MétroSolo

Mercredi soir, en rentrant de la Nouvelle Star chez mon collègue Olivier (les soirées Nouvelle Star se font aussi entre collègues !), qui demeure dans un quartier finistérien de Paris, j’ai emprunté le métro pour rentrer. Je pousse les battants de l’entrée de la bouche de métro, personne. Pas de voyageurs, pas de guichetier. Un silence de mort. Je passe. Me voilà donc sur le quai du métro « Volontaires » de la ligne 12 (c’est dire si c’est loin de chez moi !).

Et là, je réalise… personne. Ni en face, ni sur mon quai, ni un bruit de pas dans les escaliers. Bon mais je m’avance sur le quai, et je m’assieds sur un siège. Mais rapidement, le manque de bruit et d’activité, cette claustration rongeante et pesante me font me lever. Je fais les cents pas en guettant le voyageur abandonné comme moi dans cette station désertique. L’atmosphère se fait lourde, et j’ai comme l’impression que la luminosité balbutie et change d’intensité. Alors je me dis : aurais-je changé de dimension ? Vous savez comme dans la Quatrième Dimension ?

Ou alors plus simplement, est-ce que cette putain de station est fermée pour travaux ? Est-ce que je suis passé entre les mailles du filet sans m’en rendre compte ? La lumière va-t-elle s’éteindre et vais-je me retrouver pris au piège dans l’étau de la solitude métropolitaine ? Les rats courent-ils sur les quais la nuit ?

Les minutes s’égrainent comme des heures, et je désespère de plus en plus de voir un jour un train passer d’un côté ou l’autre de la voie.

Je me dis qu’il me faut une preuve ! Je ne peux pas rester comme cela, et personne ne me croira lorsque je le raconterais !! Je dégaine donc mon mobile, et je filme tout autour de moi. Je mets une distance entre cette glaçante réalité et moi. Je me sens déjà mieux. Je sais qu’en la mettant ainsi en boite, je déjoue ce funeste sort. Et en effet, en un instant, tout se remet en place. L’annonce sur le quai, le métro qui s’avance, et même si toujours personne en vue, j’entends vibrer les rails et vrombir la rame.

Ouf, je l’ai échappé belle.

28 Commentaires

  1. Le 360 ° de solitude est impressionnant.
    Ca m’est déjà arrivé dans un bus parisien (mais ce n’est pas flipant, on a juste jl’impression étrange d’habiter un taxi géant)
    et à la piscine de par chez moi (on s’entend respirer, c’est impressionnnatnt)

    dans le métro ça doit être encore plus étrange.

  2. et en plus t’as failli te faire bouffer par une espèce de hamburger géant juste derrière toi :shock: :langue:

    tu as fort bien décrit cette sensation ou le réel à quelquechose qui manque ( ici, les gens ),
    et ou soudainement on le remet en question, comme si on était tombé dans un autre univers
    ou les règles de la perception sensorielle sont modifiées ou déformées. et pof, ça revient, et on se sent bizarre après :D

    c’est un peu comme jouer à être aveugle en se bandant les yeux, quand on est petit,
    mais là c’est la perception du monde social qui était concernée. interessante expérience !

  3. j’aurais trouvé drôle que l’annonce sur le quai parle de la présence éventuelle de pickpockets dans cette station !

  4. décidément tu mènes une vie dangereuse !
    Toujours inquiétant les lieux de civilisation désertés : j’adore les photographier, que se passe-t-il quand on n’y est pas ? :eek:

  5. C’est très flippant comme impression. Dans le même genre (enfin plutôt dans le même esprit) il y a un artiste américain qui fait des très grandes photos de New York sans aucune voiture ni personnage, avec un ciel et une lumière débarassée de toute once de pollution. C’est irréel. Au début, on ne remarque pas ce qui fait que ses photos sont bizarres (elles sont très retouchées à la palette graphique) et peu à peu on réalise tout ce qui manque.

  6. Un remake de Vanilla sky ou Abre les ojos plutôt…
    J’ai déjà eu droit à cette expérience en rentrant de soirée avec le premier métro, mais avec l’alcool dans le sang aiguisant les sens. Encore plus irréel !

    En parlant de Volontaires, à chaque fois que je passe dans cette station je pense à (Fzael évidemment!) un pauv’ gars qui avait sorti en gueulant dans le métro « Celui qui est Volontaire pour sortir c’est maintenant ! » :boulet:

  7. Mon pire souvenir dans le genre, c’est une station de Bellevile, tard le soir. Soudain, un chien sort du tunnel, continue sa course sur les rails, disparaît dans le tunnel suivant.
    Puis plus rien.
    J’en rêve encore. Comment a fini ce chien?

  8. Impression étrange, en effet.
    Moi qui ai habité tout près de là pendant trois ans (mais je descendais à la station voisine ‘Vaugirard’, cela m’est arrivé une fois… Seul dans le métro, seul à en sortir… personne !
    Sur le quai, à un moment, j’ai senti comme quelqu’un. Je me suis retourné… toujours personne.
    Je suis vite sorti et rentré chez moi…
    Et ce souvenir vient parfois encore me hanter…
    :croa:

  9. Rhalala…mais Matoo c’est rien qu’un mystificateur ! En fait tous les gens présents dans la station (au moins une bonne dizaine) sont derrière lui et tournent en même temps. Le comble : il a même rameuté les gens du quai d’en face :mrgreen:

    …et tout ça pour écrire un post !!!

    …et vous êtes tous tombés d

  10. Mmmmmmh ! le moment de solitude totale, comme on les aime. Flip intégral, j’imagine (quoique, volontaires ça craint pas trop… j’imagine la même scène à Barbès), l’interminable attente perceptible. en tout cas, bon réflexe d’avoir shooté le moment :ok:

  11. « On pose un dernier regard sur sa ville,
    Les colliers de fleurs que les hommes enfilent
    Et plus loin, sur le bord du quai,
    Le secret que personne ne sait,
    C’est qu’on est né ici
    Et qu’on sait ce qu’on va laisser,
    Alors on reste assis » Avant l’exil

    « Un jour, être pauvre
    Sur un quai désert,
    Etre un bateau vide.
    Tout le monde à terre. » Un jour être pauvre.

    Les deux sont de Manset.

    Sinon, le petit toussotement, c’est le tien?

  12. Tiens, il m’est déjà arrivé d’être inquiet, comme ça, de l’absence complète d’activité dans une station de métro, mais une fois, en plus, j’entends un bruit de métro qui arrive, ça me rassure, et je découvre qu’en fait ce n’est pas un métro c’est un de ces trains d’entretien qui circulent parfois sur les rails (je ne sais pas exactement à quoi ils servent) – et j’ai trouvé ça particulièrement inquiétant. Mais je n’avais pas de quoi filmer.

  13. et voilà! juste quand la rame arrive, juste après ce grand silence dans le grand vide de la station, tu apprends que ma station est fermée pour cause de travaux! too sad

    biz

  14. C’est souvent comme ça à Buttes-Chaumont, sur la 7 bis. Et le bruit particulier du MF88, qui ne circule que sur cette ligne, n’arrange pas l’impression d’étrangeté lorsque le train entre en station. Ça fait quelques mois que je me dis qu’il faudrait rédiger un petit quelque chose sur le sujet, d’ailleurs…

  15. Je sais, je sais!

    On lâche la touche Q, le bonhomme arrête de tourner, et de la rame de métro bondit un streum. On l’éclate en deux coups avec un fusil à pompe.
    Après, on monte dans la rame, et c’est la fin du niveau.
    Fastoche. Moi, je l’ai fait en mode ‘à jeun’.

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