De l’éclosion de l’inclusion, et de la violence des échanges qui s’en suivent

Temps de lecture : 10 minutes

Commençons par un petit extrait qui traduit parfaitement mon état d’esprit de vieille tata de bientôt 44 ans.

Génial extrait de la géniale série « Parks and Recreation ».

Ça c’est moi souvent (Team Leslie Knope), quand je suis un peu troublé par les avancées de mes coreligionnaires en termes de modèles de couple ou même d’assortiments amoureux défiant l’imagination (la mienne). Mais au-delà de la première surprise (parce qu’elle dépasse le cadre bien délimité qu’on se fait tous, même les plus déjantés), j’aime bien la nouveauté, j’aime la réinvention des normes (Et plutôt que d’en réinventer, il vaudrait peut-être mieux s’en passer ?), et surtout j’aime la réinterrogation des dogmes, et surtout les plus implicites, les plus évidents, les trucs qui sont instinctifs et qui sont, on le pense faussement, du ressort de la sacro-sainte nature. Et on en a de bons exemples de contre-naturaaaaaanh.

Un des célèbres moments de la campagne homophobe contre le mariage pour tous (23/10/2012)

Tout se barre en couilles. Hein ? On peut le reconnaître… La droitisation des gouvernements successifs, l’illusion de l’anti-capitalisme, la pollution qui va nous tuer, le dérèglement climatique qui a bien commencé la tâche, et la décroissance qui semble ne jamais pouvoir être crédible (même pour moi qui la désire tant, et craint de ne pas être capable de m’y mettre). Mais pour moi, y’a un truc ces derniers temps qui est mieux. Bah oui, truc de oufs, y’a deux trois machins qui sont de l’ordre du progrès. Dingue !!!

Et vous ne pouvez pas savoir la petite sensation de joie que c’est pour moi, moi qui ai parfois la sensation de vivre dans un épisode de Black Mirror, de réaliser que malgré toute la merde dans laquelle on surnage, il y a quelques espoirs de progrès sociétaux. Parmi ceux là, l’inclusion est un des phénomènes que j’ai l’impression de toucher le plus, et ça me fait du bien. Je mets sans doute beaucoup plus de choses dans ce vocable (mais je l’aime bien) que je ne devrais. Mais globalement j’y trouve une plus grande considération des femmes dans tous les espaces, et aussi des minorités, toutes les minorités. Cela s’accompagne aussi de nouvelles générations bien plus détendues du slip et ouvertes à plus de fluidité dans leurs genres et sexualités.

Je m’émerveille autant de la transidentité chez des (en général) plus jeunes que moi, que les pédés qui se mettent en trouple aujourd’hui (souvent dans mes âges). Tout cela n’est pas tant nouveau que c’est exposé et que l’on voit une certaine tolérance et un souffle de liberté qui fait du bien. Bien sûr, avec cela vient aussi le lot d’intolérances et même de violences qui déferlent de la part de ceux qui en étaient encore au siècle dernier, et qui se retrouvent face à une incompréhension grandissante de cette société qui évolue et progresse. Plus on rate des épisodes, plus on perd le fil de l’histoire.

J’adore apprendre de nouvelles choses. Et j’aime progresser, ou sentir que je progresse. J’aime aussi tester des choses, car on peut penser progresser mais se tromper. Mais on a le droit d’hésiter, de tâtonner et de se remettre en question. Je sens que les choses changent quand les réflexes évoluent lentement mais surement. Par exemple, je n’arrive plus à dire « Gay Pride ». Avant ça me paraissait naturel, mais aujourd’hui je trouve ça terriblement réducteur et non inclusif. Je ne parle que le Pride ou marche des fiertés, et ça paraît tellement plus juste (et donc j’ai mis des années à évoluer…). J’ai aussi appris quelques trucs sur le genre, et ça fait du bien d’apprendre des choses qui tombent sous le sens, mais qu’on a parfaitement ignoré toute sa vie. Et quand on sait tout cela, on fait moins d’impairs, et on comprend mieux autrui dans ses particularités. Cela n’enlève absolument rien à personne (surtout pas à moi), et permet d’être plus respectueux de son prochain (Amen ^^).

Alors bien sûr, on en arrive à des particularités qui virent à la subdivision des communautés jusqu’à l’unité, et c’est parfois ridicule (mais pas vraiment), ou surtout contre-productif dans les luttes. Mais tant qu’on sait se fédérer autour de choses qui comptent, et tant qu’on arrive aussi à se mobiliser pour une cause qui n’est pas exactement la sienne, alors j’ai de l’espoir pour le genre humain.

Sur la non-binarité aussi, j’ai eu des interrogations. Et même si en théorie, je comprenais, et qu’au fond ma règle la plus simple étant de respecter les envies et natures des gens, j’avais du mal à saisir ce « genre ». Est-ce une fusion des genres, une addition, une juxtaposition ? Et j’ai eu deux exemples qui m’ont éclairé, le premier très célèbre avec son fameux « Mais qu’est-ce qui vous dit que je suis un homme ». C’était très très maladroit, et il a vraiment été bêta de le sortir comme cela, parce que son discours sur le fond était juste et bien construit. Mais on lui a demandé plutôt poliment un peu de pédagogie, et la réponse fut pédante et comique à son corps défendant. En revanche, il y a tellement eu d’attaques et de moqueries contre lui, que je le défends aujourd’hui, car je pense vraiment que ses arguments n’étaient pas spécieux du tout.

En revanche, celui qui m’a ouvert les yeux et beaucoup appris, c’est Brieuc et son Bric-à-Brac.

Je vous laisse découvrir son univers qui est aussi riche que touchant, et haut en couleurs. Là encore, c’est le meilleur de ce qu’une plateforme comme Youtube peut offrir aujourd’hui comme tribune ou comme « vlog » pour des jeunes et moins jeunes qui veulent, et ont un certain talent, pour s’exprimer. De prime abord, Brieuc est déroutantE (comme on aurait pu l’écrire à mon époque à la mode PoupéE), et j’étais moi-même troublé par son apparence qui est celle d’un « homme queer à mort » selon moi (ce qui est un compliment ^^), en tout cas c’est ce qui me vient tout de suite à l’idée. Eh bien la réalité est tout autre, et j’ai adoré découvrir sa manière de concevoir la transidentité, et son identité propre. Je la trouve aussi superbement courageuse, et terriblement terriblement douée (vraiment regardez deux trois vidéos pour vous en convaincre), pour s’exposer ainsi, et j’ai mal au cœur quand je lis les commentaires affreux qu’elle commente de temps en temps en stories Insta. Et je ne suis pas parfait, parfois je me trompe de genre quand je lui parle, ou bien je ne comprends pas encore tous les codes. Mais c’est la vie, et c’est nouveau, donc il faut bien s’y faire, et apprendre humblement.

En outre, cette queeritude ambiante m’ouvre aussi les chakras, et je me dis de plus en plus queer ou « allosexuel » plutôt que gay. J’aime bien cette acception plus large, flou et fluide. Je ne suis juste pas hétéro. ^^

Il y a aussi des choses qui m’ont d’abord choqué, avant que je les comprenne. C’est notamment les réunion en non mixité pour des féministes, j’ai fini par comprendre et accepter cette nécessité, même si elle est bien uniquement transitoire selon moi. Exactement comme se retrouver entre pédés a été salutaire pour moi à une époque, malgré tous les alliés hétéros de bonne volonté et indispensables à une saine société. Et après, on emboîte les phénomènes et les contradictions. Que penser des féministes qui rejettent les femmes trans au sein de leurs réunions ? Les fameuses TERF, comme les décrient tous les jours mes keupines militantes. Je pense d’ailleurs que c’est à raison et que les femmes trans ne devraient pas être ostracisées de la sorte, mais je comprends aussi qu’il soit nécessaire de faire un peu de pédagogie sur le sujet, et que tout le monde ne peut pas changer du jour au lendemain…

Je pense que ce qui m’a tout de suite paru une évidence c’est l’écriture inclusive, et globalement toutes les inventions de terminologies ou de graphies pour marquer l’inclusion me plaisent. Ce n’est sans doute pas définitif, et parfois ce sont des erreurs, mais je crois qu’il est bon d’interroger et de vouloir faire progresser cela. J’aime cette créativité et ces nouvelles possibilités lorsqu’elles célèbrent autant l’égalité, la multiplicité des vivants et la visibilité. Cela me plaît aussi d’essayer de nouvelles choses à presque 44 ans, et de ne pas m’ancrer forcément dans des règles faussement sempiternelles. Je m’essaie régulièrement au · mais aussi aux iels et aux celleux et consorts, et c’est drôlement intéressant, et parfois agréablement subtil.

J’ai adopté aussi rapidement le terme racisé (pour décrire une personne qui a vécu/vit le racisme) qui me semble tellement plus juste que toutes les manières de décrire les nuances de couleur de peau ou de justifier tel ou tel acte. De même qu’il a été un jour possible de mettre un mot sur l’hétérosexualité et de ne plus appeler cela « normal ». Je pense que le vocable cisgenre a eu le même type d’effet pour les transgenres, et c’est une très très bonne chose. J’ai assisté en tout cas à de vrais changements de mentalité, depuis que l’on met des mots sur tout cela, et le pouvoir du verbe me fascine dans ce cadre.

Une des révélations de ces dernières années, ce fut aussi la découverte d’Hannah Gadsby en tant que comédienne de stand-up (je ne la connaissais que très superficiellement en tant que comédienne dans ma série australienne culte « Please like me »). J’ai été bouleversé par son spectacle Nanette (dispo sur Netflix), qui a priori est le dernier, mais qui a eu un tel succès qu’on la reverra peut-être sur scène. Ça commence comme un numéro de stand-up assez classique, et très drôle. Elle raconte quelques anecdotes où son look de lesbienne butch lui a causé quelques désagréments et aussi de bonnes surprises. Et rapidement, elle pose une véritable bombe. Une bombe au sein de son propre système, de son fonctionnement intime, elle explique que toutes ses blagues sont liées à de l’autodérision ou plus justement selon moi de l’auto-dépréciation (self-deprecation en VO), mais que ce n’est plus possible pour elle de faire cela en tant que minorité. Elle enchaîne sur cette tendance à l’auto-dénigrement des minorités qui justifie toutes les blagues puisqu’elle parle d’elle. Or, ce n’est plus possible, et on suit son cheminement avec bonheur. Elle assène alors un discours féministe farouche et féroce, avec des exemples qui marquent et interpellent, et elle continue à faire rire. Mais les rires sont plus de salutaires soupapes pour échapper quelques secondes à ce discours politique, sociologique, profondément humain et saisissant.

Et il y a aussi Blanche Gardin qui me fait mourir de rire, mais dont l’humour noir décapant et sans limite est aussi rafraîchissant, que parfois dérangeant. Mais j’aime aussi qu’on contre-balance parfois les choses, et que l’on progresse à coup de syncrétisme, plutôt que nouveaux dogmes en remplacement des anciens. De toute façon, rien n’est parfait, et il y a une facette négative, abus ou débordements, à toute évolution positive (à certains égards).

Après avoir glosé sur seulement la première partie du titre du post, il faut bien que je parle de ce qui me déglingue tous les jours. Les fameux RESEAUX SOCIAUX !! Je dis cela et en même temps j’ai une vraie distanciation qui me permet de rester plutôt zen, et surtout de résister à l’envie de rentrer dans la danse. Je ne commente presque rien, et ne répond à aucun sujet polémique, c’est à dire n’importe quel sujet à part le cul (et encore). Et (ré)écrire ici est une nouvelle décision parce que cela permet de s’exprimer plus longuement et posément, et surtout parce que personne ne lira (et une poignée en diagonale ^^).

JE NE COMPRENDS PAS LA VIOLENCE DES ECHANGES EN LIGNE !!! Je vous le mets en majuscules parce que vraiment c’est une grande source de frustration chez moi. Alors je sais que je suis trop adepte de la médiocrité dans son sens le plus littéral et étymologique. Mes amis m’appellent « La Suisse » pour ma neutralité légendaire, mon côté candide un peu neuneu parfois, et ma gentillesse relativement indémontable. Surtout j’essaie toujours de comprendre l’autre, dans son système de valeurs et de références, et de ne pas uniquement me concentrer sur la surface des choses ou des propos. C’est une de mes facettes marcauréliennes ça je pense.

Et donc les déferlements de haine à l’encontre d’un tel ou d’un tel me terrifient. Je ne comprends pas comment on peut comme cela se défouler, et exprimer des choses si méchantes. Je n’y arrive pas. Ok, on peut ne pas être d’accord, mais soit on s’explique et on se confronte respectueusement, soit ça ne sert à rien, et je laisse pisser. Parce que là personne ne s’écoute. On se retrouve généralement avec une bande de convaincus qui gueulent et conspuent une autre bande de convaincus du contraire. Et selon sa communauté de proximité sur les réseaux, on a généralement l’écho majoritaire de l’avis que l’on partage. Et comme ceux d’en-face sont dans le même cas, on finit même tous convaincus d’avoir un avis très majoritaire dans le monde.

Et je ne parle pas des SJW dont le rôle est terriblement ambivalent, car si on aime leur cause, on trouve ça super, mais sinon ce sont des nazis. Et le pire là-dedans, je pense que c’est « l’imbrication des rejets » (oui je fais mon socioblogueur). C’est à dire quand on voit des accusations terribles d’homophobie lancées à des homos sur des principes qui parfois se comprennent (encore une fois, tout peut être dit calmement et posément) mais qui souvent sont tirés par les cheveux ou d’une grande malhonnêteté intellectuelle.

Je pense aussi à Nawak que je connais depuis une quinzaine d’années via les blogs justement. Il a été attaqué pour ses caricatures ou des propos considérés comme grossophobes ou transphobes, et là ce n’est pas possible. Pourtant des gens très militants que je considère énormément se sont ligués contre lui. Je n’ai jamais pu comprendre cela. De la même manière que j’ai été ébahi par les tags contre la fresque bruxelloise de Ralph König, non mais ce n’est pas possible là !! Même si les critiques sont possibles, pourquoi doivent-elles s’exprimer avec cette violence ?

Une photo que j’ai prise à Bruxelles le 17 mai 2019.

Il y a encore Lyes Alouane qui a dénoncé l’homophobie en banlieue, et qui est terriblement attaqué pour la stigmatisation que cela entraîne. Là encore, je comprends la critique, et il y a un truc fondé qui mérite qu’on s’attarde, qu’on discute, qu’on prenne le temps. Mais non, c’est tout de suite un pugilat !

https://twitter.com/Qofficiel/status/1138139899792625666

Une des choses qui me trouble le plus sans doute est l’impossibilité pour tout un chacun de reconnaître ses propres défauts, ses lâchetés ou ses faiblesses. C’est marrant je n’ai aucun problème à admettre mes fautes, mes erreurs, mes errements, même mes petites hypocrisies, traîtrises ou différents épisodes ou je me suis conduit comme un vrai connard. Ce n’est pas ce qui fait de moi l’antéchrist, c’est juste le personnage au complet, et il est forcément fait d’un mélange de Yin et de Yang. Globalement ce manque d’humilité ou cette peur d’être jugé et d’être pris en défaut met tout le monde sur la défensive j’ai l’impression, et donc en mode d’attaque bille en tête. Je me trompe peut-être mais il me semble que c’est aussi ce qui explique ces attitudes si entières et peu nuancées, et ces assertions si implacables qu’elles vous condamnent à les soutenir jusqu’à la mort.

Je ne suis que pour et contre, bien ou mal, chaud ou froid… Il me semble que c’est la nuance et le compromis qui sont importants. Bien sûr on ne peut pas avoir que des gens comme moi, sinon le monde serait tiédasse et à ne fonctionner que par compromis, on satisfait à moitié, mais on déplaît à exactement l’autre moitié. Or il vaut mieux rallier une moitié d’opinion à 100% pour faire du bruit, ok je vois. Et il y a certains sujets à propos desquels je peux comprendre qu’on ne transige pas. Je ne transige d’ailleurs absolument pas sur tout.

Mein gott, cet article est très long et parfois cryptique, même pour moi. Mouahahahaah.

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8 Commentaires

  1. On est tout pareil toi et moi ❤️

    Au passage, l’article est si long que j’ai eu droit à un « ERROR: Captcha time expired » au moment de poster mon commentaire

  2. Génial comme d’habitude. Merci.

    Je n’irai pas voir plus de vidéo de Brieuc car le sujet ne me passionne pas (bien que les trans ont mon soutien, ils m’ont appris à tricoter à 11 ans…). Effectivement il semble bourré de talent et c’est cette génération qui reprend les manettes. Du coup je me dis que le drapeau Straight ally devrait être changé en Cis ally. Nous sommes de plus en plus inclus dans le courant majoritaire, et ça les jeunes gay l’ont mieux intégré que nous (qui sommes restés marqués par les luttes). Même s’il ne faut pas rêver, on n’ose toujours pas s’embrasser en tout lieu donc le combat n’est pas terminé (et au fond notre génération gay est tellement attachée à ce courant minoritaire, avec lequel on a fait corps pour s’accepter et s’émanciper. Ce sera dur pour nous d’admettre un jour que nous ne sommes plus David mais Goliath).

    Pour faire partie du camp des sanguins, ça ne se soigne pas si facilement. Et ce n’est pas facile à vivre au quotidien. Mais effectivement on peut se consoler en constatant qu’une bonne partie des activistes qui font avancer les choses sont des sanguins. On sait que les suisses vivent encore au 20eme siècle sur pas mal de sujets sociétaux. Donc doit-on finalement remercier ces pugilats ? Non et oui (et non). Il faut voir ce que ça provoque une fois les tensions retombées. Je pense qu’on est nombreux à se dépasser dans la confrontation, y compris véhémente. Heureusement il y a des pacifistes pour contrebalancer.

    (Idem pour le captcha. Merci Aymeric, j’ai copié mon com avant de tenter)

    1. Tout à fait en phase, et pour notre nouveau statut « dominant » à certains égards, et pour malgré tout ce que je dis les militants enragés. 😉 J’aimerais juste qu’ils alternent avec un peu de sérénité et d’auto-examen, voire de remise en question, et qu’ils regrettent parfois certains débordements. Ça m’irait bien. ^^ Bon le captcha est de 15 minutes avant expiration, j’espère que ça collera mieux. Huhuhu.

  3. Bonjour,

    J’ai le même ressenti à la lecture de cet article. Le sentiment d’un vent de libertés, d’acceptations, de pages tournées sur certains sujets, mais le tout teinté par endroit de vilaines tâches, incompréhensions, agressions, violences, radicalisations.

    Ce qui m’a le plus attristée ces dernières années, c’est de voir des gens avec qui je milite, appliquer en manif à d’autres personnes exactement ce contre quoi elles se battent, voir des organisateurs de marches s’opposer à toutes photos par crainte de coming-out non désirés alors même que ces photos sont la seule source de médiatisation/visibilité de ces marches, puis voir dans les heures qui suivent fleurir sur certains réseaux des dizaines de selfies et vidéos de ces mêmes personnes (paille/poutre…). Alors je fais mon autocritique, je remets en question mon militantisme, ma façon de photographier, de documenter, peut-on montrer de l’émotion sans montrer de visages ? Peut-être, je ne sais pas encore comment… Ou alors c’est générationnel, je suis devenue trop vieille pour comprendre, peut-être que la visibilité LGBTQI+ aujourd’hui se fait par les manifestant.e.s elleux-mêmes, via Facebook, Twitter, Google, Apple, et j’en passe. Peut-être que c’est plus grave d’être en photo dans le journal que d’offrir ses données à une boite qui s’en nourrit ? Peut-être que la visibilité aujourd’hui c’est de l’entre-soi sur des réseaux, ce n’est plus informer le grand public.

    Je ne fréquente plus les réseaux sociaux, à regret parfois, j’aimais bien la possibilité d’échanger avec des personnes que l’on aurait jamais pensé pouvoir aborder autrement. Et puis il y a les phénomènes de meutes, l’empire du like, le besoin de publier pour exister, de commenter ce qui n’a pas vocation à l’être, etc. Je crois que l’être humain n’est pas assez mature pour ce type de média, heureusement il reste quelques blogs.

    Bref, je suis en demi-teinte, satisfaite de voir la société dans son ensemble progresser sur certains points, terrifiée de la voir régresser sur d’autres…

  4. Un constat d’une mère à peine un peu plus vieille que toi : une chose est sûre, la vie, et la vie sur les réseaux sociaux, m’ont amenée à considérer le monde bien plus vaste et plein de nuances et de choses que je n’imaginais pas il y a une ou deux décennies. Et ça c’est chouette.

    Pas reposant, mais chouette.

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