Prometheus

Prometheus

C’est peu de dire que ce film était attendu. Autant parce que c’est un film de Ridley Scott (capable du meilleur comme du moins bon il faut avouer, malgré tout) que parce qu’on parlait de Prometheus comme un prequel d’Alien qui nous donnerait une explication sur l’origine de ces bébêtes adorables et devenues mythiques. Bon bah au final c’est une bonne grosse déception.

Ce n’est pas non plus un navet, je n’irai pas jusque là, et j’ai eu un certain plaisir à voir le film. Ne serait-ce que pour ses effets spéciaux, et la qualité globale de sa mise en scène, ou de sa photographie. Il s’agit donc vraiment d’un bel objet, une oeuvre assez rondement menée, bien blockbusterisée et taillée pour le succès populaire. En revanche, l’histoire déconne complètement… Et c’est carrément là où le bât blesse. Tout est parfait dans la forme, et part complètement en couilles sur le fond.

On retrouve grosso modo une trame qui mélange agréablement les intrigues des Aliens passés, ça c’est assez sympa et cocasse. Ce qui est moins drôle c’est que ça commence par une scène mystique qui défie l’imagination (et qui a bien fait gloser sur le net ces dernières semaines), mais qui au final apparaît bien bancale. Et ce n’est rien en comparaison de l’intrigue majeure qui reprend finalement une partie du scénario incroyablement calamiteux de… (attendez, je respire, oui je vais oser l’écrire… uniquement parce que je l’ai vu hein…) Alien VS Predator !! Sans déconner, on retrouve le truc débile du symbole commun à l’humanité, sauf que là ça met deux scientifiques (un monsieur et une madame) sur la piste de nos créateurs, des « Ingénieurs ». Et hop on se retrouve dans l’espace avec un robot humanoïde (à mon avis le personnage le plus intéressant, très bien joué par Michael Fassbender) qui veille (un peu à la HAL 9000… et il est à peu près aussi inquiétant) sur un équipage en sommeil. Ils vont à la découverte d’une planète d’où ces Ingénieurs semblent venir…

Et là, la catastrophe commence !! Pour commencer les personnages sont caricaturaux à mort, et on a l’impression que Ridley Scott est resté sur les standards des films d’action un peu teubés des années 80-90. Mais ce qui fonctionnait à l’époque marche beaucoup moins bien aujourd’hui, ici c’est carrément à mourir de rire. Et surtout crédibilité zéro du début à la fin… L’équipage ne sait même pas où il se rend, les mecs ont un look et des comportements plus qu’improbables, on sait tout de suite qui va mourir, et qui va durer un peu plus longtemps. Toute la trame est cousue de fil blanc, mais à un point complètement dingue. Et les incohérences, mein gott… Du coup le film sombre rapidement dans la pure connerie et sans vergogne on dirait. Comme si le scénario avait été rapiécé, déstructuré puis malhabilement rassemblé, tout en posant des rustines hollywoodiennes à droite et à gauche. Tout cela n’a ni queue ni tête, ils se comportent comme s’ils n’avaient aucun sens commun ou logique de base. Et c’est sans les fameux Ingénieurs qui nous ont laissé des témoignages en 3D holographiques très pratiques (pour nous hein, parce que pour eux je ne vois pas), idem pour leurs cartes et leurs super boutons poussoirs en forme d’oeuf, sans oublier les flutes à bec pour commander le vaisseau spatial. Là là là.

Vraiment l’histoire déconne totalement, mais à un point difficilement imaginable. Il faut voir un vaisseau, genre un donut habillé en Etoile Noire, qui roule sur la tranche et menace d’écraser les deux héroïnes, la méchante et la gentille. Figurez-vous que la méchante se fait écraser parce qu’elle est assez conne pour courir dans le sens de la tranche, tandis que la gentille en réchappe puisqu’elle a la bonne idée de faire deux pas chassés pour l’éviter. Mamma mia, tout est de cet acabit. Je ne vais pas m’étendre plus longtemps puisque toutes ces horreurs scénaristiques sont glorieusement explicitées, décryptées et surmoquées dans ce superbe post que j’ai adoré.

C’est d’autant plus dommage quand la forme est si chouette, que les comédiens sont très bien, et que tous les ingrédients étaient rassemblés pour faire quelque chose de potable. Il reste tout de même la scène de l’accouchement qui m’a énormément plu malgré son « énormité », ainsi que la suite avec la naissance de notre alienchouchou. Ambiance genèse à tout prix, mais ça fonctionne malgré tout assez bien. Au final, pas grand-chose à se mettre sous la dent quand on va au cinéma pour un peu plus que des belles images et quelques scènes d’action. Déception et gros foutage de gueule au demeurant donc…

Prometheus

4 Commentaires

  1. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec tout ce que vous pouvez dire dans cet article Mr Matto… Sur les enormités du genre « je cours dans les couloirs alors que je viens de subir une operation » je suis d’accord… Sur le coup du « Oh mon dieu le vaisseau roule vers nous et si je restais dans sa trajectoire » je vous suis aussi bien qu’un peu moins d’analyse du detail de fasse pas de mal de temps en temps… Mais pour le scénario je ne vous suis absolument pas. Le thème principal est quand même « l’origine de toute chose » et je trouve que le réalisateur s’en sors plutôt bien. Origine d’Alien… Origine des hommes… Origine d’une saga magnifique. Vous l’aurez compris, j’ai plus apprécier ce film que vous Mr Matoo… Mais bon chacun son point de vu. ;-)

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