It gets better

J’ai découvert cette vidéo chez Édouard tout à l’heure :

(Désolé, vidéo disparue avec la fin du média qui l’hébergeait. :()

J’ai déjà évoqué le fait d’avoir moi-même été bien dépressif et suicidaire à la pré-adolescence, avant de réaliser à quel point j’étais indispensable au bien-être de l’Humanité entière (un bon pédé narcissique quoi). En effet, comment le genre humain pourrait-il se passer aujourd’hui d’un esprit aussi brillant et génial ? Hein comment, je vous le demande ?

Trêve de balivernes, je me rends compte que j’ai parlé de ça à pas mal de mes amis, mais que mes parents ou ma famille eux ignorent complètement ces épisodes sombres de ma jeunesse. J’étais calme et réservé, assez efféminé, et un vrai cliché gay en somme : je détestais le sport (je n’ai pas changé), je n’avais que des copines, j’aimais jouer à la corde, la marelle et l’élastique, j’étais très proche de ma môman (bon je n’ai pas changé du tout !!), etc. D’ailleurs je me remémore mes premiers émois pour un petit copain en maternelle à l’âge de 5 ans. Huhuhu.

Alors j’ai simplement subi de la part de mon frangin et des gens à l’école, des années de brimades et de quolibets, tous plus charmants les uns que les autres. J’ai la chance d’avoir des souvenirs très précis de ces instants terribles, et d’avoir, autant que faire se peut, pleinement conscience de ces moments charnières qui m’ont détruit et construit à la fois. Mais ces années pour un enfant puis un pré-ado puis un adolescent sont autant de millénaires, et un gouffre psychologique qui paraît insondable et inextricable.

Je me rappelle bien de ces « envies de disparaître », je traduisais ensuite cela par des visions de suicide mais c’était plutôt « je ferais tout pour que ça s’arrête » le vrai leitmotiv. En général ces délires morbides ne duraient que quelques semaines par an, et surtout en fin de primaire jusqu’au début du collège, et je n’ai malgré tout jamais été proche de passer à l’acte. Mais j’étais assez désespéré et peu confiant en l’avenir pour y avoir pensé n fois, et scénarisé la chose autant, et si j’avais été plus fragile et perspicace, j’aurais peut-être pu satisfaire cette envie de disparaître.

Il faut dire que nous parlons là des années 1985-1990, et que je me croyais bel et bien seul au monde. Il n’y avait pas beaucoup d’exemples dans les séries ou les films, ou alors entre « La cage aux folles » et « Délivrance »… Deux films qui m’ont traumatisé chacun à leur manière. C’est d’ailleurs très ironique avec un oncle pédé dont je n’ignorais rien de la situation, mais les non-dits sont capables de faire passer le plus rose des éléphants au milieu d’une pièce pour la chose la plus standard qui soit.

Mais c’est vrai que ça s’améliore, ouai ouai it gets better comme on dit chez nous en Amérique. Avoir résisté à ces adversités m’a certainement rendu plus fort. En tout cas, je suis ravi d’être le gars que je suis aujourd’hui, et je ne voudrais rien changer, aussi pédale-tapiole-queery que je sois (et compte bien rester, get used to it!!). Donc oui ça s’améliore avec le temps, mais ça m’aurait bien aidé qu’un élu texan, fils de cowboy, me le dise à l’époque. Donc vive Internet, rien que pour ce que ça donne comme fenêtre sur le monde aux d’jeunes !! (Et ça m’aurait évité d’avoir eu à cambrioler mon oncle pour pirater ses pornos !!)

J’ai dernièrement lu des informations assez inquiétantes des USA, et comme elles se matérialisent en France dans un laps de temps de plus en plus court, j’ai assez peur de cette homophobie latente et de ses reflux nauséabonds dans notre société. Donc soyons plus que jamais vigilants. It gets better ouai, mais don’t get stupid.

PS: Avant-hier était le douzième anniversaire de la mort de Matthew Shepard. Il était de 1976, comme moi.

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