Irina Palm

Je ne voulais pas que ce film m’échappe, et je ne regrette vraiment pas d’avoir fini par le voir. C’est immanquablement le type de film britannique qui fait mouche sans coup férir. Ce n’est pas non plus un immense chef-d’oeuvre, mais il a déjà la grande qualité d’éviter tous les travers dans lesquels il aurait pu tomber avec tellement de facilité.

Marianne Faithfull incarne avec beaucoup de talent, Maggie, une femme mure et veuve d’une cinquantaine d’années dans la banlieue de Londres, qui sacrifie tout son argent pour que son petit-fils puisse être soigné d’une maladie rare, aux traitements couteux. Mais le gamin se meurt, et lorsque les médecins proposent de l’envoyer en Australie pour un traitement de la dernière chance, ni les parents, ni la grand-mère ne sont en mesure de payer. Maggie se rend à Londres pour essayer, sans succès, de trouver du boulot pour réussir à obtenir de l’argent.

Elle atterrit par pure innocence dans un bouge de Soho, où elle voit une affiche qui demande des « hôtesses ». Le taulier, un russe à la mine patibulaire, lui propose de masturber des hommes à travers un orifice pratiqué dans le mur. Elle refuse, malgré l’énorme somme proposée, et puis elle revient le lendemain, et se met à la tâche. Au bout de quelques temps, elle devient réputée pour sa dextérité, et elle prend pour pseudonyme « Irina Palm ».

Voilà un scénario qui ne pouvait être crédible et tenir la route que dans ce cadre, et le film extraordinairement n’est jamais vulgaire ou pornographique, mais au contraire, plutôt grave et léger à la fois. Car c’est avant tout l’histoire du sacrifice d’une femme pour son petit-fils, et sur fond de pathos social anglais bien classique. Et cette curieuse histoire d’une bonne femme qui se met à faire des branlettes, et qui vient au travail avec sa blouse comme si elle était dans sa cuisine, est fascinante et souvent cocasse. Il faut dire que Marianne Faithfull est particulièrement convaincante et touchante, sans jamais sombrer dans la mièvrerie ou la caricature.

Globalement, le film est assez étiré en longueur, car il ne se passe pas grand-chose, et les situations sont distillées avec parcimonie. Mais cela ne m’a pas trop dérangé, car on entre dans une ambiance très anglaise que j’aime beaucoup, que l’on prend du plaisir à découvrir les personnages, et que l’on se demande vraiment comment vont évoluer les intrigues. J’ai été par contre un peu lassé du thème à la guitare qui scande toutes les scènes. Au bout d’un moment, cela en devient agaçant, alors qu’habituellement ça peut devenir un leitmotiv agréable.

Le dosage savant entre les sentiments, la situation sociale et familiale, l’aspect glauque ou égrillard, produit un équilibre délicat qui donne au film une grâce infinie et beaucoup de charme. Cela reste un petit film, mais très beau et intense, une oeuvre qui donne le sourire malgré un fond réaliste un peu dur. En tout cas, c’est un vrai bon petit film indépendant.

L’avis des copines : Parapluie, Fauvette, Celui qu’il, Vincen-t, Nicolas.

Irina Palm

9 Commentaires

  1. J’ai eu super plaisir a voir ce film ! Content que tu en parles ..! Avec une amie, la bande-annonce nous semblait un peu glauque … la prostitution, une « petite vieille », l’angleterre dans un style assez underground ! Bof … Et la surprise fut de taille : plein d’humour, plein de british attitude, pas de recours aux images crues … Le bonheur ! Vraiment une très agréable surprise devant laquelle on sourit avec plaisir !

  2. Bof. Sans intérêt sinon une Marrianne Faithfull exceptionnelle, qui fait des branlettes du feu de dieu.
    En tout cas, je suis content d’avoir écrit cette corespondance post Matoo.
    J’étais sûr, en dehors du fait que je ne te connais que par l’intermédiaire de quelques mots que tu distilles par là, que tu verais et apprévierais ce film.
    Bref, rien à ajouter.
    :croa:

  3. ça fait des jours que je dois aller le voir car j’adore Marianne Faithfull et que le thème du film est tellement particulier, mais j’ai toujours trop de choses à faire et je suis si loin de tout… Ton article me donne le courage de franchir le pas.
    salut,

    Michel

  4. Fan de Marianne Faithfull – la chanteuse – et ayant adoré le premier film de Sam Garbarski, « Le Tango des Rashevski », je viens d’aller voir « Irina Palm »: entre l’actrice qui porte vraiment le film, le sordide des lieux qui n’empêche ni une histoire d’amour improbable ni la dignité extraordinaire du personnage principal, et la musique, j’ai beaucoup aimé ce film.

    Ah, et pour la musique: on aime ou on déteste son emploi récurrent, perso les quelques notes de guitare de Ghinzu m’ont beaucoup plu. Un film singulier.

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