Otto ; or, up with dead people

Oui je sais ça date un peu, mais je suis allé au Festival Gay et Lesbien comme j’en parlais dans une précédente note. Et spécialement pour ce film deBruce LaBruce qui est, vous n’en doutez pas un instant, un OVNI d’une extravagante créativité.

Hummm l’histoire… comment dire, l’histoire… C’est un mec, Otto, il est zombie, et il va en ville dans un but assez flou. Il y rencontre une réalisatrice lesbienne (en couple avec une actrice en noir et blanc, comme tirée d’un film muet des années 20 !!!) qui tourne un film sur les zombies, ou plus exactement sur cette honteuse phobie des zombies gays ! Le film est alors un mélange entre le scénario qui se tourne sous nos yeux, et une certaine « réalité ».

Bruce LaBruce parle de zombies mais il dénonce évidemment simplement l’homophobie qui règne dans la société. A la base, l’idée n’est pas mauvaise du tout… L’histoire parvient même à soulever un minimum d’attention, mais c’estBruce LaBruce , donc c’est filmé comme un pied et avec trois bouts de ficelles. Du coup, il masque cela avec beaucoup de scènes (presque) pornos gaynon-dissimulées , et quelques éclats sympathiques comme cette scène où un couple gay zombi fait l’amour. Cela se termine par une sodomie de l’un dans le ventre béant de l’autre, alors que son amant fourrage fougueusement ses entraillesdégoulinantes. Bref, vous voyez le tableau. Huhu.

Et malgré tout cela, un peu comme pour « Hustler White », il y a dans ce film tout un tas de trucs qui m’ont plu. Cette femme en noir et blanc qui dès qu’elle s’exprime (gestuellement) fait résonner un piano de film muet est un élément qui a un charme fou. Et la détresse du jeune zombie ou bien la juxtaposition originale de l’homophobie au statut de mort-vivant sont autant de traits saillants de ce film qui ne laissent pas insensibles.

Mais bon, tout cela n’est pas bien filmé, pas bien joué, c’est juste encore une de ces créations queer totalement décalée et déjantée. Eh bien, ça fait du bien de temps en temps, de voir des trucs pareils, et surtout au Grand Rex dans une salle blindée de tapioles parisiennes en goguette.

4 Commentaires

  1. Pour Bruce La Bruce (qui est au delà de la cause pédé, un fervent militant de la lutte contre le VIH), je pense que l’idée de faire un film dont le thème est l’homozombiphobie n’est pas innocente…

    C’est à la fois une métaphore sur le fait qu’une large partie du monde nous considère encore comme des sous-humains (« Gay is the new Black »…) et accessoirement, que pour beaucoup, c’est gravissime qu’un hétéro attrape le SIDA, mais qu’un gay le chope c’est encore logique. (Rappel de la population chez qui le SIDA progresse le plus rapidement ces dernières années : les femmes hétérosexuelles instruites d’une 30aine d’années…) :o/

    J’ai découvert Hustler White y a 5 ans (après en avoir entendu parler longtemps lol), c’est un monument qui sous couvert de kitscherie extrême (OH MON DIEU, cette fin totalement FOLLE !) parle sans tabou de l’amour gay sous toutes ses formes (du plus fleur bleue au plus trash…). j’ai adoré ;op

  2. Tu rattrapes bien le temps perdu!

    Matoo, do you realize that you often use the words « dècalè » and « déjanté » to describe novels + films from North America ? (I didn’t even know those two words in French until I started reading your blog ^^)

    I love your French, because I never know whether or not you’re INVENTING language,
    I just googled the expression « comme un pied et avec trois bouts de ficelles. »
    I found the FICELLES part but haven’t seen any other example combining it with UN PIED.

    Speaking of language, Congrats for your dictionary entry (« c’est pas un truc de pédé »)
    AND Huge Congrats for your new apartment !!

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Petite opération antispam à résoudre : * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

:bye: 
:good: 
:negative:  
:scratch: 
:wacko:  
:yahoo: 
B-) 
:heart: 
:rose:   
:-) 
:whistle: 
:yes: 
:cry: 
:mail:   
:-(     
:unsure:  
;-)  
 
Partages