussi qui se pose des questions sur son genre (d’où la confusion avec queer, j’imagine)

  2. :pleure: Moi aussi j’voulais voir le Matoo à la kermesse de samedi!!!! :pleure:
    – …
    – Ah bon, c’était pas la kermesse annuelle de la paroisse de St-Germain des Prés?
    Pourtant j’ai vu des bonnes soeurs!?
    – …
    – Qui? Les soeurs de la Perpétuelles Indulgence? Oui, c’est ça, une procession religieuse! :mrgreen: Dieu soit loué, la ferveur religieuse n’a pas été tarie par la laïcité.
    – …
    – Quoi? Apolitique et oecuménique? Ah, c’est pour ça qu’il y avait un camion avec l’étoile de David dessus. Mais l’étoile était de plusieurs couleurs, alors que normalement elle doit pas être de couleur bleue!?
    – …
    – Oui, Bête à Vérime ou quelquechose du genre… Tu sais, moi et ces israélites… Déjà que je ne comprends pas très bien pourquoi ils ne veulent pas travailler le vendredi soir mais le dimanche, alors leur écriture…
    – …
    – Quoi? Gay Pride? Sainte Marie, et moi qui y ais emmené les enfants!!!!! Même qu’ils distribuaient gentiment des ballons roses avec PINK écrit dessus…
    – …
    – Une chaîne porno!? Mais alors ces chewing-gums au goût bizarre… La première fois que je suis parvenu à faire une bulle!? AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHH!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Rigolamment,
    Dragon.Jade ;-D :boulet:

  3. ouais,moi ce qui me troue le c.. c’est que l’Espagne a legalisé le mariage gay et qu’en France, comme d’hab, on est encore à la traine. Comme dit mon mari « pour le pays des droits de l’Homme, ça la fout mal » et dire qu’on se permet de se poser en juge par rapport à d’autres, quelle bande de reacs!, ça m’etonne pas que vous subissiez du racisme au quotidien…
    Mais bon ils vont bien finir par evoluer ces cons de français.
    Remarque, si on regarde bien, les femmes en Turquie ont eu le droit de vote avant les françaises alors…

  4. « Mais donc elle l’omet, elle ne parle de que des choses qui font bien à dire. Et de la copine de mon frère, mais pas de mon copain. »
    Je vais juste me permettre un petit retour sur expérience. Mon beau-frère s’est marié. Puis a divorcé quatre mois plus tard. Dans l’année qui a suivi, avec celui qui allait devenir mon futur (son frère donc), nous avons soupçonné son homosexualité. Mais, de part nos éducations respectives nous n’avons pas osé abordé directement le sujet avec lui. Ont suivi 5 années où je faisais des allusions bien lourdes, en espérant qu’il ferait son coming out. Et puis rien. De guerre lasse, un jour je discute avec ma belle-mère et je lui demande « combien de temps encore allons nous faire semblants, j’en ai marre. Celle-ci m’a répondu qu’elle avait peur que cela nous gêne ou choque, et qu’elle ne fut pas alors son soulagement de savoir que ce qui nous énervait surtout c’était de « devoir » faire semblant. Une fois ceci résolu avec ma tendre belle-mère, nous avons appelé mon beauf avec qui nous avons parlé à baton rompu. Grand soulagement pour tout le monde. Et depis (celà fait plus de 5 ans) et depuis nous nous retrouvons plus que jamais, tous ensemble (ma belle-mère y compris) et tous copains compris pour note plus grand plaisir.
    Je regrette ce temps perdu, mais j’avoue que je me demande encore aujourd’hui à qui il revenait de faire le premier pas. Nous nous sommes toujours tous entendus et je ne pensais pas que la sexualité de chacun devait changer ça. (Oups désolée pour ce commentaire trop long, et puis il y a sûrement des fautes compte-tenu du fait que je ne peux relire une partie du commentaire)

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