Il voudrait supplanter Satan

Il s’adresse à l’imam :
— Haj Salah, tu es un homme de bien. C’est pourquoi nous faisons appel à toi. C’est vrai, nous n’avons pas été tendre avec les Anciens. Mais ce n’était nullement par insolence. Le monde change et ils refusent de l’admettre… Depuis l’indépendance, notre pays n’a de cesse de régresser. Nos richesses souterraines ont appauvri nos convictions et nos initiatives. Des traîtres se sont amusés à nous faire passer des gourdins pour des mâts de cocagne. Ils nous ont initiés aux vanités cocardières, à la démagogie. Durent trente années, ils nous ont menés en bateau. Bilan : le pays est sinistré, la jeunesse dévitalisée, les espérances confisquées. Partout s’accentue le renoncement. Plus grave : après avoir perdu notre identité, nous sommes en train de perdre notre âme.
Kada se tait. Cheikh Abbas se taisait toujours de cette façon, subitement, pour raviver l’attention.
— Nous disons « ça suffit ! ».
Smaïl Ich hoche la tête :
— Ça suffit.
— Ainsi est née la Mouvance. C’est Dieu qui a inspiré le Front. Il a eu pitié de cette nation décontenancée qu’un ramassis de faux jetons menace d’anéantir à coups d’abus de confiance et d’autorité, de népotisme outrancier, d’incompétence flagrante et de dépravation. Nous avions le plus beau pays du monde, ils en ont fait une porcherie. Nous avions une certaine légitimité historique, ils en ont fait une usurpation. Et ils ont miné tous nos horizons… C’est pour quoi nous disons « ça suffit ».

— Ça suffit, répète Smaïl d’un air absorbé.
— Nous, partisans du FIS, avons été corrects. Nous avons travaillé et prouvé ce dont nous étions capables. Le peuple a opté pour nos principes et notre idéologie. Mais le Pouvoir Voyoucratique refuse de se rendre à l’évidence. Il a délibérément choisi de jouer avec le feu. C’est pourquoi nous lui proposons, aujourd’hui, celui de l’enfer.
Haj Salah lève la tête sur le silence qui vient de tomber dans la cabane. Tej s’est coupé le doigt sur la lame de la machette. Youcef a maintenant deux braises sous le front. Seul Smaïl continue de hocher la tête.
— Et la guerre est là, dit Kada.
— La guerre est là, répète Smaïl.
Haj Salah est fatigué. Le sommeil le gagne et les douleurs lancinantes de ses articulations le relancent.
— Qu’attends-tu exactement de moi, fils des Hilal ?
— Une fatwa.
— Je n’ai pas l’érudition requise. Je ne suis qu’un imam de campagne dont le modeste savoir s’étiole et dont la mémoire est de plus en plus défaillante.
— Tu es l’imam du village depuis quarante ans, intervient Tej exaspéré par la volubilité emphatique et superflue de Kada. Tu es juste et éclairé. Nous voulons que tu décrètes la guerre sainte.
— Et qui est donc l’ennemi ?
— Tous ceux qui portent le képi : gendarmes, policiers, militaires…
— Jusqu’aux facteurs, ironise Smaïl faussant d’un coup la solennité que Kada avait mis longtemps à fignoler pour impressionner l’imam.
Haj Salah reste silencieux pendant une minute, prostré, la tête dans les mains, comme s’il refusait de croire à ce qu’il vient d’entendre. Le moment qu’il redoutait est là. L’ogre se réveille en l’enfant qui ne comprend plus pourquoi, soudain, le besoin de châtier supplante celui de pardonner. Le poète avait raison : il y a immanquablement une part pour le Diable en chaque religion que Dieu propose aux hommes ; une part infime, mais qui suffit largement à falsifier le Message et à drainer les inconscients sur les chemins de l’égarement et de la barbarie. Cette part du Diable c’est l’ignorance. Sidi Saïm disait : « Il y a trois choses qu’il serait contre nature de confier à l’ignorant. La fortune, il en pâtira. Le pouvoir, il tyrannisera. La religion, il nuira autant à lui-même qu’aux autres. » Haj Salah tremble. Au commencement, il y eut la tendresse de Dieu conscient des épreuves dressées naturellement devant la plus accomplie, mais aussi la plus vulnérable de Ses créatures, celle qui naît dans la douleur, qui ne doit sa survivance qu’à un combat acharné, de ses premières dents à ses dernières volontés. Mais les hommes ne savent pas lire dans les Signes. Ils les interprètent selon leurs convenances. Ils font du rêve une utopie, de la lumière des bûchers, et ils deviennent injustes et insensés.
Haj Salah émerge de sa perplexité. Faiblement. Il n’a pas la force de passer la main sur son visage ruisselant. Il regarde tour à tour Kada, Tej, Youcef, Smaïl et dit :
— Savez-vous pourquoi Dieu a ordonné à Abraham de lui sacrifier son fils chéri ?
— Bien sûr.
— Pourquoi ?
— Pour tester la foi d’Abraham, dit Youcef.
— Blasphème ! Oserais-tu insinuer que Dieu doutât de Son prophète ? N’est-il pas l’Omniscient ?… Dieu avait seulement un message pour les nations entières. En demandant à Abraham de tuer son enfant au haut de la montagne, puis en lui proposant un bélier à la place de l’enfant, Il voulait faire comprendre aux hommes que la Foi a ses limites aussi, qu’elle s’arrête dès lors qu’une vie d’homme est menacée. Car Dieu sait ce qu’est la vie. C’est en elle que réside toute Sa générosité.

Le sac en toile est déposé au milieu du pont de façon à ce qu’il soit vu par le premier venu. Il est recouvert de mouches bourdonnantes. Sa puanteur a fait fuir les oiseaux. Jelloul est en état de choc. Quelque chose a fulguré dans son esprit tourmenté et l’a renvoyé très loin dans le passé. Il se revoit enfant drapé dans une gandoura rafistolée. C’était un matin d’hiver 1959. Il pleuvait. Jelloul portait son déjeuner à son père, palefrenier chez les Xavier. Sur le pont, il avait trouvé un sac — exactement comme celui d’aujourd’hui — duquel émergeait une tête humaine. Parce qu’il ne comprenait pas tout à fait, parce qu’il ne pouvait ni s’enfuir ni hurler, Jelloul avait sombré dans la folie.
Le nouveau sac en toile sur le pont contient lui aussi la tête tranchée d’un homme. Celle de l’imam Haj Salah. Jelloul porte ses mains à ses tempes et se met à hurler, à hurler…

Citation extraite de “Les agneaux du Seigneur” de Yasmina Khadra. Page 124.

La tuerie dure depuis deux ans déjà. Après les « sbires » du Pouvoir, leurs collaborateurs et les récalcitrants, la barbarie déploie ses tentacules un peu partout. Des fellahs, des instituteurs, des bergers, des veilleurs de nuit, des enfants sont exécutés avec une rare bestialité. Les gens commencent à trouver de moins en moins de témérité rocambolesque aux agissements des islamistes. On s’aperçoit que ce sont toujours les misérables que l’on tue, que plus personne n’est vraiment à l’abri. Des fillettes sont enlevées, violées et dépecées dans les bois. Des garçons sont recrutés par la force, endoctrinés. Les boutiquiers sont rackettés. Les oisifs sont enrôlés à leur insu. Ils deviennent d’abord guetteurs, puis receleurs, enfin sans crier gare, ils se réveillent avec un fusil dans les bras. Le temps de réaliser ce qui leur arrive, trop tard : leur doigt a déjà appuyé sur la détente.
Kada Hilal respire. Tej Osmane avait raison. Au début, quand il s’est vu à la tête d’une trentaine de volontaire dont la moitié s’était évanouie dès les premiers accrochages avec les forces de sécurité, il a été sur le point de déposer les armes et de s’enfuir vers un pays étranger. Mais Tej veillait au grain. Les pertes ne le faisaient ni fléchir, ni reculer. Il disait : « Ne désespère surtout pas, mon cher émir. Nos recrues sont légion. Elles nous attendent au pied des murs, au fond des cafés, dans le désarroi et le dégoût. Il suffit d’un signe pour les mobiliser. Quand bien même elles ne croiraient pas en notre idéologie, lorsqu’elles prendront conscience du danger qu’elles représentent, du butin à ramasser, lorsqu’elles se rendront compte que la vie, les biens des autres leurs appartiennent, chacune d’elles de découvrira l’envergure d’un petit dieu… La misère ne croit pas aux havres de paix. Enlève-lui sa laisse, et tu la verras se ruer sur le bonheur des autres. Si tu veux miser sur un monstre qui dure, choisis-le parmi les plus démunis. D’un coup, il rêvera d’un empire jalonné d’abattoirs et de putains, et dès lors, s’il disposait d’une paire d’ailes, il voudrait supplanter Satan. »

Citation extraite de “Les agneaux du Seigneur” de Yasmina Khadra. Page 135.

Courir avec des liens

Revue de lien hebdomadaire #18. Avec un peu moins de news et de journaux, mais plus de bon blogging (oui je sais les blogs sont morts, mais vive les blogs !!) comme on aime. Hé hé hé.

Bon ce n’est pas drôle dans le fond, mais c’est une ironie du sort qui est bien mise en exergue par ce titre extraordinaire du Midi Libre : Il va remercier la Vierge d’avoir survécu à un accident de la route… et se fait écraser par une voiture. Tout est dit !! Ite missa est. #vierge #VDM #soyezchrétiensquidisaient

Vous le saviez vous que le mot ordinateur avait été inventé par le philologue Jacques Perret en 1955 ? Parmi ses suggestions, il y avait aussi le chouette ordinatrice électronique !! #philologie #ordinateur #1955

Olivier, qui a l’air d’un garçon avec la tête sur les épaules et plutôt bien dans ses baskets, raconte une scène de panique dans le métro, avec son côté irrationnel et viral. On s’identifie facilement et rapidement à son récit qui fait bien comprendre ces mouvements de foule inconsidérés. #panique #métro #illusion

Virgile a repris son blog pour mon plus grand plaisir, et signe de nouveau un article que j’aurais adoré écrire (mais il a une plume d’une précision et une concision qui me confond). Il évoque là les quelques grands riches français qui ont émis l’idée de payer un impôt supplémentaire pour aider la France qui en a besoin, et leur conseille d’abord d’éviter les évasions fiscales et les montages financiers complexes qui leur permettent d’échapper (en partie) à l’impôt depuis belle lurette. J’ai été surtout choqué par cette perspective d’obtenir une obole des plus riches, comme s’ils nous faisaient la charité, et j’ai senti l’odeur nauséabonde des classes d’Ancien Régime… Cette diffraction sociale est effrayante et donne des signaux qui m’interpellent et m’inquiètent. Je passe sur l’aspect « communication » ou même marché de dupes qu’on a pu percevoir pour libéraliser un peu plus notre pays. #riches #charité #budget #EtatFrançais

Dans la série nos amis les américains font tout en plus mieux et plus pire : un gamin de 4 ans qui prêche comme son papa. C’est presque choquant de voir ainsi ce gamin complètement manipulé et qui dit des choses dont il ne doit comprendre un traître mot. #iamthesonofapreacherman #evil #jordychezlescurés

Je suis un grand fan des aventures de Jean-François que vous pouvez régulièrement découvrir chez Tambour Major. Là il annonce une grande nouvelle via un teaser, et j’ai hâte (si si) de connaître la suite des tribulations de cet oeuf pas comme les autres !! #oeuf #nawak #tambourmajor

On découvre toujours de liens en liens des vidéos avec des gars dont les performances peuvent impressionner. Et je n’en partage presque jamais sinon je ne ferais que cela, mais là c’est quelque chose !!! Enfin moi ça m’a vraiment troué le cul de voir un type faire un vol-plané d’une montagne avec une combinaison type écureuil-volant à une vitesse à mon avis vertigineuse, et qui traverse l’air comme une fusée. Wwwwwwwwwoooooouh. #Wwwwwwwwwoooooouh #trucdeouf #sansmoteur

Aaaah, merveilleuse Julianne Moore, je l’adore comme tout bon pédé qui se respecte. Elle donne une interview aussi charmante qu’elle que l’on peut lire ici. Je trouve qu’elle vieillit vraiment bien, physiquement, mentalement, artistiquement… C’est une Dame. Et ma première grosse claque cinématographique avec elle, je pense que c’est cette scène de Magnolia…

Je suis un grand fan du blogueur Mister Bitch, et dernièrement les vidéos de la déchéance conjointe de notre Gaugau national et de la sémillante 7h48 me faisaient mourir de rire. Mais son dernier post vaut son pesant de cacahouètes… En effet, son mec qui subit une diarrhée en pédalo en plein milieu d’un lac avec trainée de merde… he’s a keeper my sweet beauty!!!

Il suffit que je cite une de ces vidéos de ouf pour qu’une seconde dans la même semaine me fasse aussi un effet boeuf. Cette fois il s’agit d’une de ces productions en stop-motion très à la mode depuis quelques mois (années ?). On a du mal à croire qu’il n’y a pas d’effets spéciaux pour cette incroyable succession en abîme de photographies et de personnages imbriqués. A voir !! #abîmes #photos #stopmotion

On a énormément parlé cette semaine du départ de Steve Jobs d’Apple, et de son successeur, un certain Tim Cook. Mais surtout, et c’est un peu une première, son homosexualité a été pas mal médiatisée même s’il ne l’a jamais affichée ou revendiquée. J’ai pas mal lu à droite à gauche des articles l’évoquant comme le gay le plus puissant du monde. Mouahahahahahah. Je rigole mais peut-être verra-t-on dans queques temps que ce n’est pas si anodin que cela. Pour le moment, je ne vois pas le rapport avec la choucroute. #lapègrerose #gaypower #réseaux

Cet article explique qu’il existe de nouvelles manières, apparemment tout à fait efficaces, pour apprendre des langues étrangères. Là notamment, il s’agit d’une prof de français qui enseigne en Australie en utilisant une méthode qui allie la verbalisation orale aux gestes et aux signes. Très intéressant et ça donne surtout envie de tester cela !! #apprentissage #langues #gestes

In Cold Blog a publié un article qui évoque une étude américaine sur les spoils (la révélation du fin mot d’une narration avant la fin qui « gâche ») et leur influence sur le plaisir de lecture. Alors qu’on aurait pu penser que les cobayes seraient déçus par des intrigues déflorées dès le début, apparemment c’est tout le contraire qui a été démontré. Cela étonne l’auteur et ses commentateurs, tous pensent que le frisson du thriller, l’angoisse du suspense ou la surprise d’un dénouement sont clefs dans le plaisir que l’on ressent à des lectures. Eh bien je suis très différent de cela, notamment pour les films ou les séries. Je suis très très sensible et depuis quelques années, je supporte de moins en moins les films d’horreur ou même les intrigues avec un grand suspense. Cela me rend très très nerveux, voire profondément angoissé et parfois au cinéma je retiens ma respiration et pousse de grands soupirs inopinés (ce qui fait ricaner mon chérichou). Aussi je me spoil au maximum et cela me permet de beaucoup plus profiter de ces oeuvres. Même lorsque l’intérêt est censé reposé sur un mystère ou un suspense, je sais que je pourrais vraiment prendre du plaisir si je sais par avance le dénouement. Ouai je sais, c’est bizarre. Huhuhu. #spoil #suspense #plaisir

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La Fille Aux Craies

Dire que la première fois que je l’ai virtuellement croisée, je me suis dit « Ooooh c’est cool la Fille aux gants est revenue avec un autre pseudo, mais hey on me la fait pas, je l’ai reconnu !!! ». Ensuite, j’ai vu sa blogroll et j’ai pensé que ça pouvait être un bon petit pédé parisien qui s’amusait à écrire sous la plume d’une fille pour le fun (bah oui elle suit que des pédés !!!). Ouai je suis un petit malin moi !! Et ne parlons pas du nombre de fois où je l’ai confondue avec La Fille là-bas . (Bon ok encore, rien à voir !!) Huhuhu. (Merde j’aurais dû le lui dire, je suis certain qu’elle aurait aimé !!)

Bon, je me suis tout de même (à chaque fois) rapidement rendu à l’évidence, la Fille aux Craies n’était rien de tout cela, et j’en parle brièvement ce soir parce qu’elle s’est éteinte il y a deux jours alors qu’elle devait être sauvée par une greffe. Je ne la connaissais pas bien à part les quelques échanges sur twitter, alors qu’elle commentait ici (héhé) de temps en temps, ou que je la citais opportunément il y a quelques semaines dans mes citatouites, mais son twitter n’étant plus, ses phrases sont sont envolées avec.

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Je ne la connaissais pas intimement du tout, et je suis bien incapable de lui rendre un hommage, mais c’était quelqu’un de ma blogosphère depuis quelques années, et ce n’est pas anodin de perdre quelqu’un de cette manière. J’avais bien compris qu’il se tramait quelque chose, et j’ai souri à la vue de ces licornes roses qui ont fleuri sur les avatars de mes keupins et keupines de twitter. J’attendais patiemment son retour, et j’ai lu cet article d’Alexandre. Comme un con, j’ai pensé que tout allait bien et que c’était un article qui se voulait un beau témoignage qui ferait bien plaisir à la demoiselle quand elle le lirait. Et puis, j’ai compris que j’avais vraiment été un gros naze. Pfff. J’ai suivi les lapins blancs, et c’est chez Céline que j’ai trouvé les (funestes) explications.

Putain de merde de sa mère sa race de mes couilles !!!! :'(

Les liens sont tombés sur la tête

Revue de lien hebdomadaire #17. On sent que les vacances touchent à leur fin, il y a eu pas mal de choses cette semaine.

En cette fin de semaine, le gros boum dans l’actu du web qui parle du web, c’est ce document de la Fédération Française des Télécoms qui nous dévoilent l’existence de nouveaux paradigmes dans la composition des prix des connections à internet. On découvre que les opérateurs veulent limiter les activités des internautes, et surtout permettre que les gros consommateurs de données paient pour cela. Je comprends les levers de boucliers du côté des consommateurs, même si d’un point de vue économique et marketing cette démarche tombe sous le sens. Les opérateurs télécom ont structuré leurs offres et leurs tarifs sur la voix, et les données n’étaient que des options forfaitaires. Aujourd’hui que les usages ont évolué, et que ces mêmes opérateurs perçoivent que les canaux principaux de communication s’orientent forcement vers le web, il leur faut absolument contrebalancer cela. Donc ils doivent faire la différence entre un petit consommateur de données et un gros consommateur de données, et taxer le plus gourmand ! Evidemment cela remet en question la neutralité du web et l’égalité d’accès, mais ce n’est pas comme si ces opérateurs étaient des organisations publiques ou philanthropiques. Je ne suis évidemment pas pour cette nouvelle donne, mais elle est tout à fait cohérente. Et ne parlons pas de prix de revient ou de tentative pour prouver que les accès aux données ne coûtent pas plus chers à produire, car il ne s’agit pas cela, il s’agit de maximiser son profit a.k.a. le but initial de toute entreprise. #internet #futur #neutralité #opérateurstélécom

[Via 10 minutes à perdre] J’adore la publication de ce genre de conneries qui permet de se rendre compte à quel point nous sommes tous les mêmes. Internet a vraiment permis cela. Huhuhu. #facebook #event #yesnomaybe

[via Têtu.com] J’ai découvert que le fameux Chris Crocker (l’auteur du célèbre « Leave Britney Alone!! ») qui va bientôt devenir un des poulains de la grande réalisatrice Chi Chi LaRue (si si), est aussi le sujet d’un documentaire. On y découvre les différentes « facettes » du garçon, et j’ai toujours été fasciné par les vidéos de ce mec (avant et après le « leave Britney alone ») donc j’aimerais bien voir cela quand ça sortira. J’aurais adoré que Jonathan Caouette participe à cela… #documentaire #chriscrocker

En voyage aux USA, on voit beaucoup d’affiches avec des visages d’avocats et des numéros de téléphone qui incitent de potentiels clients à appeler s’ils ont eu des accidents. Le business des procès n’est vraiment pas négligeable outre-atlantique et les Patty Hewes en puissance se font une concurrence terrible. On peut voir dans ce post les différentes publicités pour ces cabinets dans les pages jaunes du Queens, et c’est juste incroyable !! #avocats #usa #pattyhewes

Rue89 a pondu un article très intéressant qui évoque un jeune militant FN très mignon et propre sur lui. Mais leur démarche est intéressante, puisqu’on comprend à quel point il est d’autant plus dangereux avec des idées tout à fait FN mais dans un écrin charmant et bon-enfant. Malgré tout à la fin de l’article, on a vu la vraie figure de ce bambin angélique, et il est tout aussi patibulaire (mais presque) que ses comparses. Brrr, ça fait froid dans le dos ! #FN #militantisme #bellegueule

Une mère lambda raconte comment son fils de 6 ans est amoureux de Blaine, un des deux gay de la série TV Glee. L’anecdote est assez cocasse, mais c’est surtout étonnant de lire le récit qui est mesuré et dépassionné. Cette maman explique qu’elle respecte ce « choix », mais surtout qu’elle ne veut pas en faire tout un plat, et que le gamin a largement le temps de changer d’avis ou pas. Dans tous les cas, elle aimera son enfant. #anecddote #gay #maman

Dick Coughlan, un podcaster anglais, évoque ce républicain notoirement anti-gay qui a été grillé avec un jeune homme de 18 ans à qui il avait fait des proposition de relation tarifée sur internet. Suite à cela, il parle de la Straight Pride au Brésil, et il descend en flamme les organisateurs en démontant un par un leurs arguments. Très bon !! #DickCoughlan #homophobie #gay

Les films de SF nous présentent depuis des années des histoires plus ou moins dans le futur, et voilà un panorama précis des époques des principales oeuvres du genre. C’est très marrant de constater que certains vieux films parlaient d’époques déjà largement passées, mais que finalement la répartition n’est pas si homogène ! #SF #timeline

Jacques Delors s’est exprimé sur la situation financière actuelle de l’Europe, et j’aime bien lire avec attention ce que ce type a à dire (il n’a plus grand chose à jouer politiquement parlant, et c’est un des pères de ces institutions). Voilà ce qui en ressort à mon avis. #jacquesdelors #unioneuropéenne #crisefinancière

La mutualisation partielle des dettes, c’est la pompe pour éteindre le feu et redonner un sens à la coopération communautaire. Les Etats membres, simultanément, doivent lever leurs dernières objections aux six projets de directives sur la gouvernance économique, dont le Parlement européen a logiquement durci le contenu pour rendre plus automatique les sanctions en cas de dérapage budgétaire

J’ai toujours dit que le succès de l’Europe, sur le plan économique, repose sur un triangle: la compétition qui stimule, la coopération qui renforce et la solidarité qui unit. Il faut passer à l’acte. Car si on ne le fait pas, les marchés continueront de douter

Nous sommes en pleines JMJ à Madrid, et je suis très agréablement surpris par les attitudes rebelles des espagnols. Il y a eu pas mal de mouvements de protestation pour pester contre cette évangélisation des temps modernes. Mais là ce qui a retenu mon attention, c’est la liste des péchés ainsi que celle des pénitences afférentes pour que tous les participants puissent, suite à une bonne confession, bénéficier de l’indulgence de la Portioncule dont je parlais justement la semaine dernière. La grande nouveauté réside dans l’ajout cette année de l’avortement comme péché pardonnable, alors qu’il était toujours sujet à excommunication. Et dans la liste des pénitences on trouve : « avoir des enfants »… #cruautépapale #ilssontfouscescathos

J’ai lu cet article dans Le Monde que je trouve passionnant, puisqu’il explique comment ces dernières années nous avons mis les premiers pas dans la guerre virtuelle. Les attaques vont et viennent, et elles sont beaucoup plus insidieuses, mais on voit du coup une transposition assez extraordinaire des us de la réalité dans le monde du web. Armées d’Etats, espions, contre-espionnage, guérilla, terrorisme, diplomatie, tout y est. Ce qui est dingue c’est aussi de réaliser qu’aujourd’hui on pourrait aussi bien détruire un pays sur le web (paralyser sa Défense, son économie, ses relais de communication, ses infrastructures virtuelles) que si on lui faisait réellement la guerre. #guerre #futur #web

2006, Année du fist!! Eh oui apparemment, les requêtes ont explosé en 2006 et cela paraît assez dingue… à moins que mon cahier de l’été 2006 y soit pour quelque chose !! En tout cas, c’est bon pour la Fistinière ça ! #fistfucking #zeitgeist

Tiens un post vachement intéressant de « Culture Générale » concernant les satellites qui sont au-dessus de nos têtes en ce moment même. Combien y en a t-il, quels déchets (94 % de la masse qui gravite autour de la Terre représente des déchets), à quelles altitudes etc. #satellites #quid

Ce sont les transitions qui sont les plus difficiles à appréhender dans n’importe quel « système social ». Et donc on a pu voir les internautes être un peu victime des réseaux sociaux en s’exposant plus qu’ils n’auraient dû. Lila Meghraoua dans ce post explique que ce n’est plus vraiment la même chose aujourd’hui, et qu’on assiste à des gens qui partagent moins ou alors différemment. Elle pousse plus loin le raisonnement avec l’émergence de profils et de « personnalités » en ligne beaucoup plus modérées, limitées et même construites pour se vendre. On perd donc l’aspect naturel, désinvolte et spontané de l’expression d’antan. #réseauxsociaux #évolution #curation

L’IMB PC a 30 ans !!! Waoh… Dire que j’ai eu mon premier PC en 1989, un Amstrad PC 1512 (sans disque dur, 512 ko de RAM, un lecteur de disquette 5″ 1/4, et MS-DOS 3.2 sur deux disquettes), cela donne le vertige, et en même temps voir que tant s’est accompli en si peu de temps au final ! #PC #histoire

Apparemment, l’homosexualité dans American Idol serait taboue… Comme si ce n’était pas le cas pour toutes nos émissions télé ici même !! Soit c’est un désir des chaînes de ne pas s’exposer auprès des homophobes, soit on conseille aux protagonistes d’émissions de le taire pour faire une carrière, et quand on en parle c’est au contraire parce que c’est un sujet central et maîtrisé qui fait partie de la narration, et se révèle la plupart du temps être un cliché éhonté. Bref on est pas encore vraiment au point ici ou là-bas ! #realtv #gay #tabou
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Super 8

Cela fait déjà quelques années que je suis conquis par J.J. Abrams à qui l’on doit Lost, Fringe, Star Trek ou Cloverfield. Il a ce talent extraordinaire pour créer du blockbuster intelligent, oxymore cinématographique s’il en est… En cela et pour les thèmes abordés, on le compare souvent à Steven Spielberg, et voilà que Super 8 vient rapprocher les deux ! Eh bien, cette alliance est plutôt réussie sans donner lieu non plus au chef d’oeuvre du siècle.

Super 8 est un film qui mise avant tout sur la nostalgie et sur le détail qui fait mouche, ainsi on est plongé dans les USA de 1979 et on peut saluer un travail de reconstitution tout à fait pointilleux et impressionnant. L’hommage principal réside dans le titre même du film, car l’auteur a voulu ces caméras Super 8 comme élément central. Et on se retrouve en cette fin d’années 70, avec un groupe de gamins qui jouent à produire un film grâce à leur caméra et films Super 8. Charles joue les réalisateurs exigeants tandis que Joe maquille et s’occupe des effets spéciaux, et l’arrivée d’Alice en tant que jeune première rend Joe assez nerveux (premiers émois…). Ils sont 6 à participer, et décident d’aller un soir en secret près d’une gare pour filmer avec plus de réalisme pendant d’un train passe à côté d’eux. Mais manque de pot, une voiture vient barrer le chemin du train, et le déraillement provoque un véritable cataclysme. La caméra continue de filmer, et on aperçoit un « truc » inhabituel en un instant fugace. L’armée débarque, et les gamins retournent vite en ville sans se faire prendre. Dès le lendemain, les militaires sont sur le pied de guerre, et le père de Joe, policier municipal, essaie de comprendre ce que contenait cet étrange chargement qui intéresse tant l’armée. Les gamins eux essaient de finir leur film, mais ce n’est pas facile, surtout quand Alice est punie par son père…

On pense tout de suite aux « Goonies » (1985) qui était déjà un film de préados à qui il arrivait des tas d’aventures, mais là on est dans une oeuvre un peu mieux construite et ficelée. J’ai aussi pensé au « Géant de fer » pour la bestiole qui vient de l’espace et qui est crainte pour de mauvaises raisons, et puis comment ne pas penser directement à « E.T. »… Il y a globalement une kyrielle de références qui fait que l’on percute sur beaucoup de plans ou de situations. J’ai été épaté par l’excellent jeu des gamins, vraiment ils sont particulièrement bons et convaincants. D’ailleurs je trouve que les enfants comédiens sont de plus en plus crédibles, c’est assez dingue.

Les effets spéciaux sont vraiment très bons, mais surtout utilisés à bon escient, il n’y a rien de show-off ou tape à l’oeil. On est au contraire dans toute la première partie du film avec des jeux d’ombres ou des passages musicaux qui évoquent plus qu’ils ne montrent, et cela ne donne qu’un suspense grandissant et parfois des moments où l’on flippe sincèrement. On ne sait jamais trop d’ailleurs dans quel film nous sommes entre comédie familiale ou fantastique, et on a la chance d’avoir toutes ces facettes plutôt bien traitées et écrites.

Ce n’est pas un film indépendant ou qui brille par son originalité, mais plutôt une oeuvre de très bonne facture et qui assure un très bon moment de ciné. Le parfait divertissement qui faire sourire, doucement rigoler, rappelle quelques souvenirs et surprend légèrement avec quelques twists sympatoches. Rien de plus, mais tellement mieux faits que la plupart des blockbusters hollywoodiens que l’on a sur nos écrans à longueur d’année.

Super 8

Melancholia

Voilà un film qui avait eu très bonne presse à Cannes, et on lisait même qu’il aurait eu la Palme s’il n’y avait pas eu le tristement célèbre dérapage de Lars Von Triers. Je n’ai pas vu le film qui avait eu la Palme, Tree of life, mais apparemment on peut vraiment connecter les deux oeuvres, même si j’ai globalement eu de mes proches des échos semblables : Melancholia serait la version über-moins chiante et regardable de Tree of life. Moi du coup, je n’ai pas pu faire de lien, et j’ai déjà trouvé quelques longueurs entêtantes dans Melancholia donc je n’ose imaginer l’autre film… En revanche, j’ai beaucoup aimé, et c’est un des rares films d’auteur, de prime abord plutôt intimiste et introspectif, dont les qualités photographiques et visuelles formelles font qu’il est particulièrement appréciable de le découvrir sur grand écran.

Le film se focalise sur deux soeurs et est séparé en deux parties bien distinctes, selon qu’on évoque plus l’une ou l’autre. Le premier chapitre nous parle de Justine/Kirsten Dunst, qui se marie dans la somptueuse bâtisse de sa soeur Claire/Charlotte Gainsbourg (qui doit tenir avec son mari une sorte de château pour les séminaires). Il s’agit d’un mariage au faste énorme avec tout le décorum imaginable, une kyrielle d’invités… Bref c’est le mariage de princesse avec une Kirsten Dunst qu’on voit rapidement se révéler instable. Dépressive ou bipolaire ou juste chiante, Justine pique une crise de nerf tous les quarts d’heure et rend chèvre sa frangine qui a tout organisé. On découvre par la même l’opposition très manichéenne entre la blonde Justine délurée, cyclothymique, créative (pub c’est son job), sur le fil, et la brune Claire qui est sérieuse, réfléchie, posée et control-freak. Le second et ultime chapitre est à propos de cette dernière, la seule différence entre les deux moments c’est qu’on a appris qu’une planète (appelée Melancholia) allait croiser la Terre de très près, mais sans aucun danger de collision. Claire est complètement bouleversée et flippée par cette nouvelle, malgré son mari (Kiefer Sutherland) qui tente de la rassurer à l’aide de ses connaissances en astronomie. Les soeurs s’opposent encore puisque Justine est au contraire parfaitement stoïque et calme…

Sur l’ensemble du film, je salue vraiment l’aspect formel car j’ai trouvé que c’était hyper bien filmé du début à la fin, et il faut dire que Lars Von Triers a bien ce talent là. Mais là en plus, les aspects fantastiques sont traités avec une certaine fantaisie qui ne grèvent pas du tout ni le récit ni son effet sur le spectateur. L’autre chose ce sont les comédiens qui sont géniaux. J’ai adoré les deux actrices, Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg, mais Kiefer Sutherland et Alexander Skarsgård (Eric Northman de True Blood prouve qu’il est un vrai comédien) ne sont pas en reste non plus. On retrouve aussi le père de ce dernier (Stellan Skarsgård) qui était une des figures centrales de Breaking the waves, ainsi qu’une excellente et drôlissime Charlotte Rampling (mais elle est rarement mauvaise).

Justine et Claire sont impeccablement jouées, mais on peut comparer comme cela les jeux de Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg. Même si elles interprètent des femmes aux tempéraments différents, il est très marrant de les voir s’échanger les « humeurs » entre les deux parties. Et du coup on se rend bien compte que Kirsten Dunst joue terriblement à l’américaine, avec une manière très Actors studio, et que parfois son jeu frise un peu l’Expressionnisme. Charlotte Gainsbourg est beaucoup plus « française » en comparaison, et j’ai trouvé qu’elle était plus crédible et plus « fine ». Même quand elle pète les plombs, bah j’y croyais plus et le ton était beaucoup moins hollywoodien. Finalement ces détails servent bien le film puisqu’elles restent dans des registres adaptés à leurs rôles (Justine plus haute en couleur, et Claire plus réservée).

La première partie est vraiment plus faible par rapport à la seconde, mais c’est sans doute parce qu’elle dure un peu longtemps, et qu’elle se situe avant l’arrivée de Melancholia. On voit le temps passer car on comprend vite les différents personnages, la situation et les enjeux, mais finalement la seconde partie efface tout cela d’un geste, et on se demande un peu la raison de s’appesantir autant sur ce mariage raté. La seconde au contraire est tout en finesse, en non-dits et en métaphores, et j’imagine qu’à ce niveau ce film peut faire couler beaucoup beaucoup d’encre. J’ai aussi trouvé qu’il y avait quelques longueurs pour ce chapitre, mais le style fantomatique des plans à l’arrivée de la planète et les attitudes des protagonistes rattrapent bien une action au ralenti.

On retrouve pas mal des gimmicks de Lars Von Triers mais aussi, j’ai l’impression, de nouvelles choses. Au final, le film dépouillé de ses artifices propose une narration assez simple, et j’ai bien aimé le fait que cette perturbation énorme (on parle tout de même d’une planète qui croise la Terre !!) viennent ainsi autant nourrir une intrigue relativement aride. Le film mérite d’être découvert au cinéma pour ses belles images, une fin notamment impressionnante et « vibrante », mais aussi pour chercher en soi la signification de cette histoire, et de la métaphore distillée par cette curieuse et ordinaire (oxymore) sororité.

Melancholia

Green Lantern

Ce personnage DC Comics est important dans mon panthéon personnel des super-héros, d’ailleurs quand il y a quelques années j’avais réalisé un avatar de super-héros on pouvait à quel point j’étais influencé par Green Lantern. J’ai d’ailleurs découvert avec stupéfaction il y a quelques années qu’un des Green Lantern s’appelait Matoo !!! Matoo Pree et sa femme sont parmi les rares couples du Corps. Donc j’attendais avec une relative impatience ce film…

Je ne peux pas m’avouer complètement déçu mais pas non plus totalement emballé par le film. Disons que ça se tient, avec quelques points positifs qui sont : la description de l’univers et du Corps des Green Lantern, les effets spéciaux (à part quelques ratés), Ryan Reynolds (j’y peux rien je le trouve bandant A MORT depuis le navet La Proposition) en jogging gris débraillé, les scènes d’action et de combat… Ouai nan c’est tout hein. Allez c’est tout de même beaucoup moins mauvais que les 4 Fantastiques par exemple (oui oui j’ai vu les deux !!!) !!

Mais en négatif, on peut aussi largement citer l’inutilité des personnages secondaires dont le montage fait penser qu’ils ne servent vraiment à rien du tout. Et en plus, des gros cachets ont été certainement dépensés en vain… Angela Bassett par exemple ou Peter Sarsgaard qui est tout de même le méchant du film. Les deux meurent de la manière la plus anecdotique et qui frise l’imbécillité scénaristique. Ensuite, le film a été construit comme un patchwork des trucs qui ont marché dans les précédentes oeuvres ciné du même genre, donc on retrouve des passages entier de Spiderman, Superman ou Iron Man (notamment avec Blake Lively en MJ, Lois Lane ou Pepper). Globalement toutes les séquences en dehors de l’univers Green Lantern ou de l’action sont à chier. Dialogues nuls voire drôles (contre leur gré), intrigue inconsistante ou inintéressante et longueurs rendent toute la matière cinématographique proche de la nullité.

Bon l’histoire en une ligne, c’est une méchante entité qui avale tout sur son passage et qui se dirige vers la Terre. Elle avait été capturée par un Green Lantern, qui sont des gardiens de l’univers qui surveillent des secteurs bien délimités. Le Green Lantern est finalement vaincu par l’entité et il atterrit par hasard sur la Terre. C’est son anneau qui doit rechercher son successeur, et ça tombe sur Ryan Reynolds qui n’a évidemment pas l’étoffe pour ce rôle de prime abord. Je passe le moment où il pense à son père mort dans un accident d’avion alors qu’il était enfant… (Le truc filmé en plus comme Top Gun pour bien rendre le tout carrément drôle de ridicule !) Ryan Reynolds est formé sur la planète des Green Lantern, et doit sauver la Terre d’une annihilation pure et simple.

Il faut saluer là-dedans Ryan Reynolds qui est très bon dans son rôle et qui joue avec un second degré qui fait souvent mouche. Malheureusement cette facette de son personnage n’est pas assez exposée et fouillée. Il reste les nombreuses scènes où son physique avantageux permet d’oublier les répliques maladroites ou bien plates. Et tout de même comme je l’ai dit plus haut, les passages sur la planète Oa et la présentation de l’univers de la bédé ne sont pas mauvais…

Donc ça aurait pu être bien si, comme d’habitude, on avait mis un peu plus de thune dans le scénario j’imagine. N’est pas Bryan Singer qui veut…

Green Lantern

Stanley Kubrick – L’Exposition (à La Cinémathèque Française)

Il s’en est manqué de très peu pour que je réussisse à voir cette exposition ! Mais j’y tenais car les articles de presse étaient plutôt élogieux, et j’aime bien Stanley Kubrick tout en ne connaissant que peu de chose sur ce grand maître du cinéma. Au final, l’exposition est un brin décevante, car même s’il s’agit d’une remarquable collection ainsi mise en valeur, on ressort de là avec beaucoup d’images mais pas beaucoup plus de connaissance du réalisateur.

Les salles sont une simple succession d’illustrations diverses et variées des films de Kubrick. 13 films et donc 13 espaces dédiés sont à parcourir dans un ordre simplement chronologique. Mais le fait de n’avoir pas du tout une approche thématique empêche d’exploiter les points communs entre les films, et donc de pénétrer un peu plus l’oeuvre de Kubrick, d’en découvrir l’intimité, la symbolique, les vecteurs de créations, ses gimmicks etc. Rien de tout cela, mais on déambule plutôt dans une somptueuse collection d’objets, de scriptes manuscrits, de coupures de journaux, de costumes, de morceaux de décor, et en somme une reconstitution un rien disneyienne de l’univers du cinéaste. C’est une démarche très plaisante pour retrouver l’univers des films que l’on connaît bien, ainsi pour Spartacus, Barry Lyndon, Docteur Folamour, 2001 L’Odyssée de l’Espace, Full Metal Jacket, Orange Mécanique ou Eyes Wide Shut, que j’ai vu et revu, c’est un peu de la nostalgie ou une manière de « toucher » ces oeuvres de fiction. Mais pour celles que je ne connaissais pas, à part voir des images auxquelles je ne comprenais pas grand chose, bah rien de plus en fait…

Donc une belle exposition, mais qui aurait certainement mérité un ton plus pédagogique et explicatif… même si j’ai bien tripé sur la maquette réelle qui a servi à la salle de commande de Dr Folamour ou encore tous les éléments de costume ou les placements publicitaires d’époque pour 2001 (le deal c’était que les grandes marques, comme IBM ou Hamilton, avaient leurs produits exposés, mais ils devaient présenter des prototypes qui illustraient bien le futur) etc.

A noter à la fin, il y a tout de même quelques éléments qui rappelle un des projets emblématiques de l’auteur avec « A.I. », qui a été finalement réalisé par Steven Spielberg.

Stanley Kubrick - L'Exposition (à La Cinémathèque Française)

Le Miami City Ballet au Théâtre du Châtelet (Les Étés de la Danse) pour une seconde fois !

Cela date un peu mais quelques jours après avoir été ébloui par ma découverte du Miami City Ballet au théâtre du Châtelet, et notamment pour le magnifique ballet de Twyla Tharp/Philip Glass que j’aime tant, j’ai repris une place pour y retourner avant le départ de la troupe. J’ai vraiment bien fait car les deux premières pièces étaient différentes, et je voulais surtout revoir « In the Upper Room ». Ce dernier ballet m’a paru un peu moins puissamment et parfaitement exécuté que la fois précédente, en revanche j’ai bénéficié de deux premiers spectacles proprement d’exception !!!

Il s’agissait de la même tactique pour la programmation avec deux premières oeuvres qui vont du plus classique au plus moderne, mais c’était beaucoup moins dépouillé et simple que la fois précédente. Là les décors et costumes étaient beaucoup plus travaillés donnant aux ballets un petit côté théâtrale très plaisant. J’ai d’abord retrouvé Balanchine avec « Theme and Variations » dont le titre est assez explicite, et qui présentait donc la partie la plus classique et traditionnelle. Dans un décor digne de Sisi Impératrice, il s’agit d’une oeuvre charmante et très harmonieuse, d’autant plus qu’il s’agit d’une musique de Tchaikovski particulièrement romantique. De plus j’ai trouvé les danseurs et danseuses meilleurs que la dernière fois, beaucoup plus synchrones et délicats.

Mais l’apothéose arriva vraiment avec la seconde pièce, In the Night, une chorégraphie de Jerome Robbins sur des musiques de Chopin (4 Nocturnes dont 2 était archi-connues). On a trois duos qui se succèdent sur chaque pièce, et se retrouvent à la fin de chaque « mouvement ». Les costumes sont très différents et assez contemporains dans le genre. La chorégraphie est à la fois moderne mais tout en déployant une harmonie globale bluffante. Je sentais les spectateurs autant sur un nuage que moi devant une telle manifestation de beauté et une alliance quasi-surnaturelle entre musique et danse. Les Nocturnes étaient justement posées devant un fond noir piqué d’une kyrielle d’étoiles, et les duos se détachaient dans un rond de lumière, tandis que les jeux entre les couples étaient tour à tour drôles, intrigants ou délicieusement romanesques. On a salué à la fin l’ensemble de l’oeuvre qui donnait ce sublime spectacle, et c’était des ovations autant pour la musique, la chorégraphie que le talent manifeste des danseurs. Sur le coup, la dernière fois les applaudissements n’avaient pas du tout été autant nourris, mais là ce fut un énorme succès avec des rappels et des artistes qui paraissaient très contents aussi de leurs performances.

Et je me demande si ce fantastique second temps n’a pas un peu entamé la concentration et l’attention des artistes car In the Upper Room n’était pas au même niveau que celui que j’avais vu (qui était déjà inférieur à celui de l’American Ballet Theater). Malgré tout, c’était génial et j’ai encore une fois bien pris mon pied !! Lorsque le dernier mouvement se met en branle et que tous les danseurs se retrouvent sur la scène, avec la musique en crescendo j’ai le coeur qui bat la chamade et le public était (malgré tout) encore debout pour les rappels !

Allez je la reposte !!! (Huhu.)



Le Miami Ballet Theater au Théâtre du Châtelet (Les Étés de la Danse)

Demain les liens

Revue de liens #16, un lundi parce que c’est un lundi (enfin mardi en fait… pfff) comme un dimanche. Huhu.

Cette semaine, c’est Londres qui a été le centre des attentions, et on a eu comme d’habitude de « magnifiques » photos du Boston Globe. Photos aussi choquantes qu’impressionnantes, en plus des vidéos qui circulent comme celle on peut voir un garçon blessé se faire dépouiller plus encore par des racailles… Je ne peux m’empêcher comme tout le monde de penser à nos propres émeutes de 2005, et donc prendre avec un certain recul les photos et récits de guerre qui sont véhiculés à grands renforts médiatiques. Dans cette comparaison, j’ai notamment lu avec beaucoup d’intérêt l’article de itsgoodtobeback qui s’interroge aussi sur la proximité entre les deux évènements/phénomènes sociaux. L’un des facteurs troublants est certainement la manière dont les anglais ont tout de suite criminalisé les émeutiers, alors que les français ont plutôt cherché des circonstances atténuantes et vu du côté de la « Société ». L’avantage d’être un vieux blogueur c’est que j’avais déjà écrit sur le sujet des émeutes de 2005 à l’époque même. #londres #émeutes #explications

Renepaulhenry parle de l’indulgence de la Portioncule ou du Pardon d’Assise ou encore du saint Pardon et nous donne les explications de ce rituel chrétien que je ne connaissais pas, mais qui est assez étonnant (!!). #chrétienté #jésouidésolé

C’est un peu un truc américanoaméricain, mais on entend de plus en plus parler de Michele Bachmann, qui est cette femme ultraconservatrice républicaine qui se présente aux primaires, et que Joe.My.God. pastiche à l’envi sur son blog quand il parle de « Crazy Eyes ». Eh bien il publie une vidéo où on peut découvrir une hilarante parodie de Michele Bachmann et surtout le génial Bryan Safi (si vous ne le connaissez pas, je vous conseille son émission « That’s gay« ) qui joue son mari. #michelebachmann #bryansafi #parodie

J’ai halluciné toute la semaine sur cette éminente couverture d’album d’Herbie Mann de 1971. Nan mais faut le faire pour poser comme ça à POILS avec sa petite flûte traversière de jazzman !! Mouahahahaha. #jazz #couverturealbumseventies

Herbie Mann - Push push (1971)

J’ai eu sous les yeux deux articles qui évoquent un bouleversement dans la recherche médicale, et cela donne beaucoup d’espoir pour les années qui viennent. Le premier est assez fascinant puisqu’il s’agit d’utiliser le virus du HIV pour ses capacités à agir sur les globules blancs. Mais avec une version modifiée du virus, on est arrivé à lui faire programmer les globules blancs en vue de supprimer les cellules cancéreuses (leucémie). Le second évoque un traitement potentiel contre les virus (à double brin d’ARN) en provoquant aussi la mort des cellules infectées par une mécanique assez proche du premier. Passionnant !! #médecine #virus #futur

J’ai été surpris comme beaucoup de cette lettre de Gandhi à Hitler qui débute par « Cher ami ». Mais après tout dans le contexte de l’époque (et avant même les épisodes terribles de solution finale…), il s’agissait de lutter pour la paix et d’essayer à tout prix de raisonner le dictateur, comme j’imagine nos dirigeants ont donné/donnent des « chers amis » à bien des dictateurs et autres pourritures étatiques internationales. #gandhi #lettreàunami #godwin

Tiens un sujet connexe avec cette initiative très drôle qui consiste à donner des t-shirts à la sortie d’un concert néo-nazi en Allemagne. Les t-shirts une fois lavés à la machine révèlent un tout autre message qui encourage à lutter contre la haine. #néonazi #militantisme

Le blog du Spykologue, c’est un de ces super blogs dont je me réjouis des posts et dont le métier, pédopsychiatre, donne une matière extraordinaire à son talentueux auteur. J’ai été d’autant plus sensible à son dernier post que cela m’a aussi fait penser à un ami proche qui a vécu un moment très dur il y a quelques temps en se faisant agresser dans la rue. Ce qui m’a intéressé c’est que le véritable traumatisme du garçon a pour source cette peur (irrationnelle) de mourir qui l’a plus blessé que l’atteinte physique. Et comme le remarque le psy, l’affaire ne sera jamais considérée comme grave en raison de l’absence de violences physiques plus marquées, alors que le gamin a vécu plus que cela dans ce cas précis, il a cru qu’il allait mourir… #traumatisme #psy #agression

Kek a réalisé, dans un de ses bébéposts, une sorte d’hommage et une chronique des époques bloguesques passées alors qu’il fête sa première décennie de bloguage. Pour les vieux blogueurs, ça rappelle bien sûr des trucs (et moi je n’ai pas été de la première vague, mais je me considère de la seconde, celle de 2003 qui voyait déjà les premiers carnettistes de 2001 mettre la clefs sous la porte) !! #kek #bdblog #vieux

Un chouette rappel géographique chez W3sh avec cette carte assez connue qui nous illustre bien que l’Afrique c’est en superficie plus que : Les Etats Unis + La Chine, L’Inde… auxquels, vous pouvez ajouter à cela tous les pays Européen et le Japon. La carte est à découvrir là-bas.

Cet article a fait un peu de bruit mais pas tant que cela au final… Javi Poves, un joueur espagnol professionnel, a décidé d’abandonner son métier de footballeur pour des raisons purement morales. En gros, il pense que le sport n’est plus aujourd’hui qu’argent et n’a plus rien de digne. Il a donc rendu sa bagnole et son salaire, et arrête le foot. J’aime beaucoup son discours qui est simple et selon moi rationnel. Mais au-delà, il m’a scotché par cette réflexion que je partage au plus haut point et dont je n’espérais pas qu’elle puisse sortir comme cela par lui. #foot #argent #morale #société

Le désormais ex-footballeur professionnel a également refusé de s’identifier au mouvement de contestation des Indignados, né à la mi-mai en Espagne et rassemblant jeunes, chômeurs, salariés ou retraités sur la Puerta del Sol à Madrid. « C’est un mouvement créé intentionnellement par les médias pour canaliser ce mal-être social et pour que cette étincelle ne devienne pas dangereuse et incontrôlable pour le système », a-t-il expliqué.

Fragementaire est un twitterer que je suis mais aussi un professionnel de la cuisine, et j’ai beaucoup aimé son « Dîner léger d’été : huit personnes, trente euros« . Il y a de l’idée, des bonnes choses, et une manière de présenter le tout qui lui ressemble. #recette #cuisine

Petite nouveauté des manuels SVT qui fait couler de l’encre dans les assoces familiales : en effet il y a une partie qui évoque dorénavant l’orientation sexuelle. Il y est expliqué, en résumé, que si l’on naît homme ou femme, l’orientation sexuelle des individus peut varier au cours de la vie, et que si la majorité des personnes sont héterosexuelles, une partie de la population est homosexuelle ou bi. La question de l’orientation sexuelle appartenant à la «sphère privée». Jusque-là rien d’extraordinaire, sauf que cette pilule (comme d’autres) ne passe pas pour une partie de la droite catholique. On peut lire ensuite dans l’article que les associations vont jusqu’à accuser les rédacteurs du manuel de pousser les jeunes à explorer des sexualités « diverses ». OH. MY. GOD!! #gay #orientationsexuelle #jeunes #école

Quelques nouvelles peu rassurantes du côté des FAI aux USA, et comme c’est certainement le reflet de nos propres pratiques et que 90% de nos activités en ligne son hébergées aux USA, il est toujours intéressant de lire cela. Par exemple cette pratique qui se répand et qui consiste pour les FAI à monétiser leurs capacités à rediriger les internautes. Lorsque vous tapez un mot clef dans google ou un autre moteur de recherche, par exemple « Dell », vous êtes tout de suite redirigé vers la page du fabricant sans avoir le choix de cliquer ailleurs. Pour le moment, on pourrait presque considérer cela comme un trafic « légitime » mais c’est une atteinte à la neutralité du net flagrante et inquiétante, une petite porte à surveiller… L’autre chose carrément flippante on la trouve dans cette vidéo de Christopher Soghoian qui explique comment le gouvernement a d’ores et déjà accès à toutes nos infos. Bon bah voilà, comme ça c’est fait ! #fai #usa #bigbrother

Encore une petite nouvelle de Fukushima… On apprend qu’un projet consiste à planter des champs de tournesols vers la centrale, ce qui a pour effet d’absorber les radiations (les graines oui, mais les fleurs ?). Mouai, c’est un joli message sur le papier avec de l’espoir et tout, mais je ne pense pas que l’on soit assez tiré d’affaire encore pour cela. #fukushima #espoir #tournesol

Le projet de fichage et recoupement des informations sur les bénéficiaires des aides sociales pour lutter contre les fraudes divise évidemment la droite et la gauche. On nous sort le projet évidemment au coeur de l’été, ce qui est d’autant plus louche pour moi, mais malgré tout je n’arrive pas à avoir un avis tranché. Je comprends bien la gauche qui explique qu’il s’agit non seulement d’une stigmatisation d’une classe sociale, mais aussi que ces fraudes sont une goutte d’eau dans le système, mais je crois tout de même que la lutte contre les fraudes n’est pas ignorer complètement. #fraudes #aides #allocs #fichage

Les citatouites de la semaine :
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