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Attention Talent Scène : Fancy, MAP, Hocus Pocus et Anis

Publié le Mercredi 22 Novembre 2006 - 22:37
Catégorie: Concertage, Ecoutage, Matage

Video Girl (Je ne cache plus mes accointances avec Coxx*, mais je rassure mon dernier envoyeur d’insultes par mail, je les connaissais bien tous avant qu’ils ne bloguent sur ce merveilleux site web, et quand bien même va te faire enculer par CosmicBlue, nah !) m’avait juste dit : « Bon il faut que tu sois chez moi à 19h30, c’est une surprise ! ». Et c’est ainsi, que j’ai eu droit à une énième réminiscence de mon anniversaire… Arfff. Elle m’invitait donc à voir, avec elle et Chiara, ce concert spécial au Bataclan. « Spécial » car il s’agit des quatre groupes qui ont été repérés comme des « talents émergeants » au Printemps de Bourges, et « spécial » car comme le titre l’indique c’était Anis qui assurait l’ultime performance. Oh yeah ! ;-)

Ce concert était vraiment réussi, même si les gens sont massivement arrivés un peu plus tard (en retard avec les manifestations…), et du coup on a pu se mettre juste devant la scène, et pleinement profiter des quatre groupes. Les gens étaient vraiment très jeunes, et c’était vraiment drôle pour moi de me retrouver ainsi au milieu de d’jeuns rockeux hip-hopeux à la vingtaine balbutiante, tout enbièrés et bien motivés à s’amuser (surtout juste devant la scène). On n’a ainsi profité d’une ambiance qui est allée crescendo, mais dont le moment paroxystique fut sans aucun doute celui du passage de MAP (aka Ministère des Affaires Populaires). En tout cas, une atmosphère amicale, festive et musicale comme j’avais rarement vécu. De plus on se retrouve avec des fans des quatre groupes, et vu qu’ils avaient des styles très différents, les populations étaient tout autant bigarrées.

« Fancy » est un groupe déjanté au plus haut point. D’abord un peu surpris par la manière de chanter et de bouger du chanteur, et le look global des trois olibrius, j’ai ensuite pas mal accroché avec eux. Imaginez un peu la voix de « Christophe » de la Nouvelle Reusta avec un look trashqueer, et une attitude toute aussi délurée. Le groupe a interprété quelques uns de leurs morceaux, en anglais et globalement rockeux-trash-glam-destroy. Voilà !

Je crois qu’en une image, on a compris.

Le groupe Fancy

Et avec le son et les mouvements, ça donne ça :

Franchement jubilatoire, le public a terminé par bien adhérer avec le groupe. Et vraiment il y a quelque chose.

Ensuite, c’est « MAP (Ministère des Affaires Populaires) » qui a débarqué. Ce sont des reubeux ch’ti de Roubaix et Lille, qui font du rap/hip-hop avec un DJ, un violon et un accordéon… Ouai je sais, pas encore facile à catégoriser. Et c’est bien ce qui a fait tout l’intérêt de ce concert, c’est de se plonger dans des atmosphères tellement différentes tant dans les genres musicaux, que les looks et attitudes des groupes, ou leurs présences scéniques. Et là sans conteste, MAP a enflammé tout le Bataclan. Tout le monde scandait leurs refrains, et malgré un côté politique et revendicatif un tantinet stéréotypé, j’ai absolument adoré leur prestation. Des mecs simples et bourrés de talents qui débarquent avec leurs singularités, et font montre d’une énergie et d’une bonne humeur communicatives. Leurs chansons sont punchy, rythmées, intelligentes, drôles et percutantes. Ils vont percer, c’est absolument certain, et certainement mérité.

Et en vidéo hier :

« Hocus Pocus » était finalement les seuls dont j’avais entendu parler, mais ceux qui ne m’ont pas vraiment convaincu. Un hip-hop un peu trop « cadré » et propret à mon goût, pas vraiment d’aspérité, pas de truc pour me retenir dans leurs couplets ou dans leurs beats (malgré la bogossitude du chanteur et du DJ). Leur concert était sympa mais pas flamboyant, il faut dire que c’était difficile, très très difficile, de passer après les gars du nord qui avaient mis la foule en ébullition.

Et enfin « Anis », alors là normalement je devrais me répandre en dithyrambes, acclamations et effusions. Mais non, je n’irais pas jusque là. Attention, il n’a pas été mauvais. C’était génial de le réécouter, et d’être aussi proche de la scène, de mater de nouveau son fabuleux jeux de jambes, et puis sa belle gueule (les filles m’ont confirmé d’ailleurs : il a définitivement une tête de grosse bite !). J’aime toujours autant ses chansons, son style et son originalité. Mais manifestement, il n’était pas au niveau du concert de la Cigale. Alors je sais bien que ce n’était pas la même chose, et qu’il ne chantait que quelques morceaux après d’autres, mais tout de même il ne dégageait pas la même chose. Il n’y a pas eut cette connivence qu’il avait instauré la dernière fois, et puis il avait l’air crevé et pas vraiment « dedans ». Petite déception donc… Allez comme c’est mon chouchou, deux vidéos de ce camarade cergypontain !

D’ailleurs, il y avait deux invitations pour le prochain Printemps de Bourges à gagner, et il fallait pour cela répondre à un quizz. Rapidement et « fortement ». Mais quand le mec a demandé : « De quelle ville vient Anis ? ». Alors trois furies ont crié à en percer les tympans de leurs voisins : CERGYYYYYYYYYYYY ! Et j’ai eu le point (mais pour le reste, on a été nuuuuul.) ! :mrgreen:

Attention Talent Scène : Fancy, MAP, Hocus Pocus et Anis

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Anis à la Cigale

Publié le Mardi 10 Octobre 2006 - 21:48
Catégorie: Concertage, Ecoutage

S’il y a bien un artiste que j’avais envie d’aller voir en concert, c’était sans conteste celui-ci ! J’étais donc ravi d’avoir deux places en mains suite à ce week-end de toutes les surprises, et Blandine a tout de suite répondu présent pour m’accompagner. C’est donc en sa charmante et affriolante compagnie que je suis allé voir Anis à la Cigale hier soir.

Cela fait un an que j’ai entendu parler de cet artiste, un an que mon boss m’a envoyé ce mail pour me dire « Tiens Mat, j’ai un truc pour toi, un super chanteur que j’ai entendu sur Inter et qui vient de Cergy ! Ecoute ça ! ». J’ai alors pris une bonne claque dans la gueule avec la chanson « Cergy » que seuls les gens de là-bas peuvent saisir pleinement, et cet album dont les accents, l’atmosphère, les paroles et les riffes me touchent énormément.

J’avais presque de l’appréhension tellement je ne voulais pas être déçu par le concert. Et c’était simplement génial ! Rhalalalalalalala ! Tout était impeccable, les musiciens, les chansons, le public, une réussite complète et tonitruante pour ce compère cergypontain. La Cigale était bien pleine, et on pouvait se rendre compte de la drôle de population aficionado du chanteur. Des gens de tous les genres, de tous les milieux, de la même manière qu’Anis n’est pas un stéréotype, son public est aussi polymorphe que ses inspirations. Anis, un banlieusard du 95 qui est monté à Paris, a joué dans le métro et vécu de petits boulots, et surfe entre jazz et reggae, funk et soul, avec sa voix forte et nasillarde, ses textes poétiques et son chant syncopé.

Il a une excellente présence sur scène, une confiance apparente et un plaisir tangible à se frotter à son public. Il chambre à tout va, et interpelle en rigolant. J’ai adoré sa manière de bouger surtout. Un jeu de jambes impressionnant tout en restant « cool », et une ondulation sensuelle de tout son corps qui suit les effluves de ses chansons lancinantes et entêtantes. Musicalement, le groupe était aussi à la hauteur, et distribuait un son de très bonne qualité. Il n’y a pas à dire, c’est le pied d’entendre en live des chansons que l’on connaît par coeur. On se rend compte des moindres changements d’accord et des choix d’interprétations de la soirée.

La version de « Pensées Amères » était magique, vraiment magique (j’avais évoqué cette chanson il y a peu de temps). Vous ne pouvez pas imaginer comme je suis heureux d’avoir assisté à cela… « Cergy » évidemment fut un grand moment, et évidemment repris en choeur par toute la salle. Et toujours ces accents à la CharlElie Couture, une puissance qu’on sent sous un velouté de voix à la vibe ensorcelante. Oui ok, j’en fais beaucoup, mais merde j’ai vraiment aimé !

Chaque chanson est un témoignage personnel et on sent le gars écorché vif, angoissé et tirant son art de sa passion pour la musique, de ses galères et de l’exacerbation de ses sentiments. Du coup c’est pour la suite, que je m’interroge… Je me demande bien ce qu’il va écrire et chanter, maintenant que « tout va bien pour lui ». Espérons qu’il trouve de quoi continuer à moudre son grain, tout en profitant de cette notoriété et d’un succès grandissant.


Anis – Pensées Amères


Anis – Cergy

Anis à la Cigale

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Neuf-cinq

Publié le Mercredi 9 Novembre 2005 - 1:24
Catégorie: Ecoutage, Matooyage

J’ai souvent évoqué mon 95 natal avec ces noms de villes qui résonnent pour moi comme des sons, images, impressions de jeunesse, de famille, de beaucoup de moments de bonheur, et aussi de désillusions, de difficile apprentissage de l’existence. Pontoise, Eragny, Courdimanche, Montgeroult, Boissy, Franconville, Eaubonne, Ermont, Herblay, Magny etc. Et puis Osny évidemment qui est la ville natale de ma maman, et mon havre de paix. Même quand j’évoque ma banlieue avec ses beaufferies ou ses traits les plus agaçants, je conserve en moi un incroyable attachement à Cergy et son agglomération.

Cergy, j’en connais tous les quartiers, des étangs où j’allais me baigner, au centre commercial où j’allais traîner mes guêtres, des bancs de la fac où j’allais user mes jeans au jardin de la Préfécture où nous allions refaire le monde en bons adolescents. Je n’ai pas peur à Cergy, même à la gare RER de Cergy Préfecture qui, on le dirait, a été designée en forme de coupe-gorge. Parce que Cergy, j’en ai arpenté les recoins depuis que je suis en culottes courtes avec pôpa et môman, et toute la smala. Je suis aujourd’hui, le type de ma famille qui s’est exilé de plus loin de cette ville, c’est dire !

Je disais que c’était le seul endroit où je voudrais vivre en dehors de Paris, car j’y suis tellement habitué que j’aime ce coin. Et pourtant je reconnais que c’est assez moche, mais pour moi c’est un environnement si familier que je ne peux pas le juger ainsi, et que même les offenses architecturales qui émaillent cette banlieue sont des repères que j’aime retrouver. La préf en pyramide inversée, la tour EDF, le théâtre des Arts avec son revêtement vert et violet (non ça j’avoue, c’est vraiment terrible !) ou bien même l’Axe Majeur que j’avais aussi évoqué.

Souvent, quand je rencontre des gens qui connaissent le coin, je peux être certain que c’est lié à l’ESSEC, l’ESCOM, l’ENSEA, ou alors SAGEM et 3M. Et assurément, une personne un peu bourge qui me dit de haut qu’elle connaît Cergy avec un air un peu pincé : c’est un ancien de l’ESSEC !! :mrgreen: Il y a aussi les gens franciliens de mon âge qui ont connu le merveilleux Mirapolis avec son Gargantua, un parc d’attractions rabelaisien qui a fait faillite très rapidement et dont le site est aujourd’hui à l’abandon à Cergy-le-Haut.

Avec les années, cette banlieue est elle aussi devenu racailleland. Mes parents comme beaucoup de personnes de la « classe moyenne » en étaient partis, et avaient quitté leurs HLM, pour avoir enfin une maison à eux avec un jardin, un figuier et tout et tout, souvent dans le Vexin (plus loin, plus accessible). Nous sommes restés scolarisés sur Osny avec mon frère, et moi ensuite sur Pontoise et Cergy, puis Paris. J’ai fait le maximum pour rester chez moi, je n’aimais pas Paris, cette ville me faisait terriblement peur.

Les racailles sont devenues une hantise, et aujourd’hui je ne pourrais pas retourner dans l’immeuble où je suis né. Trop dangereux. On était pourtant tous ensemble à l’école, nos chemins ont divergé à un moment, et déjà certains endossaient la personnalité du futur loser de base de cité. Menus larcins et vandalisme, cités en dégradation économique, sociale et physique.

Et même si moi aussi je ne comprends pas comment des parents peuvent laisser leurs enfants agir ainsi, je revois ma mère et mon père complètement désemparés avec mon frère qui tournait très mal. Malgré une éducation similaire et des parents à la fois chouettes mais pas laxistes ou permissifs, mon frangin à fréquenter des cailleras a voulu en devenir une. C’est comme s’il avait perdu le sens commun et qu’il adhérait à de nouvelles valeurs vénéneuses. Heureusement, malgré quelques conneries, il n’est pas allé bien loin dans la bêtise, et s’est rapidement ravisé, aussi grâce à la vigilance de notre môman.

Malgré tout cela, j’adore mon neuf-cinq, et j’ai encore beaucoup d’espoir pour le futur. Je revois la cité où j’ai vécu avec beaucoup de nostalgie et de souvenirs heureux. Surtout Osny, Pontoise, Cergy, car c’est grand le 95, et les coins de Magny, d’Argenteuil ou de Franconville me sont beaucoup moins familiers (un peu comme je connais la rive droite de Paname et si peu la gauche).

Pendant que nous bossions vers 3 heures du matin, je communiquais avec mon boss par la messagerie instantanée de la boite et il m’a envoyé un lien. « Tiens Mat, j’ai un truc pour toi, un super chanteur que j’ai entendu sur Inter et qui vient de Cergy ! Ecoute ça ! »

Curieux, je suis allé voir ce site… Ô merveille. L’illustration de tout mon baratin, de tout ce que je m’escrime à expliquer, mais aussi des gens d’ici, des coins dont j’ai parlés et de l’espoir qu’on peut placer dans les artistes. Anis est un mec d’un an plus jeune que moi, né à Pontoise comme moi, certainement un type que j’ai croisé aux Trois Fontaines (le centre commercial). Il ne fait pas de rap, il n’est pas dans les clichés, et il parle de sa ville dans une chanson qui s’appelle justement « Cergy ». Très « Triplettes de Belleville » avec sa clarinette et une voix au timbre qui me fait penser à Charlelie Couture. Oh là là, fantastique et tellement inattendu ! C’est exactement ça… (et Osny… pour sa maison d’arrêt mouaaaarf !)

Ecoutez moi ça :

Anis