Sitges gay ?

Mouahahahah, j’adore écrire des posts pour coller exactement à des requêtes de moteurs de recherche (pas du tout). Hu hu hu. Et celle-ci, je ne sais pas pourquoi, mais je pense qu’elle est populaire. ^^ Nous arrivons à la fin de notre semaine de vacances catalane, et j’avais encore deux trois bricoles à évoquer au sujet de Sitges.

Je ne crois pas avoir vraiment fréquenté de destination estampillée gay sinon Mykonos il y a mille ans (ou dix-sept années en réalité) alors que j’étais malheureux comme les pierres suite à une grosse déception amoureuse, ou le resort gay naturiste qu’on avait fréquenté pour une semaine en Floride. Mais là c’était différent car on était dans un lieu totalement clos, et même si l’on recherche fréquemment des plages gay ou des bars lorsqu’on se déplace, c’est à la mode parisienne, c’est-à-dire en quête d’un quartier ou d’une rue pour trouver des congénères. Cette attitude grégaire n’est pas pour autant systématique ou un besoin irrépressible, c’est tout bêtement la plupart du temps un moyen de se sentir bien dans ses baskets et naturellement l’un avec l’autre. Et ce n’est simplement pas possible, la plupart du temps dans tous les endroits que l’on fréquente au quotidien. C’est fou d’ailleurs quand on y pense. ^^

Là où j’ai été conquis par Sitges, c’est qu’il s’agit d’une ville qui affiche clairement sa politique gay-friendly. Et c’est tellement su par tout un chacun, que l’on sent dans la ville même une totale décontraction vis à vis des pédés (soyons clair, c’est la frange la plus visible du spectre LGBT+ ici). Pourtant il s’agit bien d’une ville balnéaire de la Costa Brava, et tout naturellement fréquentée par une majorité de familles hétérosexuelles. Et même si je devais donner un chiffre il me semble que l’on a 30% en gros des touristes qui sont LGBT+, donc encore une minorité. Mais évidemment en comparaison des pourcentages que l’on connaît classiquement même dans le centre de Paris, c’est une proportion énorme, et immensément visible dans la ville. Autrement dit, on croise des pédés partout !!

La différence avec les autres villes, c’est que tout le monde sait que c’est Gay-Land, et donc beaucoup de couples homos se donnent la main dans la rue, ou on quelques gestes affectueux. Eh bien, cela ne fait sourciller personne, et vous n’aurez pas un père de famille vociférant que cela choque ses gamins par exemple. J’imagine même que les parents préviennent les enfants : « Alors vous allez croisez plein de garçons qui se donnent la main, bah c’est comme ça ici. ». En tout cas, je n’ai jamais connu un endroit pareil, et il faut avouer que cela fait un bien fou.

Je ne donne JAMAIS la main à mon chéri, JAMAIS. Parce que j’ai peur, parce que je ne veux pas assumer le regard d’autrui, et sans doute aussi parce que j’ai intégré cette interdiction comme étant la chose correcte à faire dans le domaine public, ce qui est tout de même terrible à mon âge et avec mon caractère de pédale assumée et, le croyais-je, émancipée. Là je me suis senti assez bien pour le faire, et le soir en se baladant dans les rues ou le long de la plage, c’était drôlement agréable de frôler ses doigts, et de lui caresser subrepticement le dos pendant quelques secondes. Je vous dis, je n’avais jamais fait cela de ma vie. C’est un privilège qu’on ne peut avoir que dans un endroit complètement « safe », et c’en est un.

Vous voyez je peux aussi vous parler des endroits où on se reluque la bite, et où on nique en plein air comme des bêtes, mais je retire de cette semaine, le plaisir simple et doux d’avoir tenu la main de mon mari en public. Hu hu hu.

Le soir, la ville est moins fourmillante mais reste très occupée par les dîneurs à l’espagnole, donc tard (pour nous), et les visiteurs de bars qui doivent se dépêcher avec une fermeture à 00h30 et un couvre-feu à partir d’1h du matin. Il y a deux rues principales avec des bars, elles se croisent, l’une est hétéro et l’autre est homo. Les deux sont également remplies, même si la rue gay gagne toujours en densité et en vrombissements vocaux. Un petit air de la rue des Archives ne serait pas totalement fortuit.

Coté plage, nous avons testé les deux principales de Sitges, sachant qu’on recherche toujours des plages naturistes et plutôt gay-friendly. Là évidemment, on a des plages qui sont très très très très gay. Elles ont chacune leurs avantages et inconvénients. Ce qui est notable pour les deux, c’est qu’elles sont blindées du matin au soir. Et ça évidement pour moi c’est un gros défaut, je n’aime vraiment pas être entassé sur une plage, et je n’aime pas qu’on me regarde (trop), ni la promiscuité qui en découle. Après c’est un avantage pour des célibataires qui cherchent un terrain de chasse. Le terrain est fort giboyeux. ^^ Et la diversité est plutôt de mise, même si le gros des personnes ont 25-35 ans et sont plutôt bien fichus, on a vraiment tous les âges, et des corps variés. Je n’ai pas senti spécialement d’opprobre ou de regards déplacés à mon égard par exemple.

La plage de Balmins est dans le centre-ville de Sitges, ce qui est un peu surprenant car on a l’habitude des plages naturistes exilées et remisées dans les petits coins, après un cheminement qui est en général un vrai examen de passage. Là pas du tout, c’est derrière la grande église et le cimetière de la ville, et aux yeux de tous et toutes.

Comme sur beaucoup de plages, des transats et parasols sont en location, et il faut s’attendre dans l’après-midi à être à quelques centimètres seulement de vos voisins. En revanche, il y a des douches d’eau douce, un café qui vend de quoi boire et se restaurer, et la ville juste derrière avec toutes ses facilités. Il n’y a donc aucune drague avec consommation sur place puisque le lieu ne s’y prête vraiment pas. Un copain me disait que l’action arrivait à la tombée de la nuit, mais on n’est pas allé vérifier la légende. Donc on voit principalement les gens sur Grindr à reluquer les profils des uns et des autres, et tenter de les faire coïncider avec les personnes en chair et en os qui sont dans le voisinage. J’imagine que la limite des 100m de rayon permet d’avoir une bonne idée de ce qu’il y a à se mettre sous la dent localement.

Et sinon, il y a aussi la playa del muerto (plage de l’Homme Mort sur Google Maps) qui est à la sortie de la ville. On peut marcher mais c’est à 1h30 à pied du centre-ville, ou en voiture et puis 20 bonnes minutes de marche à travers une pinède desséchée. Une pinède, oui oui. Et encore plus tumultueux, il vous faudra aussi traverser une voie de chemin de fer et suivre la voie.

Vous aurez deviné la forêt est là pour assouvir ses besoins primaires, quels qu’ils soient. Et on y croise des quidams en goguette qui attendent le chaland. Il y a encore une fois là, tous les styles de gars. C’est juste un lieu de drague comme il y en a des milliers, rien de dingue ni de surprenant.

On arrive au bon endroit, et on est alors accueilli par des pancartes qui indique que la plage existe depuis les années 70, et que le Xiringay est un lieu traditionnel dont on est fier dans le coin.

La plage est donc beaucoup plus « sauvage », c’est-à-dire qu’on n’est vraiment loin du centre-ville et des facilités de là-bas. Mais il y a tout de même un petit café et aussi de quoi louer transats et parasols. C’est vraiment beaucoup beaucoup plus joli que l’autre plage, et elle a clairement ma préférence pour cela. L’eau est caribéenne, le décor naturel est somptueux, et j’aime bien ne pas avoir de bâtiments en vue, même si on est juste derrière une ligne de chemin de fer avec des trains qui passent fréquemment (!!!). Et surtout la plage n’est pas énorme, donc c’est blindé de chez blindé, ce qui ne me plaît guère.

En revanche, le cinéma est beaucoup plus clair et classique par rapport à ce genre de plage, donc on voit bien la logistique des lieux. Les gars se promènent le long de la plage, et vont jouer dans les rochers, ou bien ils partent faire une balade dans les pins qui sont derrière.

Les deux endroits ont vraiment chacun leurs intérêts, et il faut sans doute tester les deux. On se prend moins la tête avec celle en centre-ville, et donc avec des gens sans doute moins « viandards ». Mais l’autre est vraiment plus belle, et « vacances » pour moi. Dans les deux cas, beaucoup trop de monde pour que je puisse vraiment adouber l’une ou l’autre. Hu hu hu.

Mais dans les deux cas, on n’a pas boudé notre plaisir, non, non. ^^

J'aime 8

18 Commentaires

  • > Il y a deux rues principales avec des bars, elles se croisent, l’une est hétéro et l’autre est homo.

    On appelle cette place le boulevard du jugement. En tout cas pendant la fierté ours. T’as 4 terrasses, toutes PDs, où les mecs s’assoient et matent tout ce qui passe comme de la viande. Mais en même temps c’est un peu ton runway tu vois, genre tu passes, tu donnes tout, tu les regarde pas, tu les méprisent :rire:

    Balmins, pendant la mad bear, c’est l’horreur. Ca baise dans la flotte, ça se tripotte sur la plage, et si t’arrives à mettre ½ fesse sur une serviette t’es content. Sans compter que chaque année la mer gagne un peu de terrain sur la plage :triste:

    T’as une 3e plage gay, en hyper centre (et pas après le phare ni le port comme Balmins) mais c’est pas naturiste.

  • Je suis allé à Sitges il y a un siècle. Il y a un réel plaisir d’être dans un village où l’on se sent aussi libre et ne plus être sur des gardes. La foule dans les bars, les usages (boire une sangria en terrasse et commenter les mecs qui rentrent de la plage) etc.
    Mais j’ai aussi le souvenir de m’être aventuré dans le vieux village hors du périmètre usuel, d’avoir croisé le regard de vieux pêcheurs, pas hostile mais fermé et qui te fais sentir que tu es un étranger toléré.
    Le souvenir aussi de jeunes qui passent en mobylette le soir tard le long des plages et adressent quelques insultes aux oiseaux de nuits.
    Le paradis a des coulisses.

  • De manière générale, je trouve qu’on se sent bien en Catalogne.
    Nous avions eu la chance, en septembre, de profiter de la fête locale avec pétards et feux de angles dans les rues (toutes les vitrines étaient barricadées !) et dans des géants en se mélangeant avec les locaux

  • J adore ta façon de raconter tes moments de vie, tes séjours parci par-là et cette description de la vie gay que je connais si mal… là, je suis scotché par ce que tu écris sur le fait que tu ne montres rien en public de ta gayttitude , que tu ne peux « assumer le regard d autrui ». Je pensais que c était plus « facile » que ça pour quelques un qui écrit aussi librement et qui pour moi assume vraiment. Mais bon, je reste assez naïf encore! Et comme quoi, il y a encore du chemin à parcourir. Continue à écrire, j adore! Avec ce ton qui semble si vrai et direct.

    • C’est sans doute plus facile, mais ça reste très difficile pour moi, surtout avec un processus, ma foi très classique, de harcèlement parce que je « faisais pédé » c’est-à-dire que j’étais efféminé, ensuite une dissimulation et un vrai travail pour m’invisibiliser le plus possible (genre je me suis enregistré et j’ai essayé de corriger la manière dont je posais ma voix :triste: :gene: ), et finalement l’acceptation. Mais il me reste des séquelles, et surtout j’ai vraiment peur et honte au fond de moi, toujours et encore. C’est un vrai travail de fond de déconstruction de ses traumas et carapaces de protection. En prendre conscience est un bon pas sans doute. :huhuchat: :clindoeil: :bisou:

  • Mattoo je suis si contente qu-il y ai Stitges pour les gays  » une sorte de Paradis mélangé à l’ enfer » ça sent le souffre et le reste c’est beau et réconfortant de savoir qu’il existe un petit lieu ainsi pour les gays  » comme à Myconos.
    Par contre j’espère qu’il existe un lieu similaire pour les lesbiennes et bisexuels là bas ou sur d’ autres ilots ??
    Je trouve très touchant le fait que tu ai pu prendre enfin la main de ton homme là bas mais ça en dit long sur le fait que c’est pas toujours rose d’être gay et de l’assumer et je le comprends si bien:):):)

  • Super votre article ! Le chiffre est encore bas mais il va faire qu’augmenter j’imagine, 30% de LGBT+ c’est une minorité mais avec le temps le lieu va se faire de plus en plus connaitre et va se démocratiser, j’en doute pas.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

:sourire: 
:clindoeil: 
:huhu: 
:bisou: 
:amitie: 
:mainbouche: 
:rire: 
:gene: 
:triste: 
:vomir: 
:huhuchat: 
:horreur: 
:chatlove: 
:coeur: 
:doigt: 
:merde: 
:ok: 
:narval: 
:mitochondrie: 
:croa: