11 septembre 2001 – 11 septembre 2011

J’ai fait une chouette soirée cette semaine avec d’anciens collègues, qui sont devenus des amis et que je rencontre régulièrement au resto ou chez les uns et les autres. Cette semaine a été largement médiatiquement occupée par cette commémoration des dix ans de l’attentat terroriste contre le World Trade Center à New York, et quand nous nous sommes vus nous avons forcément évoqué cela. Je me rappelle parfaitement l’évènement, nous étions à Suresnes dans ce grand bureau très sombre du rez de chaussée avec Naïri et Grégory. C’est Greg qui nous avait interpellé pour nous expliquer qu’un avion s’était écrasé sur un gratte-ciel new-yorkais. On ne l’avait pas écouté tant cela paraissait surréaliste, mais il s’était énervé, et nous avions bien dû nous rendre à l’évidence. Les sites internet étaient saturés ou carrément tombés, et je me rappelle avoir lu la news finalement sur le site web de Boursorama.

Petit à petit, la journée s’était déroulée dans une sorte de torpeur. Tout le monde était paralysé par le choc, et des kyrielles de questions venaient en filigrane : est-ce l’annonce d’une prochaine guerre mondiale, va-t-on aussi voir des avions se crasher ici, que faire ? Et les évènements qui étaient racontés avec plus de précisions au fur et à mesure, exposaient toute la crudité et la cruauté d’un tel fait médiatique. Les gens qui avaient sauté de l’immeuble, les gens dans l’avion qui avaient vu ce qui arrivait, les pompiers qui étaient morts dans l’écroulement des tours… Et il était d’autant plus facile pour nous de s’identifier qu’il s’agissait d’un attentat contre « l’occident », quelque chose de spectaculaire et massivement meurtrier, une marque décisive dans notre petit bout d’histoire contemporaine.

Il y a quelques années nous nous demandions avec quelques amis quelle pouvait être la date clef du 20ème siècle, et j’avais en tête la chute du mur de Berlin, qui est certainement l’évènement que j’ai vécu assez mature (j’avais 13 ans) pour avoir compris l’ampleur de ce qui était en train de se passer (alors que la Guerre Froide était aussi une notion qui m’angoissait pas mal). Par militantisme, je disais aussi Stonewall en 1969, mais ça c’est parce que c’est moi. Hé hé. On s’accorde encore largement aujourd’hui pour faire démarrer le 21ème siècle par ce 11 septembre 2001. Il y a en effet eu un avant et un après, et dans tellement de domaines…

Rapidement, on a vu les antagonismes classiques reprendre le dessus, les amerloques qui s’en sont allés dans une guerre totalement infondée contre l’Irak, et la France dont le discours de Villepin du 14 février 2003 est largement resté dans les mémoires comme un des grands moments de notre pays (dont je suis vraiment fier, malgré la droititude affirmée de son locuteur). En même temps que l’on apprenait, comme une cruelle ironie du sort, que Ben Laden avait été formé par la CIA dans les années 80, que les théories du complot disaient tout et n’importe quoi, que les américains bashaient du français pacifiste, que la crise économique s’envenimait, il y avait cette tension politique internationale terrible avec des plans vigipirates en local et de vraies peurs de conflits généralisés.

10 ans plus tard, l’Irak a été mis à feu et à sang, avec seul point positif la fin d’une dictature, mais pour quel avenir… Et une lutte contre le terrorisme qui a stigmatisé des religions, qui a encore tendu des relations entre communautés déjà fragiles. Ben Laden a finalement été exécuté, dans les conditions les plus louches, et avec une dimension politique qui me font raisonnablement douter de tous les discours que j’ai pu entendre à ce sujet.

Il n’en reste pas moins que ces avions sont bien tombés il y a dix ans sur ces immeubles, que des milliers d’innocents sont morts dans d’effroyables conditions, et que le monde ne s’en est toujours pas remis.

4 Commentaires

  1. Je n’ai pas pris le temps de faire un article de blog sur ces dix ans. Il y a tant à dire, et tant de moyens d’en faire trop, de se joindre au cortège larmoyant qui tourne depuis ce matin dans les médias pour dire pas grand’chose sur fond d’images d’archives. Comme toujours, on peut compter sur toi pour écrire juste ce qu’il faut, avec des mots justes et sans t’appesantir.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Petite opération antispam à résoudre : * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

:bye: 
:good: 
:negative:  
:scratch: 
:wacko:  
:yahoo: 
B-) 
:heart: 
:rose:   
:-) 
:whistle: 
:yes: 
:cry: 
:mail:   
:-(     
:unsure:  
;-)  
 
Partages